«Ni déni, ni repentance» : voyage éclair de Macron en Algérie pour traiter de dossiers au long cours

«Ni déni, ni repentance» : voyage éclair de Macron en Algérie pour traiter de dossiers au long cours
Emmanuel Macron à Alger en février 2017, photo ©Reuters/Stringer

Dix mois après sa visite alors qu'il était candidat à la présidentielle et ses déclarations sur la colonisation, Emmanuel Macron est de retour à Alger. Il devrait parler crise migratoire, sécurité et terrorisme avec Abdelaziz Bouteflika.

Le 6 décembre 2017, Emmanuel Macron se rendra en Algérie pour une visite éclair, dix mois après son passage à Alger alors qu'il était candidat à l'élection présidentielle. Le soir même, il doit prendre l'avion pour le Qatar, dernière étape d'une tournée en Afrique et au Moyen-Orient parfois délicate, comme en témoignent les événements et les expressions polémiques qui ont émaillé son séjour au Burkina Faso.

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Pour l'Elysée, il s'agit d'une visite d'«amitié et de travail» et non pas d'une visite d'Etat qui devrait être organisée ultérieurement et dont la date n'a pas encore été fixée. Manière peut-être de ne pas faire trop monter les enjeux ? Si c'était le cas, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est chargé de rappeler l'importance de l'Algérie dans une région dont la sécurité s'est fortement dégradée. «L’Algérie, c’est un pays clé pour la stabilité d’une région instable […] il est donc essentiel que nous ayons des relations fortes avec l’Algérie, que d’ailleurs nous passions au stade de relations plus apaisées avec l’Algérie», a-t-il ainsi déclaré sur CNews ce 5 décembre.

Colonisation, entre repentance et nouveau départ ?

Et l'apaisement passera sans doute par l'évocation du passé colonial et de la guerre d'Algérie. Emmanuel Macron a, à cet égard, annoncé la couleur dans un entretien avec la chaîne de télévision Trace Africa le 3 décembre. Soulignant qu’il n’y aurait «ni déni, ni repentance» quant à l'histoire coloniale de la France. «Je pense que la réparation est mémorielle [...] Je ne vais pas dire que la France va […] reconnaître ou indemniser, ça serait totalement ridicule», a encore lancé le président français.

En juillet 2017, à l'occasion des 55 ans de l'indépendance de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika avait pourtant exigé des excuses de la France. «Notre peuple exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d'hier, la France», avait-il déclaré alors que François Hollande avait déjà reconnu devant le Parlement algérien, le 20 décembre 2012, «les souffrances» infligées par la colonisation française. Après avoir déjà qualifié la colonisation de «crime contre l'humanité» en février 2017, Emmanuel Macron pourrait donc faire une déclaration dans ce sens, sur le sol algérien. Ne serait-ce que pour clarifier une dernière fois sa position sur le sujet, alors qu'il évoquait en novembre 2016 des éléments positifs de la colonisation.

Afin d'arrondir les angles, l'Elysée rappelle à toutes fins utiles ce 5 décembre que l'étape algérienne s'inscrit dans le prolongement du déplacement du président de la République en Afrique noire et rappelle que ce dernier y avait présenté une «vision renouvelée de la relation entre la France et le continent africain».

Crise migratoire et terrorisme en Afrique... et en France

Mais au-delà de la question mémorielle, les deux pays auront également à traiter de la crise migratoire et de la montée du terrorisme au Sahel et en Libye, phénomène qui affecte tout autant l'Algérie à ses frontières que la France. Le 28 juin 2017, Abdelaziz Bouteflika s'était entretenu avec Emmanuel Macron pour la première fois sur la question sécuritaire au Mali et avait évoqué l'accord de paix parrainé par Alger entre les rebelles touaregs et Bamako signé en 2015.

Alors que la France organise le 13 décembre 2017 un sommet du G5 Sahel qui réunira la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, les deux dirigeants devraient s'atteler au dossier. «Sur le Sahel et la lutte contre des groupes actifs dans la région sahélienne, il est vrai que la France souhaite aller plus loin», précise ainsi l’Elysée cité par Reuters, ajoutant : «C’est un sujet qui doit faire l’objet de discussions approfondies à tous les niveaux et qui sera évoqué lors de cette visite.»

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