Epstein, le visage de notre société que l’on préfère cacher

Epstein, le visage de notre société que l’on préfère cacher
Epstein, le visage de notre société, que l’on préfère cacher [image d'illustration générée par l'intelligence artificielle]
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Le Département américain de la Justice a publié plus de trois millions de pages de documents liés aux communications du prédateur sexuel Epstein. Sans entrer dans le détail — puisqu’il serait plus facile de trouver des personnes qui n’y soient pas nommées —, cela démontre, pour Karine Bechet, l’existence d’un mode de gouvernance.

Comme le déclare Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, « les fichiers Epstein exposent le “pur satanisme” au cœur des élites occidentales – pédophilie, réseaux occultes, corruption morale totale qui guide leur pouvoir mondial ». Loin de ne concerner que les États-Unis, la France et d’autres pays occidentaux sont largement visés par ces révélations. Si tous les figurants n’ont pas participé activement au réseau de pédophilie, tous ont été en lien avec Epstein, personnalité devenue toxique.

Bien que le président Poutine n’ait pas fréquenté l’île d’Epstein, que rien ne prouve qu’une rencontre a eu lieu, les médias occidentaux, critiquant « les théories du complot », veulent à tout prix rendre la Russie responsable. Epstein a cherché à rencontrer Poutine ? Poutine est coupable. Epstein se payait des femmes russes ? La Russie est coupable. Et cela, malgré la reconnaissance de l’absence de la Russie ici : « Plusieurs autres échanges laissent penser que certaines rencontres ont été envisagées, voire planifiées, avant d'être annulées. En juillet 2014, un entrepreneur japonais informe Jeffrey Epstein que Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, n'a pas pu se joindre à un potentiel rendez-vous. “Salut Jeffrey, je n'ai pas réussi à convaincre Reid de modifier son emploi du temps pour aller rencontrer Vladimir Poutine avec toi”, écrit-il. Malgré ces démarches, aucun contact direct ni relation avérée n’a été établi entre Jeffrey Epstein et Vladimir Poutine ». Ce qui n’empêche pas de titrer, que Poutine a été cité plus d’un millier de fois. Si ce n’est pas de la manipulation, ça y ressemble beaucoup.

Pour autant, les affaires judiciaires ont du mal à s’enclencher. Macron déclare, que cela ne concerne principalement que les États-Unis, quand Jack Lang a dû finalement lâcher l’Institut du Monde arabe, qu'Olivier Colom, ex-conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy est visé, alors qu’il aurait organisé une rencontre avec Bruno Le Maire, quand celui-ci était ministre de l’Économie, ou encore Cédric Villani aurait contacté Epstein à l’insu de son plein gré.

Des députés de La France insoumise ont déposé une proposition de résolution à l’Assemblée nationale demandant l’ouverture d’une enquête parlementaire, rappelant qu’en 2019, lors de la seconde interpellation d’Epstein, le procureur avait clos l’affaire en France. Il est vrai que l’intérêt des enquêtes parlementaires est qu’en général, elles ne débouchent strictement sur rien, mais permettent de se donner bonne conscience.

Le Royaume-Uni est touché au cœur du pouvoir, et par la famille royale et par le gouvernement, où le Premier ministre est sur la touche. La Norvège voit aussi la princesse héritière mise en cause. De très nombreux pays européens ont été frappés.

Les grands noms du club des élites globalistes sont visés : les Clinton, les Gates, Trump, la famille Rothschild, Elon Musk et Reid Hoffman… Finalement, ce sont bien les élites globalistes politiques, financières et culturelles qui sont éclaboussées par ce scandale.

Mais tout est fait pour minimiser la tempête. Celle-ci, d’ailleurs, prend son ampleur principalement sur les réseaux sociaux. Les médias officiels tranquillisent le bon peuple : ces gens, qui sont cités, ils sont trop nombreux, on ne sait jamais vraiment pourquoi, ça ne veut pas dire qu’ils faisaient partie du réseau de pédocriminalité, bref, c’est de la conspiration.

