Gilets jaunes, alliance latine, Brexit... Marion Maréchal définit le «national-conservatisme» à Rome

Gilets jaunes, alliance latine, Brexit... Marion Maréchal définit le «national-conservatisme» à Rome© Alberto PIZZOLI / AFP Source: AFP
Marion Maréchal le 4 février à Rome.

La nièce de Marine Le Pen s'est livré à un discours très théorique lors d'un colloque sur le sujet du «national-conservatisme», organisé par un intellectuel israélien, en présence notamment du dirigeant hongrois Viktor Orban.

Retraitée de la politique ? Marion Maréchal a donné un discours aussi fourni que théorique à l'occasion d'une conférence sur le sujet du «national-conservatisme» organisée au Grand Hotel Plaza à Rome, ce 4 février. 

Invitée par le politologue nationaliste et théologien israélien Yoram Hazony, l'ex-députée frontiste, devenue directrice d'école supérieure, a partagé pour l'occasion l'affiche avec plusieurs pontes du populisme occidental comme le Premier ministre hongrois Viktor Orban, la présidente du parti nationaliste Frères d'Italie (Fratelli d'Italia ) Giorgia Meloni ou encore l'ancien élu américain Newt Gingrich. «Dieu, l'honneur, le pays : Ronald Reagan, Jean-Paul II et la liberté des nations», annonçait le programme de la série d'allocutions prévues entre le 3 et le 4 février. 

«Dieu bénisse le Royaume-Uni indépendant !», s'est félicité l'organisateur de la conférence, avant l'intervention de Marion Maréchal. 

«Nous sommes le nouvel humanisme de ce siècle. Pourquoi ? Parce que nous savons et nous défendons tous les besoins de l'âme humaine : ordre, liberté, obéissance, responsabilité, hiérarchie, honneur, sécurité», a déclaré de son côté Marion Maréchal lors de son passage à la tribune. 

Autre sujet cher à la jeune femme, les Gilets jaunes, représentation «spectaculaire» selon elle «d'une révolte électorale contenue, moralement blâmée et réprimée physiquement». «Ce sont la version française des "Brexiters" [partisans du Brexit]», a-t-elle estimé. 

Au niveau européen, la jeune femme a plaidé pour une «alliance latine» qui «marcherait avec le groupe de Visegrad [Pologne, République Tchèque, Hongrie, Slovaquie]», entre la France, l'Espagne, l'Italie et le Portugal. 

La France a été considérée pendant des siècles comme la "Fille aînée de l'Eglise"

La question de l'héritage catholique est souvent revenue dans les propos de l'ancienne députée : «La France a été considérée pendant des siècles comme la "Fille aînée de l'Eglise". Que reste-t'il de cela, quand mon pays est devenu l'arrière-cour du salafisme ; à l'heure où 150 quartiers français sont aux mains des islamistes ?», s'indigne-t-elle. 

Un discours et des considérations géopolitiques qui ressemblent à un programme politique : «Je n’ai pas l’intention d’être candidate à la présidentielle de 2022», avait pourtant de nouveau fait savoir Marion Maréchal sur Twitter à l'issue de la convention de la droite à Paris en octobre 2019. 

Retirée de la vie politique officiellement depuis mai 2017, elle semble cependant toujours présente dans ce paysage, alors que sa tante Marine Le Pen s'est dores et déjà annoncée candidate à la prochaine élection présidentielle. 

Viktor Orban lâche-t-il ses alliés européens ? 

Viktor Orban, présent au programme de cette conférence au côtés de l'ancienne élue du Front national, est pourtant officiellement un adversaire politique du RN au niveau européen. Membre du Parti populaire européen (PPE), le groupe de droite et centriste majoritaire au parlement de Bruxelles (dans lequel se trouve la CDU de la chancelière allemande Angela Merkel ou les Républicains de France), le parti Fidesz qu'il préside n'a jamais rompu avec cette formation malgré des relations houleuses. 

Le Premier ministre hongrois avait assuré en mai auprès de Bernard-Henri Lévy n'avoir «rien à voir avec Marine Le Pen», alors même que son parti était suspendu du PPE depuis mars 2019 en raison de sa politique et de ses attaques contre le milliardaire américain d'origine hongroise Georges Soros.

Le Fidesz a depuis échappé à l'exclusion de la formation mais cette formation demeure suspendue puisque rien «n'a changé à Budapest», comme l'a expliqué le président du PPE Donald Tusk, le 29 janvier. Une clémence qui peut s'expliquer par la crainte qu'un départ du PPE des 14 députés du Fidesz – potentiellement suivi par d'autres élus sympathisants de sa ligne – ne renforce les coalitions populistes de l'opposition et affaiblissent un peu plus une majorité déjà fragilisée après les élections européennes de 2019.  

Lire aussi : Partisan de «l'union des droites», le militant LR Erik Tegnér exclu du parti

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