«Je ne veux pas que la peur change de camp» : Philippe en opération de déminage devant le Sénat

«Je ne veux pas que la peur change de camp» : Philippe en opération de déminage devant le Sénat© Ludovic Marin Source: AFP
Edouard Philippe et son ministre de l'Intérieur en conférence de presse au sujet du rapport police/citoyens à Evry le 9 juin (image d'illustration).

Le Premier ministre a pris la parole concernant les mises en cause des forces de l'ordre par le mouvement «Black lives matter». Désavouant à demi-mot son ministre de l'Intérieur devant les sénateurs, il s'est montré plus doux avec les policiers.

«Je ne veux pas que la peur change de camp, je ne veux pas que la présomption passe de celui qui trouble l'ordre public à celui qui le défend», a affirmé Edouard Philippe le 10 juin devant les sénateurs lors d'une séance de questions au gouvernement. Avant d'ajouter : «Si nous acceptons cette facilité de l'esprit sous le coup de l'émotion, [alors] c'est un basculement de la République qui intervient [et] le basculement de la République, quand je vois cela, je me dis qu'il n'est pas si loin.»

S'il a jugé l'émotion «légitime», il a aussi parlé de «facilité», et refusé que le débat «intense et délicat» de la formation et des missions de la police soit «comme confisqué par des prises de position théâtrales, par des raccourcis ou des amalgames [...] avec des situations qui se dérouleraient ailleurs.» Une allusion manifeste du Premier ministre à la décision gouvernementale de supprimer la prise par le cou de l'éventail technique que peuvent déployer les forces de sécurité intérieure françaises, en conséquence notamment de la mort de George Floyd aux Etats-Unis au cours de son interpellation le 25 mai.

Le chef du gouvernement a défendu une «ligne d'équilibre» pour être «respectueux» et «exigeants» vis-à-vis «des femmes et des hommes qui font vivre à la police nationale et la gendarmerie.»

Edouard Philippe avait déjà cherché la veille à calmer la polémique concernant les questions du racisme et des violences au sein de la police et de la gendarmerie nationale, l'affaire Floyd ayant permis un renouvellement médiatique de l'affaire Adama Traoré, mort dans une gendarmerie en 2016.

Le Premier ministre avait appelé au «respect et à la confiance» face aux policiers à Evry lors d'une visite en compagnie du ministre de l'Intérieur. Il avait aussi souligné que les forces de sécurité intérieure se trouvent «en première ligne» pour «nous protéger tous», malgré un contexte «redoutablement difficile»... Mais il avait aussi ajouté : «Nous avons également un devoir d'exigence vis-à-vis d'elles.»

Castaner désavoué à demi-mot par le Premier ministre ?

Alors que Christophe Castaner rencontre les organisations syndicales majoritaires de police nationale ce 11 juin et les autres le lendemain pour tenter d'apaiser les tensions suscitées par les propos, parfois perçus comme maladroits, qu'il a tenus à l'endroit des policiers nationaux ces derniers jours, les dernière prises de parole du Premier ministre sur le même sujet sonnent presque comme un désaveu envers le ministre de l'Intérieur.

Christophe Castaner aura fort à faire s'il cherche à regagner la confiance des policiers nationaux. Ceux interrogés par RT France étaient unanimes dans leur condamnation des dernières prises de parole du ministre de tutelle : la colère gronde à nouveau dans les rangs policiers. Et certains d'entre eux produisent à présent des rapports pour marquer leur désapprobation.

D'autres critiquent le choix d'abandonner la clef de cou au profit du pistolet à impulsion électrique. Surtout, le terme de «soupçon avéré d'acte ou de propos raciste» de la part de leur ministre est très mal passé. Un rassemblement a d'ailleurs eu lieu à Nice le 10 juin afin signifier le grand ras-le-bol de la profession ainsi qu'on peut le voir sur ces images, place Masséna en plein centre de la ville. Les policiers ont notamment symboliquement jeté leurs menottes au sol.

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