Les divisions autour de la guerre contre l’Iran refont surface au sein de l’administration Trump, cette fois à travers des révélations de la CIA sur l’inefficacité de l’attaque américaine. Le politologue et spécialiste de l’Amérique du Nord Malek Doudakov analyse les implications de ces tensions pour le président américain.
Les services de renseignement américains tendent un nouveau croche-pied à la Maison Blanche. Des analystes de la CIA ont divulgué dans la presse des données embarrassantes pour l’équipe Trump concernant le bilan de la guerre de deux mois contre l’Iran. La République islamique a conservé 75 % de ses lanceurs de missiles et environ 70 % de l’ensemble de ses stocks de missiles balistiques.
Et cela sans compter ses innombrables drones. De plus, la CIA n'est pas convaincue que le Pentagone ait réussi à ébranler sérieusement la production de nouveaux missiles et drones, qui se poursuit en sous-sol. Les services secrets américains estiment que l'Iran se prépare à une confrontation prolongée avec les États-Unis.
L'économie reste le point faible. Cependant, même en cas de blocus total d'Ormuz, la perte des revenus d'exportation ne commencera à se faire sentir en Iran qu'au bout de trois ou quatre mois. D'autant plus que les pétroliers iraniens parviennent à se faufiler entre les mailles d'un dispositif naval américain trop restreint. L'effet du blocus américain s'en trouve donc fortement atténué.
Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est opposé dès le départ à la guerre contre l’Iran, jugeant irréaliste l’objectif d’un changement de régime. Le secrétaire d'État, Marco Rubio, l'a même qualifiée de « connerie sans nom ». Dès 2023, la CIA a commencé à réorganiser ses opérations au Moyen-Orient. La région est désormais considérée comme moins prioritaire que l’Indo-Pacifique.
La CIA s'évertue à réorienter ses ressources d’espionnage vers la Chine. Le département spécifiquement dédié à l'Iran a d’ailleurs été dissous depuis longtemps. Il apparaît donc logique que les analystes de la CIA remettent en question cette opération saugrenue contre l'Iran. Par la même occasion, ils prennent les devants pour se désolidariser de l’aventure de Trump afin de ne pas être tenus pour responsables de la défaite américaine dans cette guerre.
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