Macron : l’Europe a remplacé «la dépendance à la Russie par une dépendance aux États-Unis»

Macron : l’Europe a remplacé «la dépendance à la Russie par une dépendance aux États-Unis» Source: AP
Le président français Emmanuel Macron à l'Élysée, le 5 février 2026
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Dans un entretien, Emmanuel Macron avertit que les « intimidations » des États-Unis se poursuivent. Il souligne la fragilité stratégique de l’Union européenne face aux pressions américaines, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la défense, et appelle à une réponse souveraine et coordonnée pour préserver l’indépendance du continent.

Dans un entretien accordé au journal allemand Süddeutsche Zeitung et publié ce 10 février, Emmanuel Macron dresse un constat peu flatteur pour l’Union européenne. Selon lui, Donald Trump cherche « le démembrement de l’Union européenne », et l’administration américaine actuelle est « ouvertement anti-européenne ». Il évoque des « menaces et intimidations » ciblant des secteurs entiers, comme le numérique ou la pharmacie, et cite la France et l’Espagne parmi les pays déjà visés.

Macron revient aussi sur l’épisode du Groenland, où Trump avait publiquement évoqué une annexion de ce territoire danois. Ce moment, présenté comme un tournant, illustre pour le président français une logique plus large : celle d’une pression constante, où les reculs tactiques de Washington masquent une stratégie d’agression économique continue. « Ne croyez pas une seule seconde que tout est terminé », affirme-t-il. Une déclaration qui sonne comme un constat d’impuissance plus que comme une ligne claire.

Une souveraineté affaiblie par les choix européens

Macron reconnaît que l’Europe a changé de dépendance sans la réduire. « Nous avons remplacé notre dépendance à la Russie par une dépendance aux États-Unis, qui fournissent aujourd’hui 60 % de notre gaz naturel liquéfié », admet-il. Une évolution que le chef de l’État présente comme un risque stratégique majeur, bien qu’elle résulte de décisions politiques prises au sein même de l’UE ces dernières années.

Pour tenter d’inverser cette dynamique, il appelle à instaurer une « préférence et priorité européenne » dans certains secteurs industriels : technologie, chimie, acier, automobile, défense. Il alerte sur le risque de voir l’Europe « balayée » par les géants américains et chinois si rien n’est entrepris rapidement. La Commission européenne a d’ailleurs formulé des propositions similaires, preuve que cette prise de conscience, bien que tardive, s’étend au niveau institutionnel.

Macron veut également relancer le projet d’endettement commun européen, via des « eurobonds ». Selon lui, environ 1 200 milliards d’euros par an seraient nécessaires pour combler le retard de l’Europe dans les technologies critiques, la défense et la transition énergétique. Il s’agit, selon ses termes, de répondre à l’hégémonie du dollar. Mais l’initiative, souvent défendue par la France, se heurte toujours à la réticence d’États membres comme l’Allemagne.

Défense commune et calcul diplomatique

Sur le plan militaire, Macron insiste sur la nécessité d’avancer dans le projet SCAF, avion de combat conçu avec l’Allemagne et l’Espagne. Malgré les tensions industrielles, il se dit confiant, tout en prévenant que si Berlin se retire, d’autres programmes communs — comme le char franco-allemand — pourraient eux aussi être remis en cause. Une manière de mettre la pression sans cacher les fragilités du moteur franco-allemand.

Il évoque aussi un sujet resté tabou dans de nombreuses capitales européennes : les relations avec la Russie. Interrogé par le Süddeutsche Zeitung, Macron indique avoir rouvert des canaux techniques de discussion avec Moscou. Il appelle à structurer une position européenne autonome, sans passer par Washington. « Que nous le voulions ou non, la Russie restera là », déclare-t-il, ajoutant que les Européens devront tôt ou tard participer aux termes d’un règlement futur.

Ces propos traduisent moins une stratégie qu’un ajustement tardif. Après avoir soutenu les politiques de rupture avec la Russie et d’alignement économique avec les États-Unis, Emmanuel Macron semble désormais constater les limites de ce choix. Entre dépendance énergétique, perte d’autonomie industrielle et pressions américaines assumées, le président français décrit une Europe affaiblie, vulnérable — et isolée.

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