Couverture de l'attentat de Saint-Pétersbourg : tout complotisme passe avec la Russie

Couverture de l'attentat de Saint-Pétersbourg : tout complotisme passe avec la Russie© Grigory Dukor Source: Reuters
Les gens apportent des fleurs sur le lieu d'attentat à Saint-Pétersbourg

Les médias traditionnels font preuve de deux poids deux mesures quand il s'agit des attentats en Occident et en Russie. Les analystes partagent avec RT leur opinion sur les réactions des médias occidentaux.

Darius Shahtahmasebi, analyste juridique et écrivain

«S’il y a un attentat à Londres, à Paris, on l’apprend au moment où l’on se réveille. Cette fois-ci, je l’ai appris par Twitter, seulement parce que j’étais abonné à certaines personnes. J’ai consulté les principaux médias traditionnels, comme The New York Times, The Guardian, BBC, même Fox News. Dans ce dernier, la nouvelle n’était même pas en une. Certaines personnalités ont accusé le président russe d’être derrière cet attentat. Si une telle chose était dite à propos du président américain sans présenter de preuves, ces personnes-là auraient été traitées de fous complotistes. Mais tout passe quand il s’agit de la Russie, de son président. Cette histoire a manifestement été couverte de façon très différente.»

Les médias traditionnels ne peuvent pas prendre de recul et faire preuve de compassion

Lionel, analyste juridique et médiatique

«Les médias traditionnels ont reçu l’ordre de diffuser 24 heures sur 24, sept jour sur sept, leurs attaques antirusses, russophobes, dirigées contre le Kremlin. Ils ne peuvent pas prendre de recul et faire preuve de compassion. Regardez, cela n’a plus rien à voir avec les élections qui seraient influencées [par la Russie]. Je n’arrive pas à le comprendre. Le terrorisme touche tout le monde, dans tous les coins de la planète. Comment est-ce possible que les médias dits sociaux – quel oxymore – soient aussi antisociaux et indifférents ? Comment peuvent-ils le compartimenter ? Cela montre non seulement le deux poids deux mesures, mais aussi à quel point il sont déconnectés. Mais il s’agit de vies humaines. Y a-t-il une guerre internationale contre le terrorisme, ou c’est la conjoncture qui détermine le niveau de notre inquiétude ?»

Peut-être qu’on commence à se rendre compte, ici en Amérique du moins, que c’est un combat auquel nous participons tous

Jim Jatras, ancien diplomate américain

«J’ai suivi avec attention les médias aux Etats-Unis. Bien sûr, il ne s’agit pas d'une couverture maximale comme c’était le cas après l’attaque de Westminster. D’un autre côté, cette couverture semble être meilleure que celle dont on a l’habitude quand cela concerne une attaque en Russie. Souvenons-nous de cet avion russe explosé dans le ciel du Sinaï. On disait alors : "Eh bien, la Russie paye le prix de son intervention en Syrie". Je me rappelle, au moment de [la prise des otages lors du spectacle musical] Nord-Ost [en 2003] et l’attaque de Beslan [en 2004] il y avait une sorte de joie maligne : nombreux aux Etats-Unis disaient que la Russie était tellement mauvaise vis-à-vis de ces sympathiques wahhabites et djihadistes du Caucase. Donc je suppose que quelque chose a changé : ainsi, l’ambassadrice Nikki Haley, qui a été très critique vis-à-vis des Russes, a posté un message de soutien très fort aujourd’hui ; Donald Trump a parlé d’une «chose terrible». Peut-être qu’on commence à se rendre compte, ici en Amérique du moins, que c’est un combat auquel nous participons tous.»

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