La Russie associée à l'empoisonnement d'une Britannique ? «Assez absurde», selon Moscou

La Russie associée à l'empoisonnement d'une Britannique ? «Assez absurde», selon Moscou© Chris J Ratcliffe Source: AFP
Un enquêteur portant une tenue de protection camouflée, des gants et un masque à gaz travaille avec un enquêteur de la police à Amesbury, au sud de l'Angleterre, le 6 juillet 2018
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Moscou a estimé ce 9 juillet qu'il serait «assez absurde» d'accuser la Russie d'être à l'origine de la mort d'une Britannique, contaminée par un agent innervant, quatre mois après l'affaire Skripal.

Le Kremlin a jugé ce 9 juillet qu'il serait «assez absurde» d'accuser la Russie de la mort d'une ressortissante du Royaume-Uni, contaminée selon la police britannique par un agent innervant de type novitchok, quatre mois après la crise diplomatique entre Moscou et Londres déclenchée par l'empoisonnement sur le sol britannique de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal.

«Nous ne sommes pas au courant que la Russie ait été d'une quelconque manière associée à cela. Nous considérons que ce serait dans tous les cas assez absurde», a ainsi déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d'un point presse.

«Nous considérons que [ce nouvel empoisonnement] représente bien sûr un danger non seulement pour les Britanniques mais pour tous les autres Européens», a-t-il ajouté. «La Russie a proposé dès le début à ses partenaires britanniques une enquête conjointe» mais Londres n'a pas donné suite à cette proposition, selon Dmitri Peskov.

Quelques jours plus tôt, le 5 juillet, le secrétaire d'Etat britannique à l'Intérieur, Sajid David, avait directement mis en cause Moscou, déclarant devant le Parlement : «Il est maintenant temps que l'Etat russe explique exactement ce qui s'est passé», à propos de l'empoisonnement des deux Britanniques. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, avait répliqué que le gouvernement britannique devrait s'excuser pour ces accusations.

Dawn Sturgess, la quadragénaire britannique décédée ce 8 juillet, ainsi qu'un homme de 45 ans, avaient été retrouvés inconscients le 30 juin dans une habitation de Muggleton Road, à Amesbury, tout près de Salisbury, cette ville où Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été empoisonnés en mars.

La police a d'abord évoqué un incident lié à la drogue, avant que le chef de l'antiterrorisme britannique annonce, le 4 juillet, que le couple aurait été exposé à un agent innervant de type novitchok.

Un nouvel empoisonnement venant raviver les tensions entre Moscou et Londres

Le 4 mars dernier, les Russes Sergueï et Ioulia Skripal avaient été retrouvés inconscients sur un banc et hospitalisés dans un état critique à Salisbury. Victimes d'une tentative d'empoisonnement à l'agent innervant, ils ont été soignés plusieurs semaines avant de quitter l'hôpital en bonne santé.

Londres, par la voix de son Premier ministre Theresa May, avait immédiatement pointé la responsabilité de Moscou dans cette affaire sans en apporter la preuve. La Russie a toujours nié toute implication et mis directement en cause les dirigeants du Royaume-Uni.

Cette affaire a engendré une grave crise diplomatique entre les deux pays et une vague d'expulsions croisées de diplomates de la part du Royaume-Uni et de ses alliés d'une part, et de la Russie d'autre part. 

Lire aussi : Affaire Skripal : les médecins ne s'attendaient pas à ce que l'ex-agent double puisse «survivre»

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