Génération identitaire proteste contre sa dissolution devant le Conseil d'Etat

- Avec AFP

Génération identitaire proteste contre sa dissolution devant le Conseil d'Etat© Bertrand Guay Source: AFP
Une manifestation de Génération identitaire le 20 février 2021 à Paris (image d'illustration).
Suivez RT France surTelegram

L'association s'est défendue de toute incitation à la haine et a déposé un recours devant le Conseil d'Etat pour «excès de pouvoir», ainsi qu'un référé-suspension afin de suspendre sa dissolution décidée en mars 2021 par le gouvernement.

L’association anti-immigration Génération identitaire (GI) a contesté le 30 avril devant le Conseil d’État sa dissolution décrétée en mars par le gouvernement, rejetant l'idée qu'elle incitait à la haine en liant systématiquement immigration et insécurité. Lors de l'audience en référé, l'avocat de GI, Me Pierre Robillot, a estimé que l'association ne faisait qu'«interpeller» sur des questions d'actualité, dans la lignée des débats publics sur ces sujets. 

«Pour Génération identitaire, tout immigré est une personne violente en puissance et susceptible de passer à l'acte. Il y a un lien automatique entre violence, immigration et insécurité», a au contraire accusé Pascale Léglise, la directrice adjointe des affaires juridiques au ministère de l'Intérieur, lors de l'audience. En appui, elle a cité différents slogans de l'association anti-immigration, égrenés au long de leurs neuf années d'existence : «Quand tu sors de chez toi, tu n'es plus en sécurité», «la racaille peut frapper», «on les accueille, ils nous égorgent», «immigration, invasion». «Face à l'insécurité, la racaille et l'islamisation : protège ton peuple !», écrivait aussi l'association sur Twitter.

Créée en 2012, cette association loi 1901, dont le nombre de militants et sympathisants est estimé par les spécialistes à 800, s'est fait connaître en occupant le chantier d'une mosquée en construction à Poitiers. Elle avait alors déployé une banderole évoquant «732», soit l’année où «Charles Martel a battu les Arabes à Poitiers».

GI a également attiré l'attention médiatique et politique avec ses actions anti-migrants dans la Méditerranée ou les Alpes. Son opération du même type dans les Pyrénées fin janvier a «scandalisé» le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui a lancé la procédure de dissolution. Dans le décret portant dissolution, le gouvernement accuse l'association d'«incitation à la discrimination, à la haine et à la violence» et de «volonté d'agir en tant que milice privée».

En réaction, GI a déposé un recours auprès du Conseil d'Etat pour «excès de pouvoir» ainsi qu'un référé-suspension (procédure d'urgence) dans le but de suspendre la dissolution de l'association, le temps que le Conseil d'Etat statue sur le fond.

«Faire prévaloir la sécurité des gens qui sont sur le territoire français», selon l'avocat de GI

«Le lien entre immigration et terrorisme, et plus globalement l'insécurité, est quelque chose qui fait partie du débat public et politique», a plaidé pour GI Me Robillot, citant diverses personnalités politiques qui se sont exprimées sur le sujet, d'Emmanuel Macron à Christian Jacob, en passant par Bruno Le Maire.

Dans ce contexte, GI ne fait qu'adopter «une position ferme et dure, qui consiste à écarter les considérations humanitaires pour faire prévaloir la sécurité des gens qui sont sur le territoire français», a-t-il ajouté. «Je ne pense pas que c'est une association qui met de l'huile sur le feu mais au contraire une soupape de décompression», a renchéri son confrère Pierre-Vincent Lambert.

La représentante du ministère de l'Intérieur a au contraire fait valoir qu'«essentialiser ces personnes uniquement sur leurs origines, c'est stigmatiser cette origine et en faire une des causes de l'insécurité». «Cet amalgame sans nuances est de notre point de vue très dangereux, d'autant plus aujourd'hui avec la fracture de la société sur ces questions-là», a poursuivi Pascale Léglise.

La dissolution de GI est intervenue alors que le ministère de l'Intérieur avait déjà obtenu, ces derniers mois, celle de trois associations accusées d'être proches de la mouvance islamiste (CCIF, BarakaCity et le collectif Cheikh Yassine) dans le sillage de l'assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, ainsi que celle du groupe ultranationaliste turc des «Loups gris».

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»