Macron et ses armées : deux années tumultueuses

Macron et ses armées : deux années tumultueuses© Gonzalo Fuentes Source: Reuters
Emmanuel Macron le 14 juillet 2018 à Paris (image d'illustration).

Retour en images sur les moments marquants des relations entre le plus jeune président de la cinquième République et ses armées au cours des deux dernières années : de la démission de Pierre de Villiers au retour des otages du Burkina Faso.

L'agenda militaire est chargé pour le président français : Emmanuel Macron a en effet inauguré le 12 juillet à Cherbourg le Suffren, premier sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de type Barracuda annoncé comme une prouesse technique censée marquer le retour de la France dans la cour des grandes puissances militaires. Le 13 juillet, le président a rencontré les généraux à l'hôtel de Brienne (VIIe arrondissement de Paris) – qui héberge le ministère des Armées – à la veille du défilé national sur les Champs-Elysées.

La fête nationale est une belle occasion pour le chef de l'Etat de faire montre de toute son estime pour les forces armées françaises qu'il a encensées le 14 mai dernier lors de l'hommage funèbre aux deux membres du commando Hubert tombés au cours d'une opération de libération d'otages au Burkina Faso.

Ce 14 juillet vient également rappeler la polémique qui était survenue au tout début du mandat du président Macron lorsque le chef d'état-major des Armées (CEMA), Pierre de Villiers avait quitté son poste avec fracas le 19 juillet 2017 juste après la fête nationale, principalement pour des raisons budgétaires. Une mauvaise entrée en matière pour un jeune président.

Depuis lors, quelques autres accrocs ont menacé le lien entre le président et les armées : le remplaçant du CEMA, François Lecointre, avait tiqué à son tour dès septembre 2017 au sujet de la loi de programmation militaire et mis en garde contre «les réflexes de régulation budgétaire sauvage» qui selon lui «viennent trop souvent, malheureusement, détruire le travail de cohérence qui est effectué dans le cadre de l'élaboration de la loi de programmation militaire et des lois de finances initiales».

La grande itinérance mémorielle d'Emmanuel Macron en novembre 2018, en pleine crise sociale des Gilets jaunes, devait permettre au président de prendre de la hauteur, d'invoquer l'histoire et de restaurer de la cohésion... C'était sans compter sur la controverse concernant Philippe Pétain, censé être honoré lors d'une cérémonie aux Invalides en compagnie des maréchaux de la Grande Guerre.

François Lecointre irrité à deux reprises

A l'hiver, Emmanuel Macron a choisi d'aller célébrer Noël avec les soldats engagés au Tchad pour l'opération Barkhane. L'année précédente, il avait fait la même chose au Niger. Le chef de l'Etat assure alors à ses troupes : «Il n’y aura pas d’économie sur la défense et les armées. [...] C’est ce que nous devons à nos soldats et à leur quotidien et c’est ce que nous devons aux Français parce que c’est leur défense et leur sécurité.»

Depuis cet épisode, deux autres petites anicroches avec François Lecointre sont intervenues : selon les informations de RTL, le CEMA n'avait pas été prévenu de l'emploi de la force Sentinelle pour sécuriser les sites sensibles lors de l'acte 19 des Gilets jaunes le 23 mars 2019, et l'aurait appris comme tous les Français de la bouche de Benjamin Griveaux à l'occasion d'une conférence de presse.

Enfin, à en croire le grand reporter Georges Malbrunot, l'accueil sur le tarmac de Villacoublay (Yvelines) des deux otages libérés par le commando Hubert – qui a perdu deux hommes au cours de cette opération de sauvetage le 10 mai – ne fut pas du goût de François Lecointre. L'Elysée aurait fait pression sur le CEMA afin qu'il soit présent ce jour-là : «Selon nos sources, le chef d'état-major, le général Lecointre, après la perte de deux de ses hommes, ne souhaitait pas aller accueillir les ex-otages, mais il a dû céder aux injonctions de l'Elysée», a écrit le journaliste sur Twitter.

Après son vibrant discours aux généraux français le 13 juillet 2019 à l'hôtel de Brienne, ce président – qui ne rechigne pas à enfiler une tenue d'aviateur ou de la marine nationale, mais qui est aussi le premier chef des armées de la cinquième République à n'avoir pas effectué son service militaire – va-t-il finalement parvenir à boucler une longue séquence en demi-teinte ?

Lire aussi : Prise en étau entre les terroristes et les coupes budgétaires, l'armée française est en souffrance

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