Ronaldinho : «Je n'ai jamais rêvé de jouer au football pour l'argent»

Ronaldinho : «Je n'ai jamais rêvé de jouer au football pour l'argent»© Edgard Garrido Source: Reuters
Ronaldinho (à droite) tient la Coupe des Confédérations

Venu à Kazan à l'occasion de l'inauguration du Parc de la Coupe des confédérations de la FIFA, le champion du monde de 2002 Ronaldinho a partagé avec RT ses attentes sur le tournoi à venir et a évoqué ses souvenirs ainsi que la suite de sa carrière.

RT : Vous êtes arrivé à Kazan pour inaugurer le Parc de la Coupe des confédérations de la FIFA. Vous découvrez la ville, alors que les préparatifs de la compétition battent leur plein. Quelles sont vos impressions ?

Ronaldinho (R.) : Je suis arrivé hier et je n'ai pas encore eu le temps de voir beaucoup de choses. Mais j'ai remarqué qu'il y avait beaucoup d'agitation dans les rues. Aujourd'hui, j'ai participé aux événements dans le stade et je pense qu'il est dans un état excellent et prêt à accueillir la compétition.

RT : Que pensez-vous du niveau du football russe ?

R. : Il y a de très bons joueurs. J'ai appris que l'équipe russe était très jeune, il n'y a pas de joueurs connus, mais on m'a dit que cette équipe tiendrait le coup.

RT : Il a été annoncé que 48 équipes participeraient à la phase finale de la Coupe du monde 2026. A titre de comparaison, 32 équipes joueront au Mondial russe l'été prochain. Les fans de football ne paraissent pas excessivement heureux d'une telle augmentation du nombre de participants. Que pensez-vous d'une telle perspective ?

R. : Cela va compliquer les choses. Je pense que nous sommes tous habitués à un autre format. Je ne comprends pas tout à fait pourquoi [il faut le changer]. Je pense que personne ne sait encore comment tout cela va se dérouler. C'est difficile de dire quelque chose à ce sujet, parce que nous n'en avons jamais fait l'expérience.

Paris est une ville merveilleuse, magnifique. J'adore cette ville

RT : Quand vous aviez 17 ans, vous avez participé pour la première fois à la Coupe du monde junior et avez obtenu votre premier Soulier d'or. C'est de cette façon que vous vous êtes fait remarquer par les plus grands clubs européens, en signant finalement au Paris Saint-Germain. Que pouvez-vous nous dire de votre expérience dans le football européen ?

R. : C'était parfait. Paris est une ville merveilleuse, magnifique. J'adore cette ville. J'ai eu la chance de commencer dans ce club, on avait une grande équipe. J'ai joué avec des joueurs exceptionnels comme Jay-Jay Okocha, Nicolas Anelka et bien d'autres. J'y ai beaucoup appris , j'ai eu la chance de commencer mon parcours là-bas. Cela a été un démarrage parfait.

RT : En 2003, vous avez signé au FC Barcelone, entraîné à l'époque par Frank Rijkaard. Vous avez toujours dit que c'était un entraîneur qui vous donnait un maximum de libertés. Quels sont vos souvenirs de cette époque et du technicien néerlandais ?

Le jeu lui-même a toujours été primordial pour moi, ainsi que le plaisir qu'il me donnait

R. : Pour moi il était le meilleur entraîneur et un grand ami. C'est une personne merveilleuse et un grand professionnel. Et bien sûr, il n'y a rien de mieux qu'un coach qui vous permet de faire ce que vous aimez. Il m'a donné la liberté dont j'avais besoin, et il l'a donnée non seulement à moi, mais aussi à mes coéquipiers. Cela a été une grande étape dans ma vie.

RT : Le FC Barcelone a payé plus de 25 millions d'euros pour votre indemnité de transfert. Une somme astronomique à l'époque. Mais l'été dernier, Manchester United a déboursé 120 millions d'euros pour Paul Pogba, et plus tôt encore les transferts de Cristiano Ronaldo et de Gareth Bale avaient coûté au rival du FC Barcelone – le Real Madrid – respectivement 94 et 101 millions d'euros. Ne pensez-vous pas que l'industrie du sport a dépassé les limites du raisonnable ? Tout cela vaut-il vraiment tant d'argent ?

R. : Je ne sais pas comment parler de ces choses. Je n'ai jamais rêvé de jouer au football pour de l'argent. Mais parfois, il y a des occasions qu'un joueur ne peut pas manquer. Bien que, franchement, je ne me sois jamais focalisé là-dessus. Le jeu lui-même a toujours été primordial pour moi, ainsi que le plaisir qu'il me donnait. Mais j'ai eu de la chance et j'ai pu aider ma famille financièrement et avoir des revenus confortables grâce à mon activité préférée – le football. Mais je ne suis pas très calé sur ces questions d'argent. Je pense que les gens peuvent apprécier votre valeur par eux-mêmes, et ceux qui ont la possibilité de débourser de grosses sommes le font pour ceux en qui ils croient.

Ceux qui montrent de bonnes dispositions à la Coupe des confédérations sont pratiquement sûrs d'avoir leur place à la Coupe du monde

RT : Nous attendons tous le début de la Coupe des confédérations, mais il reste encore un an avant le début de la Coupe du monde, à laquelle participera l'équipe nationale du Brésil. Il y a peu de temps, l'équipe n'était pas au mieux, mais il semble depuis que le sélectionneur Tite l'a prise en main, la situation s'améliore progressivement.

R. : Oui, tout va très bien. Nous avons très bien joué aux Jeux olympiques [en 2016], maintenant on joue bien aussi. Je pense que le changement d'entraîneur a donné un peu d'air frais à l'équipe, cela a beaucoup aidé l'équipe nationale. Je suis très heureux. Il y a de bons joueurs, et nous commençons à nouveau à bien jouer au football, ce que les fans attendent de l'équipe brésilienne.

RT : Que faut-il pour gagner la Coupe des confédérations de cet été ? Est-il possible qu'une équipe comme l'Australie ou le Cameroun remporte le trophée ?

R. : Oui, je pense que tout le monde va venir à la compétition avec une grande motivation, car ceux qui montrent de bons résultats à la Coupe des confédérations sont pratiquement sûrs d'avoir leur place à la Coupe du monde. C'est donc un tournoi très important. Il me semble que c'est la raison pour laquelle les joueurs viennent à cette compétition avec une telle motivation : ils savent que c'est la dernière ligne droite avant le Mondial. Tout joueur rêve de participer à la Coupe du monde, donc tout le monde essaie de se montrer sous son meilleur jour.

RT : Vous êtes de retour au FC Barcelone en qualité d'ambassadeur de ce club. Comment vous sentez-vous dans ce rôle ?

R. : Cela a été une surprise pour moi. Je suis très heureux dans ce rôle et je suis très fier qu'en étant aussi jeune, je puisse représenter le club en tant qu'ambassadeur. On doit encore m'expliquer mes fonctions plus précisément, mais je pense que je vais faire la même chose que d'habitude. Depuis que je suis parti du club, on ne me parle que du FC Barcelone. Je pense donc que même si avant ce n'était pas officiel, j'ai toujours été un ambassadeur du club. 

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