«Ingérence russe» dans l'élection US : Donald Trump contre-attaque et demande des excuses

«Ingérence russe» dans l'élection US : Donald Trump contre-attaque et demande des excuses
Illustration ©Jason Reed/Reuters

Selon le Washington Post, la CIA aurait alerté Barack Obama au sujet d'une «cyber campagne» contre Hillary Clinton dès août 2016. Mais le président n'aurait pas pris de mesures. Donald Trump a saisi l'occasion pour tenter de retourner la situation.

La saga continue et il faut en suivre le feuilleton pour ne pas se perdre dans ses revirements et coups de théâtre. Dernier épisode en date, un article du Washington Post du 23 juin 2017, selon lequel Barack Obama aurait été au courant d'un supposé piratage russe dès le mois d'août 2016, alors que la campagne présidentielle américaine n'en était pas encore à son climax. Pourtant, toujours selon le quotidien américain, le président sortant n'aurait pas réagi à la hauteur de la menace.

Il n'en a pas fallu plus à Donald Trump pour tenter de retourner la table et inverser les accusations de collusion avec la Russie dont il fait l'objet. «La raison pour laquelle le président Obama n'a rien fait au sujet de la Russie après la révélation de son ingérence par la CIA, est qu'il espérait que [Hillary] Clinton gagnerait», a asséné Donald Trump sur Twitter ce 26 juin 2017.

Après plus de six mois d'enquêtes tous azimuts et de déconvenues pour le président américain, telle la démission de son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn en février 2017, Donald Trump a fait valoir qu'aucun enregistrement, aucune preuve n'avait été trouvée, «sous la loupe» des enquêteurs. «Il n'y a ni collusion ni entrave à la Justice. Je devrais recevoir des excuses», a-t-il encore tweeté.

Inversions accusatoires en série

Mais la contre-attaque de Donald Trump pourrait être aussi à double tranchant. En tentant d'adopter la rhétorique de ses accusateurs pour les ridiculiser, il court le risque de donner l'impression d'admettre leurs affirmations. C'est ce qu'avance ainsi USA Today, qui en conclut que les tweets de Donald Trump vaudraient aveu.

Selon le Washington Post, au début du mois d'août 2016, la CIA aurait fait parvenir à la Maison-Blanche un dossier explosif. Le contenu ? Un rapport alléguant l'implication – directe – du président russe Vladimir Poutine dans une campagne, une «cyber campagne», écrit le Washington Post, contre le processus démocratique américain.

Le renseignement américain aurait alors intercepté les ordres de Vladimir Poutine en personne, pas moins, assertion dont aucune preuve n'a été produite publiquement pour l'heure. Mais ce n'est pas cette partie de l'histoire qui chiffonne Donald Trump. Toutes choses égales par ailleurs – piratage russe ou non – c'est l'absence de réaction de Barack Obama que le président américain dénonce. Dans le cas d'une ingérence russe avérée, pourquoi la Maison-Blanche n'a-t-elle pas pris les mesures nécessaires pour préserver le sacro-saint processus démocratique américain ?

Pilonnage médiatique, mais toujours aucune preuve

Depuis son élection en novembre 2016, Donald Trump a essuyé le feu roulant des accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle. Presque toutes les pistes ont été suivies tant par le FBI que la CIA ou encore d'un comité sénatorial spécialement missionné pour la question.

En juillet 2016, le FBI ouvrait une enquête sur le piratage des serveurs du Comité national démocrate et de la boîte mail de John Podesta, directeur de campagne d'Hillary Clinton, après la diffusion par Wikileaks de quelque 20 000 courriers électroniques. Les mails fuités font état de la proximité de la candidate démocrate avec les médias, mais aussi avec les banques et les multinationales américaines. Les messages attestent en outre de l'existence d'une taupe dans l'équipe de Bernie Sanders, rival d'Hillary Clinton pour l'investiture du Parti démocrate.

Pour autant, comme l'a confirmé l'ex-directeur du FBI James Comey en janvier 2017, le Parti démocrate s'était opposé à ce que l'agence de renseignement n'expertise ses serveurs. De quoi perdre tout sens de la logique.

Aucune preuve, donc, si ce n'est des affirmations du renseignement américain, n'étaye encore aujourd'hui une ingérence de Moscou dans l'élection présidentielle américaine, ce pourtant après plus de six mois d'enquêtes tous azimuts. Selon le Washington Post, le dossier dont disposait Barack Obama a été reversé dans celui qui a été publié début janvier 2016, dans une version publique expurgée et censurée.

Fondé sur de simples évaluations en termes de probabilité et sur un raisonnement tautologique, ce document n'a pu établir avec certitude la réalité d'une ingérence russe. Sans doute la raison pour laquelle les enquêtes se poursuivent encore en juin 2017, plus de cinq mois après la publication du rapport. Peut-être la raison aussi, pour laquelle Barack Obama n'a pas donné suite aux conclusions dont il disposait à l'été 2016...

En mars 2017, pourtant, le président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants américaine Devin Nunes avait déjà admis qu'il n'y avait aucune preuve de collusion entre l'entourage de Donald Trump et la Russie. Mais Donald Trump semble avoir de nombreux ennemis autant dans l'administration, que dans les médias, viscéralement anti-Trump, que dans les rangs du Parti démocrate qui n'a toujours pas digéré la défaite de novembre 2016.

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