«J’ai failli mourir» : Boris Faure, agressé par un député LREM, attend le procès

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Trois ans après la violente agression à son encontre de la part d'un ancien député du parti présidentiel qui l'a laissé entre la vie et la mort, l'ancien cadre socialiste Boris Faure accorde un entretien à RT France. Il attend toujours justice.

Par une simple publication sur Twitter, Boris Faure, salarié du syndicat UNSA, conseiller consulaire et ancien cadre socialiste, est revenu sur la violence des coups qu'il a reçus en 2017 en plein Paris de la part de M'jid El Guerrab, qui était à l'époque député de la République en marche, quelques mois après l'avènement du parti présidentiel à l'Elysée et à l'Assemblée nationale : «Il y a trois ans jour pour jour j’étais violemment agressé de deux coups de casque par un député LREM. Le deuxième coup m’a été asséné alors que j’étais au sol. Ce jour là j’étais pourtant venu en paix. Et j’ai failli mourir. J’espère que le procès sera convoqué bientôt.»

«Cette balafre que je porte désormais sur le crâne pour la vie, c'est le rappel de mon coma [et] que c'est pas passé loin pour moi», a encore confié Boris Faure à RT France, avant de souligner que le temps judiciaire était long : «Pendant ce temps, mon agresseur continue de siéger à l'Assemblée.»

«En regardant cette cicatrice […] je me rappelle tout cela et ça me donne du cœur pour continuer le combat pour la justice avec mes avocats mais aussi pour continuer le combat contre la violence en politique», a-t-il ajouté.

Contacté par RT France après la publication de l'article pour apporter son point de vue, M'jid El Guerrab n'a pour l'heure pas donné suite.

Vers un procès en décembre ?

Le 30 août 2017, sur fond de brouille politique et personnelle, Boris Faure reçoit deux violents coups de casque sur le crâne qui l'envoient en neurochirurgie avec un pronostic vital engagé. Les coups ont été assénés par un ancien socialiste passé dans les rangs de la macronie dès 2016 : M'jid El Guerrab. Ce député marcheur a été poussé à la démission du parti présidentiel à la suite de cette affaire, mais il a conservé son poste à l'Assemblée nationale, malgré les appels du pied de son ancien camp politique qui aurait préféré le voir y renoncer.

Depuis son départ du parti socialiste en 2016 pour rejoindre Emmanuel Macron (ce qui aurait donc constitué le fond de son animosité avec Boris Faure), le jeune politicien né en 1984 est devenu député de la IXe circonscription des Français de l'étranger sous l'étiquette En marche, puis une fois démissionné à la suite des deux coups de casque, il est devenu «non-inscrit» avant de rejoindre le camp aux contours flous de Liberté et territoires... puis d'atterrir dans le groupe Agir ensemble.

Un parcours heurté qui n'a pas empêché M'jid El Guerrab de trouver un siège à la prestigieuse commission de défense de l'Assemblée nationale seulement une semaine après cette agression pour laquelle il était déjà mis en examen, puis de siéger à la commission d'enquête sur la lutte contre les groupuscules d'extrême droite en janvier 2019.

Boris Faure, lui, attend le procès au tribunal correctionnel qui a été demandé par le parquet en février 2020 et pourrait se tenir au mois de décembre. M'jid El Guerrab encourt jusqu'à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende pour «violences avec arme par destination ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de huit jours.»

Mais la décision finale concernant la tenue d'un éventuel procès appartenait au juge d'instruction en charge de l'enquête... Affaire à suivre.

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