La Russie et l'Ukraine ont procédé à un échange historique de prisonniers

La Russie et l'Ukraine ont procédé à un échange historique de prisonniers© Gleb Garanich Source: Reuters
Un avion russe à l'aéroport international Borispil près de Kiev, en Ukraine, le 7 septembre 2019.

L'échange de prisonniers en discussion entre la Russie et l'Ukraine depuis plusieurs semaines a été effectué ce 7 septembre. Un échange au format «35 contre 35» a été décidé. Kyrill Vychinsky est arrivé à Moscou en compagnie de détenus russes.

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  • Après l'échange historique de prisonniers entre Moscou et Kiev, les présidents russe et ukrainien se sont entretenus par téléphone ce 7 septembre, et ont abordé plusieurs sujets, à commencer par la résolution du conflit dans le Donbass.

  • Le journaliste Kirill Vychinsky a été accueilli par la déléguée russe aux droits de l'Homme auprès du Kremlin, Tatiana Moskalkova, à son arrivée en Russie. «Aujourd'hui, nous avons ouvert une nouvelle page dans l'histoire des relations entre nos peuples, dans l'histoire des relations entre les Etats, sur la place des droits de l'Homme», s'est félicitée cette dernière en référence à l'échange de prisonniers entre Moscou et Kiev.

    Auteur: RT France

  • Sur Twitter, le président français Emmanuel Macron a salué «la libération du cinéaste Oleg Sentsov, dans le cadre de l’échange de prisonniers conduit aujourd’hui entre la Russie et l’Ukraine». «Nous avons toujours été à ses côtés», a-t-il ajouté.

  • De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a communiqué, considérant «la libération convenue et réciproque des individus retenus sur le territoire de la Russie et de l’Ukraine comme un signal positif qui doit être suivi par d’autres pas importants pour sortir de l’impasse concernant les relations russo-ukrainiennes». Le ministère appelle ainsi à «mettre en œuvre les accords de Minsk» : «Cela est devenu possible grâce au respect des accords conclus personnellement par les présidents russe et ukrainien. À la différence de ses prédécesseurs, la nouvelle administration Zelensky a manifesté une approche sensible et de bonne volonté pour atteindre un compromis.»

  • Les Etats-Unis ont salué l'échange historique de prisonniers intervenu entre la Russie et l'Ukraine, affirmant espérer qu'il s'agisse du début d'une «nouvelle dynamique» vers une résolution du conflit.

    «Très satisfait de voir les marins ukrainiens rentrer à la maison et l'échange de prisonniers Ukraine-Russie», a déclaré sur Twitter l'émissaire américain pour les négociations ukrainiennes Kurt Volker.

    «J'espère que cela contribue à une nouvelle dynamique pour d'autres échanges de prisonniers, un cessez-le-feu renouvelé et des progrès dans la mise en oeuvre complète des accords de Minsk», signés en 2015 mais dont le volet politique est resté lettre morte, a-t-il ajouté.

    Pour le président américain Donald Trump, l'échange des prisonniers est «peut-être un premier pas de géant vers la paix», félicitant les deux pays en conflit depuis cinq ans.

    «Très bonne nouvelle», a encore tweeté Donald Trump.

  • La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié pour sa part de «signe d'espoir» l'échange historique de 70 prisonniers entre l'Ukraine et la Russie, appelant à poursuivre le travail pour «mettre en œuvre les accords de Minsk».

    «Cet échange de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine est un signe d'espoir [...] Cela vaut la peine de continuer à travailler dur pour mettre en œuvre les accords de Minsk, le gouvernement fédéral allemand est prêt à le faire», a-t-elle affirmé dans un communiqué diffusé sur Twitter par son porte-parole, Steffen Seibert.

    «Je suis heureuse pour les marins ukrainiens et Oleg Sentsov, qui peuvent enfin rentrer chez eux», a-t-elle ajouté.

    Se félicitant également de cet échange, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a fait savoir de son côté dans un communiqué que l'Allemagne était prête à apporter son aide afin que «d'autres mesures soient prises pour que la population de l'Est de l'Ukraine puisse enfin vivre à nouveau en paix».

  • Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a «salué» dans un communiqué l'échange de 70 prisonniers entre l'Ukraine et la Russie, «geste» qui témoigne selon lui «de la volonté» de ces deux pays de «renouer le dialogue». 

