Caméra cachée : les enquêtes de CNN sur la Russie sont des «conneries», selon un responsable maison

Caméra cachée : les enquêtes de CNN sur la Russie sont des «conneries», selon un responsable maison
Illustration ©Mark Makela/Reuters

Piégé par un activiste, un cadre de CNN a admis que les reportages de CNN sur la Russie privilégiaient l’audience sur l’éthique. Un aveu qui succède au départ de trois journalistes après la publication d'une nouvelle «fake news» sur la Russie.

Ca pourrait tanguer sérieusement à CNN. James O'Keefe, activiste conservateur, a piégé John Bonifield, un producteur-réalisateur de la chaîne d'information continue. Ce dernier, filmé en caméra cachée, admet sans ambages que la ligne éditoriale anti-russe est avant tout destinée à faire de l'audience. «C'est essentiellement des conneries parce que nous n'avons aucune preuve irréfutable», admet-il .

«A mon avis, ils [CNN] n'ont rien, mais ils veulent continuer de creuser», ajoute-t-il, toujours filmé à son insu. «Nous faisons des audiences incroyables [avec la supposée ingérence russe dans l'élection de Donald Trump]», souligne le journaliste qui dit comprendre que Donald Trump dise être victime, d'une «chasse aux sorcières».

John Bonifield vide encore son sac, s'en prenant même au renseignement américain. «Notre CIA fout la merde en permanence», lâche-t-il, ajoutant : «Nous sommes là pour tenter de manipuler les gouvernements.» RT International a tenté de joindre CNN pour un commentaire mais n'a pas reçu pour l'heure de réponse.

Trois journalistes limogés pour une fake news sur l'«ingérence russe»

La vidéo pourrait être embarrassante pour CNN. Le média d'information continue planétaire s'est en effet récemment pris les pieds dans le tapis, avec la publication d'un article fautif sur la Russie, et ce sont trois journalistes qui en ont fait les frais. «En conséquence de la rétractation d'un article publié sur CNN.com, CNN a accepté la démission de [ses] employés à l'origine de la publication». Il s'agit de Thomas Franck, rédacteur, Eric Lichtblau, rédacteur en chef adjoint d'une cellule d'investigation, mais aussi lauréat du prix Pulitzer, ainsi que de Lex Harris, rédacteur en chef du service incriminé.

Déjà très critique vis-à-vis de la chaîne, l'une de ses cibles favorites, Donald Trump a rapidement réagi à l'annonce de ces départs.

«Le média des fake news CNN envisage de grands changements de son encadrement, maintenant qu'ils ont été pris à publier leurs articles russes bidons», a tweeté le président des Etats-Unis.

«Ils ont pris le média des fake news CNN la main dans le sac», a-t-il poursuivi. «Mais qu'en est-il de NBC, CBS et ABC ? Qu'en est-il des ratés du New York Times et du Washington Post ? Ce sont tous des médias qui diffusent des fake news !», a-t-il conclu.

Le 22 juin 2017, le site de CNN avait publié un article alléguant qu'un conseiller de Donald Trump, Anthony Scaramucci, était entré en contact avec le PDG d'un fond souverain russe lors du Forum économique de Davos en janvier 2016. Le but de la prise de contact aurait été de favoriser une levée des sanctions contre la Russie, selon l'auteur de l'article.

Mais, en raison de l'absence de preuves tangibles ainsi que du démenti des personnes mises en cause, la rédaction en chef de CNN avait décidé de retirer l'article du site le 24 juin 2017. La fake news ne citait effectivement à l'appui de sa démonstration qu'une seule source, et anonyme de surcroît, sans que celle-ci ne soit recoupée.

CNN, déjà épinglée avec virulence par Donald Trump en janvier 2017, a ouvert une enquête en interne et s'est engagée en outre à revoir son dispositif de vérification de ses informations. Tout article concernant la Russie devra désormais être vérifié et validé par le rédacteur en chef de CNNMoney ou le vice-président du média lui-même.

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