Emmanuel Macron se justifie après le tollé provoqué par ses propos tenus en Algérie

Emmanuel Macron se justifie après le tollé provoqué par ses propos tenus en Algérie© Stephane Mahe

Le 16 février, le candidat d'En Marche ! et son porte-parole ont défendu chacun de leur côté les propos tenus par Emmanuel Macron à Alger. Il avait affirmé que la colonisation était «un crime contre l'humanité» provoquant un tollé notamment à droite.

«Il faut clôturer ce deuil. La colonisation a entraîné la négation du peuple algérien et créé une guerre qui n'est pas digne de la France, des actes inhumains ont été commis [...] Je ne laisserai pas mes propos être récupérés à des fins clientélistes ou électoralistes [...] la France et l'Algérie doivent cesser de se renvoyer leur passé à la figure [...] nous pouvons construire une nouvelle relation qui n'enlève rien à la mémoire de chacun.»

Tels ont été les propos d'Emmanuel Macron qui s'est exprimé dans une vidéo de cinq minutes postée sur son site internet et sa page Facebook. Quelques heures plus tôt, il avait également présenté des explications sur Twitter.

Le candidat d'En Marche ! à la présidentielle voulait ainsi réagir à la polémique qu'avait provoquée l'expression «crime contre l'humanité» employée à Alger pour désigner la colonisation. 

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Pour Richard Ferrand, député socialiste du Finistère et secrétaire général d'En Marche !, le terme de «crime contre l'humanité» employé par Emmanuel Macron en Algérie est «conforme» à la redéfinition de ce dernier votée par le Parlement français en 2010. «Le crime contre l'humanité, dans son acception historique, avait une forte dimension génocidaire. La redéfinition de son concept est parfaitement conforme à ce que représente la colonisation», a pointé le soutien du candidat.

Des propos qui fâchent les politiques à gauche comme à droite

Richard Ferrand répondait ainsi notamment à François Fillon qui, le 15 février, avait jugé les propos tenus par Emmanuel Macron sur la colonisation française en Algérie d'«indignes d'un candidat à la présidence de la République».

En réponse, Richard Ferrand a expliqué que le candidat LR à la présidentielle avait «un trou de mémoire qui [me] paraît être une faute politique grave», rappelant que François Fillon, qui était Premier ministre en 2010, avait fait voter en 2010 au Parlement français la définition du crime contre l'humanité «en calant cette définition sur celle de la Cour pénale internationale».

Dans un communiqué, le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer a déclaré : «Ces propos constituent une insulte à l’Histoire de France et à la mémoire de millions de Français. Ils n’honorent pas le candidat à l’élection présidentielle qui fait le choix de la repentance plutôt que celui d’une lecture objective de notre histoire. Une repentance, toujours agitée par la gauche et l’extrême-gauche, qui contribue malheureusement largement à la défiance d’une partie des nouvelles générations envers leur pays. De tels propos ne peuvent qu’alimenter un mal-être identitaire et contribuer à fracturer notre cohésion nationale, ce que je déplore. De plus, cette accusation extrêmement grave de "crime contre l’humanité" comporte une dimension juridique potentiellement très lourde vis-à-vis de l’Etat.»

A gauche de l'échiquier politique, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, a critiqué la contradiction d'Emmanuel Macron.

Gérald Darmanin, secrétaire général adjoint des Républicains a quant à lui déclaré dans un communiqué : «En accusant, à l'étranger, la France de crime contre l'humanité, monsieur Macron humilie et blesse chaque Français. En tenant ces propos irresponsables, il insulte la mémoire de tous les tirailleurs, supplétifs, Harkis morts pour la France, un pays qu'ils aimaient [...].»

Rama Yade, candidate à l'élection présidentielle avec son mouvement «la France qui ose» a elle aussi fustigé la formulation employée par Emmanuel Macron, mais de son côté, elle semble l'accuser d'être trop simpliste : «On n'a pas à réagir aux propos de ce candidat-là dans la mesure où en plus, il y a quelques mois il disait l'inverse, soulignant l'aspect civilisateur de la colonisation. Que la colonisation soit un crime et asservit des peuples c'est une évidence.»

Sur BFM TV, le président de la commission des Affaires étrangères Jean-Pierre Raffarin a déclaré que les propos tenus par Emmanuel macron en Algérie n'étaient «pas dignes d'un chef d'Etat».

C'est au Front national que les esprits se sont le plus échauffés, la palme de la colère revenant à Marine Le Pen pour qui les propos du candidat d'En Marche ! sont «un crime contre la France».

Pour David Rachline, le maire de Fréjus (FN), il s'agit de «propos irresponsables». Il a par ailleurs appelé à cesser la «repentance permanente».

Le secrétaire général du FN Nicolas Bay a lui considéré que le projet du candidat d'En Marche ! était de «liquider la France».

Rappelons que dans une interview à une chaîne algérienne lors de son voyage à Alger en début de semaine, Emmanuel Macron avait déclaré : «la colonisation fait partie de l'histoire française. C'est un crime contre l'humanité, c'est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes.»

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