«Nuit Debout est un mouvement groupusculaire, qui représente très peu de Français»

© STEPHANE DE SAKUTIN

Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, revient sur les violences qui ont émaillé le mouvement Nuit Debout ces derniers jours. Pour lui, il faut que le gouvernement montre plus de fermeté et fasse régner l'ordre public.

RT France : Des violences ont eu lieu ce dimanche 1er mai, alors que la police évacuait la place de la République. Lors des manifestations anti-loi travail de nombreux policiers ont été blessés. Quel est votre sentiment par rapport à cette situation ?

Bruno Retailleau : Ce qui est impensable et incroyable est que le gouvernement va demander au Parlement dans quelques jours de prolonger de plusieurs mois l’Etat d’urgence ! Alors que le gouvernement fait preuve d’une sorte de mansuétude, d’un manque d’autorité criant vis-à-vis de celles et de ceux qui troublent l’ordre public. Dès lors que l’autorité de l’Etat n’est plus respectée, dès lors que l’Etat renonce à faire respecter l’ordre public, c’est la violence qui revient au premier plan, avec tous les risques que cela peut comporter.

Ce manque de fermeté vis-à-vis d’un mouvement comme Nuit Debout ne doit pas être toléré

Je constate, comme le disait le ministre de l’Intérieur, que 400 policiers ont été blessés ces dernières semaines, c’est absolument considérable. J’appelle le gouvernement à prendre les moyens nécessaires pour, qu’en France, l’ordre public puisse régner. Ce manque de fermeté vis-à-vis d’un mouvement comme Nuit Debout, ne doit pas être toléré. Le droit a manifester est un droit constitutionnel, mais pour qu'il puisse s’exprimer, il doit se faire en respectant les lois de la République.

Lire aussi : Fillon «choqué» que «Nuit debout» soit toléré en plein état d'urgence

Si nos citoyens désespèrent c’est parce que François Hollande n’a fait aucune réforme structurelle nécessaire


RT France : Nuit Debout est un mouvement qui met en évidence un mécontentement général de la vie politique. Pensez-vous qu’il peut se transformer en mouvement politique ? Comment doit réagir la classe politique vis-à-vis de l'expression de ce ras-le-bol ?

B.R : Nuit Debout est un mouvement groupusculaire, un mouvement qui représente très peu de français. C’est un mouvement très politisé, à l’ultra gauche, qui réunit les alternatifs et beaucoup d’autres. Nuit Debout est né de la contestation de la loi Travail, mais il faut bien voir que si la France a un chômage de masse et si nos citoyens désespèrent c’est parce que François Hollande n’a fait aucune réforme structurelle nécessaire. Initialement la première version de la loi El Khomri allait dans le bon sens. Mais au final, on aura l’inverse du but recherché, avec encore plus de rigidité et finalement un code du travail qui ne protègera pas mais qui sera un élément de l’augmentation du chômage de masse en France.

Tant que la République tolèrera sur son propre sol ce genre de comportement, ce sera perçu comme un formidable encouragement à toutes celles et ceux qui ne respectent pas la loi

RT France : Quelles sont les mesures concrètes à prendre pour éviter ce genre de violence à l'avenir ?  

B.R : Je prendrais un autre exemple, la ZAD de Notre Dame des Landes. Je suis président de la région des Pays de la Loire et toute les semaines, et depuis des semaines, le centre ville de Nantes est saccagé. On tolère, une zone de non droit, la ZAD, où il y a très régulièrement des exactions, des voitures de gendarmerie y sont attaquées puis brulées.

Tant que la République, tolèrera sur son propre sol, que ça soit dans les quartiers ou dans les campagnes, ce genre de comportement, ce sera perçu comme un formidable encouragement à toutes celles et ceux qui ne respectent pas la loi, et qui profitent de ces zones de non droit pour faire éclater la violence.

C’est avec la plus grande fermeté qu’on règlera le problème

C’est avec la plus grande fermeté qu’on règlera le problème. Il faut mettre les casseurs en prison, et avoir une tolérance zéro. Mais depuis des années, la politique pénale menée, notamment par Christiane Taubira, a été une politique laxiste.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Enquêtes spéciales