    Ce geste «contribuera à rétablir une atmosphère de confiance entre les parties [et] permet aux populations d'espérer voir mettre un terme à un conflit de cinq ans qui continue de faire, chaque mois, des dizaines de victimes», a ajouté le ministre, qui doit se rendre à Moscou le 9 septembre.

  • Le journaliste russe Kyrill Vychinsky – qui était incarcéré en Ukraine depuis mai 2018 à titre préventif pour «haute trahison» – s'est adressé à la presse à son arrivée à Moscou.

    «J'ai senti autour de moi le soutien de beaucoup de monde, des personnes qui m'ont soutenu pas simplement parce que je suis Kyrill Vychinsky mais parce que je suis un journaliste qui a été détenu injustement», a-t-il déclaré.

    Il a chaleureusement remercié Harlem Désir, le représentant de l'OSCE pour la liberté des médias, pour son soutien et son intervention auprès des autorités ukrainiennes pour sa libération.

  • Harlem Désir, représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a réagi pour RT France, depuis Vienne, à l'échange des prisonniers entre l'Ukraine et la Russie.

    «C'est un événement extrêmement important», a-t-il jugé. Détaillant les interventions qu'il a effectuées dans ce processus de libération des uns et des autres, il a tenu à «remercier les autorités des deux pays, de la Russie et de l'Ukraine, pour les efforts qu'elles ont accepté de déployer» pour la libération de ces prisonniers.

    Harlem Désir est chargé au sein de l'OSCE des sujets ayant trait à la liberté d'information, la sécurité des journalistes et la liberté de la presse.

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Après des semaines de négociations, la Russie et l'Ukraine sont parvenus à trouver un accord pour s'échanger des prisonniers détenus dans les deux pays. La télévision d'Etat russe a annoncé le 7 septembre que des préparatifs étaient en cours – diffusant des images d'autocars quittant la prison de Lefortovo à Moscou – augurant un dénouement imminent.

«Les autocars ont quitté la prison de Lefortovo dans le cadre des préparations pour un échange de prisonniers», a également fait savoir la chaîne d'informations Rossiïa 24.

Selon un témoin cité par l'agence de presse Reuters et des correspondants de l'AFP, deux autobus aux vitres teintées et une escorte de police ont quitté l'enceinte de cette prison de Moscou transportant un nombre indéterminé de personnes.

Selon RIA Novosti, le centre de détention provisoire de Lefortovo est l'endroit où les marins ukrainiens qui ont violé la frontière maritime russe dans le détroit de Kertch sont le plus susceptibles d'être détenus. Un peu plus tard, les autocars sont arrivés à l'aéroport moscovite de Vnoukovo, dont une partie est réservée aux vols gouvernementaux.

Des semaines de négociations

La veille, l’avocat de plusieurs citoyens russes pressentis pour participer à l’échange avait annoncé que le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait ordonné de gracier les personnes concernées par les négociations de libération simultanée de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine.

Un jour auparavant, le président russe Vladimir Poutine avait déjà fait savoir, lors du forum économique à Vladivostok, qu'un échange «massif» de prisonniers serait bientôt finalisé avec l'Ukraine.

Plusieurs source russes et ukrainiennes avaient évoqué la possibilité d'un échange de prisonniers entre Kiev et Moscou le 30 août, mais aucun élément n'était venu confirmer cette hypothèse.

Le 28 août, le journaliste russe Kirill Vychinsky, accusé de «haute trahison» en Ukraine et incarcéré depuis plus d'un an à titre préventif, avait été libéré.

Le lendemain, le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov – condamné pour terrorisme à 20 ans de prison en Russie – avait, de son côté, été transféré à Moscou depuis sa colonie pénitentiaire dans le nord de la Russie.

Ce sujet était également au menu des discussions entre le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, depuis leur première conversation téléphonique en juillet 2019. Cet échange de prisonniers – à même d'apaiser les tensions entre Kiev et Moscou – a aussi été abordé par Vladimir Poutine et Emmanuel Macron lors de leur rencontre au fort de Brégançon le 19 août.

Alors qu'une rencontre au format Normandie – qui comprend la Russie, l'Ukraine, la France et l'Allemagne – aura lieu en septembre pour évoquer notamment la situation dans le Donbass, la réalisation d'un échange de prisonniers augure un réchauffement des relations diplomatiques entre Moscou et Kiev, qui sont à couteaux tirés depuis le rattachement par référendum de la Crimée à la Russie en 2014.

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