Espionnage chez Dassault : un intérimaire de 19 ans soupçonné d’avoir filmé des Rafale avec des lunettes-caméra
Source: Gettyimages.ruDans l’usine Dassault, un jeune intérimaire, affecté au câblage sur les Rafale, a été interpellé après avoir été surpris avec des lunettes équipées d’une caméra. Il est soupçonné d’avoir filmé des éléments sensibles de l’appareil, au cœur de l’aviation militaire française. L’affaire relance les questions sur la sécurité des sites stratégiques.
Un intérimaire de 19 ans, né en France, a été interpellé le 10 février sur le site Dassault Aviation de Cergy, dans le Val-d’Oise. Il travaillait comme monteur-câbleur sur la ligne d’assemblage des Rafale. C’est un accessoire inhabituel, des lunettes dotées d’une caméra, qui a attiré l’attention des agents de sécurité.
L’homme a d’abord été entendu sur place avant d’être conduit au commissariat de Cergy-Pontoise. Il a été placé en garde à vue pour « atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation », une qualification souvent utilisée dans les affaires d’espionnage.
Une affaire suivie par le renseignement
L’enquête a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), chargée du contre-espionnage. Les services cherchent à établir la nature exacte des faits : l’individu a-t-il réellement filmé des éléments confidentiels ? Et si oui, dans quel but et pour qui ?
Le suspect, nommé Ismael V., aurait été maîtrisé sur-le-champ après la découverte de l’équipement. La direction du site et les services de renseignement territorial ont été avertis sans délai. Pour l’heure, aucune image n’a été rendue publique et le parquet de Pontoise ne s’est pas encore exprimé.
Les enquêteurs cherchent à déterminer si des données ont été captées, transmises, ou si l’acte reste sans suite. L’hypothèse d’un espionnage industriel ou militaire reste ouverte.
Une faille dans la chaîne de sécurité
Le Rafale, conçu par Dassault Aviation, est un avion de combat multirôle utilisé par l’armée de l’air et la marine françaises. En 2024, l’entreprise a généré un chiffre d’affaires de 6,2 milliards d’euros et exporte ses appareils dans plus de 90 pays.
Mais cette affaire soulève une autre question : celle de la sécurité interne sur les sites industriels sensibles. Le recours à des intérimaires peu formés aux enjeux de sûreté, parfois jeunes et sans expérience du secteur de la défense, constitue une faille évidente. Dans un contexte de tensions géopolitiques, ces vulnérabilités peuvent être exploitées discrètement.
Les autorités françaises communiquent régulièrement sur la solidité de leurs dispositifs de sécurité. Pourtant, l’intrusion d’un simple ouvrier avec une caméra miniature dans une usine stratégique comme celle de Cergy vient relativiser ces certitudes.
Derrière les discours de maîtrise technologique et de souveraineté, cette affaire révèle une réalité moins rassurante : même les structures les plus exposées peuvent être pénétrées de l’intérieur, sans bruit ni éclat.