«La Palestine n’est pas à vendre» : le Hamas et l'OLP rejettent le plan de Jared Kushner

«La Palestine n’est pas à vendre» : le Hamas et l'OLP rejettent le plan de Jared Kushner© REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa
Des Palestiniens participent à un rassemblement pour le 31e anniversaire de la fondation du Hamas, à Gaza le 16 décembre 2018 (image d'illustration).

Les deux plus importantes organisations palestiniennes ont rejeté le premier volet de l'initiative de «prospérité» portée par le gendre de Donald Trump. Ils craignent que ce plan ne débouche sur l'abandon de la création d'un Etat palestinien.

Les deux principales organisations politiques palestiniennes, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le Hamas, disposant toutes deux d’une branche militaire, ont rejeté ce 23 juin la proposition du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, concernant des projets économiques de grande envergure constituant le premier volet du plan de l’administration américaine pour la paix au Moyen-Orient.

«La Palestine n’est pas à vendre»

Hanane Achrawi, membre du comité exécutif de l’OLP,  a déclaré que les promesses du mari d’Ivanka Trump étaient «abstraites», rappelant qu’une résolution du conflit ne pourrait se faire qu’à travers une solution politique. De son côté, le Hamas, organisation classée comme terroriste par plusieurs pays comme les Etats-Unis ou Israël, mais aussi par l’Union européenne, s’est contenté de préciser, par la voix d'un porte-parole, Ismail Rudwan, cité par Reuters : «La Palestine n’est pas à vendre».

Sur Twitter, Hanane Achrawi a appelé à «commencer par lever le siège de Gaza [et à] empêcher Israël de voler notre argent et nos ressources ainsi que nos terres.» Elle a ajouté qu’il faudrait plutôt donner aux Palestiniens «la liberté de mouvement et le contrôle sur [les] frontières, l’espace aérien et les eaux territoriales», en référence au blocus qui pèse depuis juin 2007 sur la bande de Gaza, cette enclave de 360km² coincée entre Israël et l’Egypte le long de la Méditerranée. Ce blocus, aux lourdes conséquences humanitaires, avait été décidé  après que le Hamas a pris le contrôle du territoire suite aux législatives de 2006. Le Hamas avait par la suite transféré, fin 2017, son pouvoir à l'Autorité palestinienne.

Celle qui avait participé aux négociations de paix avec Israël, sous l’égide des Etats-Unis, dans les années 1990, juge que la position défendue par l’administration américaine est une «approche totalement fausse». Hanane Achrawi estime en outre que la «fin de l’occupation est la condition la plus fondamentale pour la prospérité», d’après des propos rapportés par Reuters.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a lui aussi fait savoir, le 22 juin devant le comité central du Fatah (mouvement appartenant à l'OLP), qu’il s’opposait à ce plan. «La situation économique ne doit pas être discutée avant qu'il y ait une discussion de la situation politique, et tant qu'il n'y a pas de discussion de la situation politique, nous ne parlerons d'aucune situation économique», a-t-il regretté dans un communiqué.

Conférence sous tension

Ce volet économique du plan américain a pour objectif de récolter plus de 50 milliards de dollars et de créer un million d’emplois sur dix ans, afin de relancer l’économie palestinienne en grande partie paralysée. Il prévoit 590 millions de dollars de dons et de prêts à faible intérêt en direction de la bande de Gaza avec la volonté de moderniser la principale centrale électrique de la région et l’ambition de créer des dizaines de milliers d’emplois. Le but final étant de doubler le PIB du pays durant la prochaine décennie en investissant dans les secteurs des transports, de l’éducation, du tourisme ou encore de la gouvernance.

L’initiative sera discutée lors d’une conférence prévue à Bahreïn les 25 et 26 juin prochains, à laquelle les représentants palestiniens ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne participeraient pas. Ils craignent que l’administration Trump, vue comme pro-israélienne, ne cherche à les acheter et ainsi à se débarrasser définitivement de la «solution à deux Etats». Cette réunion, baptisée «De la paix à la prospérité», sera l’occasion pour Jared Kushner de présenter son plan aux riches Etats arabes du Golfe.

«[Ce plan] représente l'effort international le plus ambitieux et le plus complet pour le peuple palestinien jusqu'ici», pouvait-on lire dans un document rendu public par la Maison Blanche le 22 juin. Le haut conseiller du président américain a de son côté exprimé son enthousiasme : «Pendant trop longtemps, le peuple palestinien a été piégé dans les structures inefficaces du passé […] [Notre plan] est un cadre pour un avenir plus radieux, plus prospère pour le peuple palestinien et la région, et un aperçu de ce qui est possible quand la paix est là.» Ce premier volet devrait s’accompagner, dans les mois à venir, d’un règlement de la question politique, pour le moment totalement absente du texte. Il pourrait être dévoilé au mois de novembre, après la tenue des élections israéliennes et la formation d’un gouvernement.

Cela rassurera-t-il les Palestiniens, qui restent profondément méfiants à l’égard de Donald Trump et plus généralement des Etats-Unis, dont le gouvernement n'est pas neutre dans ce conflit ? Rien n'est moins sûr. D'autant que l'actuel chef d'Etat américain a récemment pris des décisions jugées comme pro-israéliennes à l’instar de la reconnaissance, controversée, de Jérusalem comme capitale indivisible de l’Etat hébreu ou encore celle de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, occupé depuis la guerre des Six Jours, et annexé en 1981.

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