Affaire Skripal : les médecins ne s'attendaient pas à ce que l'ex-agent double puisse «survivre»

Affaire Skripal : les médecins ne s'attendaient pas à ce que l'ex-agent double puisse «survivre»
Une équipe scientifique à l'œuvre à Salisbury le 8 mars 2018, illustration ©Peter Nicholls/Reuters

Livrant leur témoignage du jour où les Skripal ont étés retrouvés inanimés, le personnel médical s'étonne. Selon ses membres, l'emploi d'un agent innervant de qualité supposément militaire n'aurait laissé aucune chance à leurs patients.

L'équipe médicale qui a pris en charge l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille, Ioulia, le 4 mars 2018, fait part du même étonnement que ceux qui doutent qu'un agent neurotoxique de qualité militaire ait été utilisé dans cette affaire. Dans cette hypothèse, l'espion russe et sa fille n'auraient en effet eu presque aucune chance de survivre.

Dans une interview accordée à la BBC le 29 mai 2018, une infirmière raconte l'arrivée des deux Russes à l'hôpital de Salisbury. «On nous a juste dit que deux patients étaient aux urgences, dans un état était critique et qu'ils seraient transférés dans notre service», témoigne l'infirmière de garde, Sarah Clark. «Aucune précaution n'avait été prise pour nous protéger», se rappelle-t-elle encore, soulignant qu'étant donnée la toxicité supposée du produit, le personnel médical aurait été lui-même menacé.

Nous nous sommes attendus à ce qu'il ne survivent pas

Mais à ce moment précis, d'après le témoignage qu'ils ont livré à la BBC, les soignants n'ont aucune idée de la nature de l'intoxication. Ils pensent même dans un premier temps à une overdose par opioïdes. C'est seulement en apprenant la qualité d'ancien agent double russe, passé durant les années 1990 aux services de renseignement du Royaume-Uni, que les médecins prennent la mesure de l'événement. «Quand nous avons enfin su qu'il s'agissait d'un poison innervant, nous nous sommes attendus à ce qu'ils ne survivent pas», explique à la BBC, le docteur Stephen Jukes.

Les accusations britanniques toujours pas étayées

Sergueï Skripal et sa fille avaient été retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, où vit l'ex-espion de 66 ans. La police britannique estime que les Skripal sont entrés en contact avec l'agent chimique au domicile de Sergueï, où sa fille était venue lui rendre visite depuis la Russie.

Depuis le début de cette affaire, Londres accuse Moscou d'être responsable de ces empoisonnements. L'incident a provoqué une grave crise diplomatique entre la Russie et les pays occidentaux, qui s'est traduite par la plus importante vague d'expulsions croisées de diplomates de l'histoire.

La Russie a, depuis le début du feuilleton, réfuté les accusations portées contre elle, relevant notamment l'absence de preuves et soulignant que sa version des faits se trouvait renforcée par les déclarations du laboratoire britannique ayant analysé la substance utilisée. Le 3 avril dernier, Gary Aitkenhead, chef du laboratoire militaire britannique de Porton Down, à 10 kilomètres de Salisbury, reconnaissait en effet ne pas avoir de preuves que le poison provenait de Russie. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, avait pourtant assuré le 19 mars que le laboratoire lui avait confirmé l'origine russe de la substance...

Lire aussi : Skripal : les experts britanniques se disent incapables de prouver l'origine russe du poison

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