Ouf, on peut dormir tranquille !

D’autant plus que le FBI l’affirme : ce n’est pas un réseau pédocriminel pour puissants. Et si le FBI le dit, on peut le croire sur parole.

Le maître-mot est lancé : contenir l’ouragan sur les réseaux sociaux. Ainsi, les gens auront l’impression de liberté et de revanche de la « justice populaire », ils s’exprimeront, cliqueront, remarqueront qu’il y a des milliers de vues (super !), mais il n’y aura aucune conséquence systémique. Aucune remise en cause réelle de ce qui est un mode de gouvernance établi et stable au sein de la globalisation.

Rappelons que les États-Unis sont doués pour divulguer des informations que tout le monde connaît déjà (surtout lorsqu’il n’est plus possible de les cacher), pour le mettre en scène comme un grand événement et un signe de suprême démocratie, sans que, finalement, le système ne change. Souvenez-vous de la prison illégale de Guantanamo. Rien n’y a changé, rien ne changera ici. Fonctionnellement.

D’une manière générale, les élites sont faibles, car les hommes sont corruptibles. Telle est leur nature. Or, les élites sont composées d’hommes. Ceci n’a rien de nouveau : le philosophe Alain l’écrivait déjà au début du XXe siècle dans Propos sur le pouvoir. « Notre élite ne vaut rien ; mais nous ne devons pas nous en étonner ; aucune élite ne vaut rien (...). L’élite, parce qu’elle est destinée à exercer le pouvoir, est destinée aussi à être corrompue par le pouvoir. ». L’impasse est que l’on ne peut se passer d’élites.

Ce processus de corruption est inévitable, en raison des mécanismes non seulement d’accès au pouvoir, mais aussi de sa préservation. Et Alain de préciser : « Si l’on veut participer au pouvoir, il faut de toute façon vénérer les pouvoirs, c’est-à-dire rendre des services, entrer dans le grand jeu, donner des gages. »

Dans le mode de gouvernance globale, la dégradation des élites gouvernantes est particulièrement indispensable afin de pouvoir gouverner contre le peuple. Pour que le centre soit fort, il faut que la périphérie soit faible — surtout lorsque cette périphérie est aussi étendue et doit être gérée contre son intérêt. Tisser des liens de corruption ignobles et indicibles, utiliser des personnalités toxiques, comme Epstein, est un mode de contrôle des élites dirigeantes. Étant contaminées, elles seront beaucoup plus dociles et mettront en place les politiques qui sont attendues d’elles.

Comme le souligne justement Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères : « De l’assassinat de Kennedy aux attentats contre Nord Stream, il n’y a aucune enquête en Occident, de même pour l’affaire Epstein, lorsque les “élites mondiales” sont impliquées. » Et c’est une vérité : quand des affaires en justice sont ouvertes, parce qu’il faut sauver la face, ce n’est qu’une parodie. Un jeu pour calmer le peuple. Aucune élite ne peut se condamner elle-même.

Ces élites sont le véritable visage de la globalisation. Des élites non seulement corrompues, mais foncièrement dégradées, sans aucune morale, sans aucune limite. Et pour normaliser leur amoralité, elles influencent les normes sociales afin de rapprocher le peuple d’elles. La pédophilie ne serait pas si grave que ça, par exemple. La drogue peut être consommée librement, c’est le choix de chacun, il faut le respecter, etc.

Dans l’ensemble, il faut détruire le système d’enseignement — sans réelles connaissances systématiques, l’homme ne peut se construire comme un être fort et autonome. Il faut corrompre l’Église de l’intérieur — comme l’écrivait Dostoïevski, sans Dieu tout est permis. Sauf d’être humain.

Ces élites « d’Epstein » sont le miroir de notre société. Et si l’on ne sort pas de la globalisation, il ne pourra y en avoir que d’autres.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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