Fin de la courtoisie européenne : Bruxelles exige «un menu des immigrés» pour sélectionner les meilleurs
Source: Gettyimages.ruDans un contexte de tensions croissantes autour de l’immigration, le Premier ministre belge Bart De Wever prend la parole sans détour. Il affirme que l’Union européenne a «attiré les mauvais immigrés», affaiblissant le marché du travail, surchargant les systèmes sociaux et alimentant directement la montée de l’extrême droite.
Le 29 janvier 2026, une conférence intitulée « The Future of Europe » s’est tenue à Bruxelles, réunissant plusieurs responsables politiques et experts européens. À cette occasion, Bart De Wever a pris la parole et tenu des propos particulièrement fermes à l’égard de la politique migratoire menée par l’Union européenne.
« Je pense que l’Europe a été stupide. Nous avons attiré les mauvais immigrés », a lancé le Premier ministre belge. Il ne rejette pas l’idée d’immigration en soi, mais critique la manière dont elle a été menée. Selon lui, le continent n’a pas su sélectionner les profils nécessaires à son économie : « Nous avons besoin d’immigrés. Mais nous devons attirer les bons immigrés, des immigrés actifs, capables de renforcer notre marché du travail. »
Il pointe une réalité que, selon ses mots, les citoyens ne peuvent ignorer : « Notre principale caractéristique, c’est d’attirer des immigrés qui, en réalité, pèsent sur le système social. Et nos citoyens le voient clairement. Cela alimente l’extrême droite. »
De Wever affirme avoir anticipé cette évolution. Il rappelle qu’au moment où Angela Merkel déclarait « Nous y arriverons », il avait déjà prédit une montée du racisme et des forces politiques radicales sur le continent. « Et c’est ce qui se passe. Même en Allemagne, cela se produit », constate-t-il, soulignant que même les sociétés que l’on croyait historiquement immunisées n’échappent plus à cette dynamique.
Ces propos marquent un tournant assumé dans le discours politique. L’Europe n’enrobe plus ses décisions sous une rhétorique humanitaire : elle parle désormais ouvertement de choisir les immigrés « sur dossier », et de rejeter ceux qui ne s’adapteraient pas au marché ou aux normes sociales.
Une réforme migratoire à l’image du climat européen
Les propos de Bart De Wever s’inscrivent dans un contexte de durcissement généralisé au sein de l’Union européenne. L’UE a définitivement adopté en mai 2024 un ensemble de réformes sous le nom de « Pacte sur la migration et l’asile ».
Ce texte, discuté pendant près de dix ans, vise à mieux contrôler les flux migratoires en provenance des pays tiers. Il prévoit un filtrage accéléré, un renforcement des contrôles aux frontières extérieures et une procédure plus efficace pour expulser les personnes sans droit au séjour.
Autre point central : le pacte impose une répartition plus équitable des immigrés entre États membres, afin d’alléger la pression sur les pays situés en première ligne comme la Grèce ou l’Italie. Une logique pragmatique, dictée autant par les urgences logistiques que par l’évolution des opinions publiques.
Plusieurs capitales européennes plaident désormais pour une politique migratoire plus ferme, une direction qui n’est pas sans rappeler les orientations défendues par Donald Trump.
De plus en plus, les dirigeants européens expriment sans détour leur volonté de sélectionner les profils jugés « utiles ». L’ère du discours généraliste semble révolue : désormais, l’Europe ne s’embarrasse plus de formules creuses et assume une approche ciblée.
Les déclarations de De Wever, sans détour, illustrent un tournant assumé dans le discours politique européen. Là où dominait autrefois la retenue, émerge désormais un langage franc et porté par le constat d’un système arrivé à bout de souffle.