Affaire Skripal : l'OIAC confirme la mise en œuvre d'un produit neurotoxique à Salisbury

Affaire Skripal : l'OIAC confirme la mise en œuvre d'un produit neurotoxique à Salisbury
La police britannique devant le domicile britannique de Sergueï Skripal le 3 avril 2018, photo ©Hannah Mckay/Reuters

L'OIAC a confirmé qu'un agent neurotoxique a bien été mis en œuvre dans l'empoisonnement de l'ex-espion russe et sa fille, confirmant les conclusions du laboratoire britannique de Porton Down. La Russie n'a toutefois pas été désignée comme coupable.

Pas de grande révélation dans le rapport très attendu de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Les conclusions sont même analogues à celles du laboratoire militaire britannique de Porton Down.

L'organisation, basée à La Haye aux Pays bas, s'est ainsi rangée ce 12 avril aux conclusions ambigües du gouvernement britannique. Selon les conclusions de l'OIAC, le poison mis en œuvre le 4 mars dernier contre Sergueï Skripal et sa fille Ioulia était bien un agent innervant, sans pour autant parler de «Novitchok». Le rapport de l'OIAC ne fait toutefois que confirmer ce point, qui ne fait guère débat, mais ne démontre en rien que l'empoisonnement ait été le fait de la Russie.

Le 12 mars, le Premier ministre britannique Theresa May affirmait déjà que l'ancien agent double Sergueï Skripal et sa fille avaient été empoisonnés avec un produit de classe militaire, le Novitchok, conçu en URSS dans les années 1970 et 1980.

Un peu plus de trois semaines après, le 3 avril, le chef du laboratoire militaire britannique de Porton Down, Gary Aitkenhead, avait déclaré qu'il n'avait pas été capable de déterminer que l'agent innervant, certes développé en URSS il y a 40 ans, provenait de Russie, pour le cas précis de l'empoisonnement de Salisbury.

Le 4 mars, l'ancien agent double Sergueï Skripal et sa fille âgée de 33 ans, Ioulia, ont été empoisonnés par un agent innervant à Salisburry, dans le sud de l'Angleterre. Le 14 mars, Londres avait désigné Moscou comme responsable de cette attaque sur son territoire, Theresa May estimant, sans présenter de preuves, la culpabilité de la Russie comme «très probable».

Le Novitchok («petit nouveau» en russe) n'est pas répertorié sur la liste des armes chimiques prohibées par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Son existence et la formule permettant de l'obtenir ont été rendues publiques par le chimiste russe Vil Mirzaïanov en 1992.

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