La «menace russe» est censée unifier l'Europe en crise politique profonde

La «menace russe» est censée unifier l'Europe en crise politique profonde© Hannibal Hanschke Source: Reuters
Vladimir Poutine et Angela Merkel

L'échec des services secrets allemands à trouver des preuves de l'ingérence russe dans les affaires de Berlin est le signe qu'ils ne sont pas aussi politisés que lors de la présidence d'Obama aux USA, dit l'analyste géopolitique Rainer Rothfuss.

Le Service fédéral de renseignement allemand (BND) et l'Office fédéral de la protection de la Constitution (BfV) affirment n'avoir trouvé aucune preuve d'ingérence de la Russie dans la vie politique du pays et contre le gouvernement de la chancelière Angela Merkel, a rapporté le Süddeutsche Zeitung.

RT : Les Etats-Unis ont conclu qu'ils étaient de «modérément à absolument» sûrs que la Russie était derrière les piratages informatique lors de leur élection. L'Allemagne a enquêté sur la possibilité que Moscou se mêle de ses prochaines élections mais ses agences de renseignement n’ont pas trouvé de «preuves claires» de l'implication de la Russie. Où est la fin de cette chasse aux sorcières contre la Russie ?

Rainer Rothfuss(R. R.) : Je pense que ce rapport de la BND est au moins un très bon signe, parce qu'il montre que nos services secrets ne sont pas aussi politisés qu'ils l'étaient lors de l'administration Obama. On s’attendait à ce résultat. Cela prouve que les allégations faites à l'égard de la Russie étaient politisées, politiquement motivées...En tant qu'un observateur des médias, je dirais aussi que RT ne fait que des émissions de très haute qualité – en écoutant les parties différentes, en prenant une position critique face à tout ce qui se passe dans le monde. Il n'y avait donc aucun signe de propagande contre le gouvernement allemand.

Nous voyons une certaine crise du système dans les pays qui ont complètement abandonné des valeurs nationales patriotiques

RT : Berlin a pris le train en marche et qualifié les médias russes de propagande et RT Deutsch d'«hostile». Pourquoi ont-ils aussi peur des médias russes, au point de les mettre sur la liste noire ?

R. R. : Vous ne pouvez comprendre cette lutte que si vous regardez une couche plus profonde. Nous voyons une certaine crise du système dans les pays qui ont complètement abandonné des valeurs nationales patriotiques. Ils sont en crise et se tournent ensuite vers d'autres gouvernements, qui ont adopté un programme national dans leur politique – que ce soit la Russie avec le président Vladimir Poutine, ou maintenant les Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump. C'est essentiellement une ligne qui sépare les systèmes plutôt globalistes et les systèmes plutôt nationalistes. 

RT : A quel moment la lutte contre la propagande perçue se transforme-t-elle en fabrication de propagande ?

R. R. : Ici, nous avons clairement vu que c'était aussi la propagande de la part de l'Allemagne, dont le gouvernement prétendait que la Russie avait fait de la propagande pour déstabiliser le gouvernement d'Angela Merkel parce que, finalement, nous voyons qu'il n'y a aucune preuve de cette allégation. Par conséquent, nous devons vraiment classer cette démarche comme de la propagande, si la BND est appelée à enquêter sur cette situation...

C'est une recette qui a été appliquée pendant des siècles et dont le principe est que vous avez besoin d'un ennemi au-delà de vos frontières pour assurer l'unité chez vous

RT : Les Etats-Unis offrent des conseils à un certain nombre de gouvernements européens sur la façon de combattre la «menace russe». Comment cela fonctionne-t-il ?

R. R. : Il s'agit non seulement d'un point de vue agressif envers la Russie, mais cela est aussi censé unifier l'Europe. L'Europe est en crise politique profonde. C'est une recette qui a été appliquée pendant des siècles et dont le principe est que vous avez besoin d'un ennemi au-delà de vos frontières pour assurer l'unité chez vous ; au sein de l'UE dans le cas présent. La Russie sert donc de surface de projection utile pour voir un ennemi contre lequel l'UE doit s'opposer ensemble.

Lire aussi : Angela Merkel : nous avons intérêt à avoir de bonnes relations avec les Etats-Unis 

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