Donald Trump et Vladimir Poutine au G20 : une rencontre très attendue... mais très compliquée

Donald Trump et Vladimir Poutine au G20 : une rencontre très attendue... mais très compliquée
Illustration ©Sputnik/Reuters

Sans doute le climat médiatique aux Etats-Unis ainsi que les accusations permanentes de collusion et d'ingérence russe ont-ils retardé leur rencontre. Aussi, les présidents américain et russe auront fort à faire, tant les contentieux sont nombreux.

C'est la fin d'un long suspense, à quelque jours seulement du sommet du G20, alors qu'on aurait presque pu croire qu'ils en arriveraient à se parler entre deux portes. Donald Trump et Vladimir Poutine vont donc bien se rencontrer pour la première fois, et en bonne et due forme. Selon le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov cité par des agences de presse russes, il existe un accord sur la date du 7 juillet.

Cela fait déjà plus de cinq mois que Donald Trump est à la Maison Blanche, et pourtant, après avoir reçu de nombreux dirigeants, la britannique Theresa May la première, sa rencontre avec Vladimir Poutine se faisait toujours attendre. Les deux dirigeants vont donc enfin pouvoir faire connaissance à l'occasion du prochain sommet du G20 qui se tiendra à Hambourg les 7 et 8 juillet. Mais aucun des deux chefs d'Etat n'aurait pu, il y a quelques mois seulement, imaginer des circonstances aussi difficiles.

Affinités du candidat Trump avec le président russe

C'est particulièrement le cas pour Donald Trump qui, depuis son investiture, doit faire face à des accusations de collusion de son entourage avec la Russie, de la part à la fois des médias américains mais aussi de ses propres services de renseignement. Il paraît ainsi loin le temps où le candidat Donald Trump ne tarissait pas d'éloges au sujet du président russe, «un homme brillant et plein de talent», selon lui. «Il s'est révélé être un leader», déclarait-il en septembre 2016, «bien plus que notre président [Obama] ne l'a été». Aujourd'hui, le président américain ne semble pas en position de faire état de ses affinités avec Vladimir Poutine.

D'autant que, sur la scène internationale, le président Trump, candidat pourtant partisan d'une Amérique moins interventionniste dans le monde, se heurte aux grandes options néoconservatrices, impulsées par Barack Obama et sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton. En contradiction totale avec ses déclarations comme candidat à la Maison Blanche, Donald Trump avait ainsi affirmé le 9 juin son attachement à l'OTAN comme alliance militaire capable de protéger l'Europe contre une supposée «menace russe». Après sa rencontre avec Emmanuel Macron à Versailles, Vladimir Poutine avait de son côté pourtant appelé, lors d'une interview accordée au Figaro le 30 mai dernier, les Occidentaux à plus de réserve. «Arrêtez d'inventer des menaces imaginaires provenant de la Russie [...] Vous vous effrayez vous-même. Vous vous basez sur des données imaginaires», avait ainsi plaidé le président russe.

La Syrie, le dossier prioritaire

Cet antagonisme, que rien ne laissait présager dans les déclarations de Donald Trump avant son élection, complique la recherche d'une solution au conflit en Syrie. Depuis la décision unilatérale de Donald Trump de bombarder la base aérienne syrienne d'Al-Chaayrate en avril, rien ne va plus entre la Russie et les Etats-Unis. Le 26 juin dernier, en continuité avec l'administration d'Obama, Washington accusait une fois de plus Damas de préparer une attaque chimique sur son propre territoire. Washington prend alors pour base les seules conclusions de ses services de renseignement. «Toute attaque contre le peuple syrien sera attribuée non seulement à [Bachar el-] Assad, mais aussi à la Russie et l'Iran», avait même surenchéri Nikki Haley, représentante américaine permanente au Nations unies, sans s'encombrer de quelque preuve que ce soit.

La Maison Blanche avait pour sa part mis solennellement en garde le gouvernement syrien contre les «lourdes conséquences» de l'utilisation d'armes chimiques contre des civils. La Russie a rétorqué que les accusations américaines contre Damas allaient compliquer encore les discussions de paix en Syrie. «Ces affirmations ne sont fondées sur rien», a de son côté déploré le vice-ministre des Affaires étrangères russe, Guennadi Gatilov. «Si l'objectif est de renforcer la spirale des tensions, nous estimons que cela est inacceptable», avait-il en outre martelé, alors que la responsabilité du gouvernement de Bachar el-Assad dans l'incident chimique de Khan Cheikoun, le 4 avril, n'est toujours pas prouvée à ce jour, certains indices pointant même, au contraire, le doigt en direction des soi-disant rebelles «modérés».

Donald Trump dans les pas de son prédécesseur  ?

A la crise en Syrie s'ajoutent plusieurs autres dossiers, dont celui des sanctions américaines contre la Russie, liées au contentieux en Ukraine, et régulièrement reconduites, voire renforcées. Le Sénat américain a ainsi voté le 14 juin dernier un nouveau train de sanctions, cette fois assorties d'une condition spéciale, afin de lier les mains de Donald Trump.

Le texte prévoit ainsi que le président, au cas où lui viendrait l'idée d'alléger les dispositions contre la Russie, devrait d'abord obtenir le feu vert du Congrès. Réagissant à ce durcissement des sanctions, Moscou a alors prévenu que sa politique étrangère demeurerait inchangée. «Nous sommes convaincus que nous avons raison... Nous continuerons notre chemin avec résolution et constance», avait ainsi déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. «Bien entendu, les [nouvelles] sanctions américaines vont certainement compliquer les relations russo-américaines. Je considère que cela est nocif», avait alors fait savoir Vladimir Poutine.

C'est donc sous la surveillance étroite des observateurs ainsi que des médias occidentaux, très critiques tant à l'égard de Donald Trump que de Vladimir Poutine, que les deux hommes vont se rencontrer.

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