«Dernier chapitre» : le chef de la diplomatie syrienne évoque l’avenir de son pays après la guerre

«Dernier chapitre» : le chef de la diplomatie syrienne évoque l’avenir de son pays après la guerre© Mikhaïl Allaedine
Des soldats syriens (photographie d'illustration)

Après une série de batailles décisives, l’armée syrienne s'apprête à mettre un terme à la guerre, selon le chef de la diplomatie. Une fois les terroristes éliminés, Damas compte s’attaquer à la présence américaine illégale dans le pays.

En accord avec ses alliés, le gouvernement syrien reste attaché à son objectif de libérer le pays de Daesh et des autres groupes terroristes et espère le faire d'ici la fin de l’année, selon Walid al-Mouallem, le ministre des Affaires étrangères syrien, qui a accordé une interview exclusive à RT.

«L’Etat syrien entend libérer chaque centimètre de notre pays des terroristes. Si nous y parvenons avant la fin de l’année, nous ne pourrons que nous en réjouir», a expliqué Walid al-Mouallem à RT.

Au début de la semaine, la Défense russe avait annoncé que les troupes syriennes avaient libéré 87,4% du territoire syrien, plusieurs victoires essentielles ayant été obtenues au cours des trois derniers mois.

Walid al-Mouallem a en particulier mentionné la fin du blocage de la ville de Deir ez-Zor, encerclée par les djihadistes de Daesh durant trois ans, ainsi que de la libération de Palmyre et d’Al-Soukhna, point de passage important sur la route reliant Damas à Raqqa. Pour le ministre syrien, la libération de ces villes étaient «d’importance égale» à la reprise d'Alep.

«Je pense que les principales batailles touchent à leur fin en Syrie et, par conséquent, nous sommes en train de conclure le dernier chapitre de l’histoire de cette crise», a estimé Walid al-Mouallem.

Et après la guerre ?

Les Forces démocratiques syriennes (une coalition de groupes rebelles, comprenant notamment les milices kurdes syriennes YPG), soutenues par les Etats-Unis, combattent actuellement les forces djihadistes à Raqqa et à l’est de la ville de Deir ez-Zor, rivalisant avec l'armée régulière syrienne pour le contrôle des ressources naturelles qui abondent dans ces zones.

Outre la lutte contre Daesh et les divers autres groupes djihadistes, Damas prévoit d'user de méthodes diplomatiques pour pousser les Américains présents sur son sol – les membres des forces spéciales soutenant les forces rebelles, notamment – à le quitter. Le gouvernement syrien entend aussi conserver les populations kurdes au sein de la République arabe syrienne.

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«Nous comptons utiliser tous les moyens diplomatiques possibles, puisque la présence militaire américaine en Syrie est illégale. Si la diplomatie se montre impuissante, nous envisagerons alors d’autres options», a sous-entendu Walid al-Mouallem. «Nous prônons la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie. Nous agirons conformément à ces principes», a-t-il poursuivi.

En abordant le sujet des Kurdes, le ministre syrien a rapporté que Damas était prêt à négocier une plus grande autonomie avec ces populations, à condition qu'elles ne tentent pas d’utiliser le soutien occidental comme levier pour se séparer de l’Etat syrien.

«Les Kurdes veulent proclamer leur autonomie sous une forme ou une autre au sein des frontières de la République arabe syrienne. Des négociations et un dialogue sont possibles sur ce sujet», a déclaré le haut responsable syrien, précisant que des pourparlers ne pourraient commencer qu’après l’éradication de la menace djihadiste.

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Une difficile reconstruction

Alors que la guerre en Syrie semble toucher à sa fin, Damas cherche déjà une solution pour mener à bien la reconstruction du pays. Selon certaines estimations, ces travaux pourraient coûter au pays – toujours frappé par des sanctions occidentales – plusieurs centaines de milliards de dollars.

«Dans un premier temps, nous envisageons de reconstruire notre pays dans le cadre des capacités de l'Etat, des efforts des citoyens syriens et des Etats alliés. Après, nous verrons quelles autres ressources pourront être utilisées», a déclaré le ministre des Affaires étrangères. Il a également souligné que les réfugiés qui avaient fui les violences et souhaiteraient revenir chez eux afin de retrouver leur ancienne vie et leur pays, seraient les bienvenus.

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Walid al-Mouallem a insisté sur le fait qu’une partie du financement pour la reconstruction du pays devait être obtenue auprès des Etats qui ont soutenu le terrorisme en Syrie depuis le début du conflit armé en 2011.

«Les pays qui ont fomenté des complots contre la Syrie doivent participer à la reconstruction de notre pays pour réparer le tort commis à l'encontre du peuple syrien», avait déjà déclaré Walid al-Mouallem à RT une semaine plus tôt en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

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La Syrie compte également recueillir des fonds en ouvrant ses frontières aux compagnies internationales des Etats alliés à Damas. «La priorité sera donnée à nos amis qui étaient à nos côtés pendant la crise», a souligné le ministre.

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