Le Drian souhaite que des «mesures» soient prises pour «assurer l'intégrité physique» de Navalny

Le Drian souhaite que des «mesures» soient prises pour «assurer l'intégrité physique» de Navalny© Ludovic Marin/Pool via REUTERS/File Photo
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à Paris le 11 mars 2021 (image d'illustration).

Le chef de la diplomatie française exige que «l'intégrité physique» d'Alexeï Navalny soit assurée. L'opposant russe dénonce un manque d'accès aux soins dans l'établissement pénitentiaire où il purge une peine – ce qui est démenti par ce dernier.

Alors que la France souffle le chaud et le froid sur la Russie à propos de différents dossiers internationaux, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a tenu à s'exprimer sur un sujet de politique intérieure russe : l'état de l'opposant Alexeï Navalny.

Je souhaite que des mesures soient prises pour assurer l'intégrité physique de monsieur Navalny mais aussi sa libération

«La situation de monsieur Navalny est extrêmement préoccupante», a ainsi déclaré le chef de la diplomatie française ce 18 avril sur la chaîne de télévision publique France 3. «Je souhaite que des mesures soient prises pour assurer l'intégrité physique de monsieur Navalny mais aussi sa libération», a-t-il également fait savoir, ajoutant : «Il y a là une responsabilité majeure pour le président Poutine.»

Enfin, Jean-Yves Le Drian a jugé que ce dossier était «le plus exemplaire, le plus symbolique, le plus frappant pour les esprits» de ce qu'il considère être une «dérive autoritaire» à l'œuvre en Russie – une accusation qu'il avait déjà formulée en janvier.

Berlin et l'UE sur la même longueur d'onde

Ce même 18 avril, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a demandé de manière «urgente» aux autorités russes de fournir un «traitement médical adéquat» à Alexeï Navalny, dans une interview au quotidien Bild.

De plus, le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell a appelé la Russie à accorder à Alexeï Navalny un accès immédiat «à des médecins en qui il a confiance» et a appelé à sa libération «immédiate et sans conditions».

Les services pénitentiaires démentent le manque d'accès aux soins dénoncé par Navalny

Plusieurs chancelleries occidentales ont manifesté ces dernières semaines leur inquiétude quant à l'état de santé d'Alexeï Navalny, qui purge une peine de prison dans une colonie pénitentiaire. En cause : l'opposant russe a déclaré, le 31 mars sur son compte Instagram, entamer une grève de la faim «pour demander l'application de la loi et pour qu'on laisse un médecin venir [le] voir». Il a accusé l'administration pénitentiaire de refuser de lui donner accès à un médecin et de lui fournir des médicaments, et de le priver de sommeil en le réveillant «huit fois par nuit».

Une version démentie par les services pénitentiaires russes, qui écrivaient dans un communiqué de presse le 31 mars : «Nous informons [...] que le condamné Alexeï Navalny bénéficie de tous les soins médicaux nécessaires conformément aux indications médicales le concernant.» En outre, selon la même source, les gardiens de la colonie pénitentiaire respectent «strictement le droit de tous les condamnés à un sommeil ininterrompu de huit heures». 

Le 5 avril, le journal russe Izvestia rapportait qu'Alexeï Navalny avait été transféré dans une unité médicale car il montrait des «signes d'une maladie respiratoire, notamment une forte fièvre». «Toutes les analyses nécessaires ont été effectuées, y compris un test d'infection au coronavirus. Le détenu a été transféré à l'unité médicale où il est en observation», indiquait également Izvestia, citant les services pénitentiaires.

Le 17 avril, selon l'AFP, des médecins proches de l'opposant russe ont exigé d'être autorisés à le voir immédiatement, affirmant qu'il pouvait avoir un arrêt cardiaque «d'une minute à l'autre».

Navalny en détention pour violation des conditions d'une peine avec sursis 

Alexeï Navalny purge dans cette colonie pénitentiaire une peine de deux ans et demi de prison ferme. La justice russe a révoqué en février dernier le sursis d'une condamnation remontant à 2014, pour détournements dans la filiale russe du groupe français Yves Rocher. 

L'opposant a été reconnu coupable de multiples violations des conditions du contrôle judiciaire exigé par cette peine avec sursis. Alexeï Navalny ne s'était pas présenté à l'enregistrement auprès de l’inspection pénitentiaire à au moins six reprises au cours de l'année 2020 – le 13 janvier, le 27 janvier, le 3 février, le 16 mars, le 6 juillet et le 17 août.

Alexeï Navalny a par ailleurs été au cœur de l'attention médiatique ces derniers mois, après avoir été transféré dans le coma en Allemagne fin août 2020 à la suite d'un malaise survenu en Russie. Il accuse le Kremlin d'avoir tenté de l'empoisonner (une version également défendue par plusieurs gouvernements, dont ceux de la France, des Etats-Unis et de l'Allemagne), ce que réfute Moscou. Il était sorti de l'hôpital sans séquelles, avant de rejoindre la Russie en janvier 2021.

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