Infox, menaces de mort, Gilets jaunes : quand un journaliste de France Inter se prend pour un juge

En interviewant Xenia Fedorova, présidente de RT France, un journaliste de France Inter a laissé entendre que les menaces de mort dont l'équipe de la chaîne est victime pourraient être le résultat de sa couverture du mouvement Gilets jaunes.

Que RT France soit surveillé de très près par le CSA et certains médias français n'est pas nouveau. Entouré de nombreux mythes concernant son fonctionnement, notre média est souvent la cible préférée de plusieurs hommes et femmes politiques, ainsi que de certains journalistes. Toujours ouverte pour répondre aux questions des médias, la présidente de la chaîne, Xenia Fedorova, a accepté de rencontrer Philippe Reltien de France Inter. Au menu de leur entretien: les menaces contre les journalistes de la chaîne, la couverture du mouvement des Gilets Jaunes, ainsi que le climat politique en France. Un entretien qui a vite dérapé vers des accusations non fondées et un procès d'intention. A commencer par une hypothèse selon laquelle les menaces de mort dont l'équipe de RT France a été victime pourraient être le fruit de son travail. Nous avons ainsi décidé de vous faire découvrir l’intégralité de cet entretien.

Philippe Reltien : Ce qui m’intéresse, je n’ai pas envie d’être dans un combat avec vous, j’ai envie d’entendre des informations, de ce que vous ressentez. Je vais essayez dans tous cas. Moi je ne suis pas Larry King.

Xenia Fedorova : Ecoutez, avec Larry King je pense que c’est plus facile. Alors je ne parle pas de vous, parce que je ne vous connais pas, mais quand on parle de Radio France, déjà plusieurs fois j’ai entendu des choses pas vraiment très honnêtes au sujet de RT France. Donc on a même demandé un droit de réponse, parce que ça se passe comme ça en France.

P.R. : Bien, donc on comprend que le terrain en France n’est pas très amical avec vous. Vous avez un porte-parole du gouvernement qui dit que vous êtes exclus de la salle de l’Elysée, parce que vous faites de la propagande. C’est ça l’accusation. Et puis, en même temps vous recevez des menaces de mort. Alors, moi j’ai envie de vous poser la question, elle est un peu brutale, mais je vais vous la poser gentiment. Vous n’avez pas l’impression que vous êtes en train de récolter ce que vous avez semé ? Que vous êtes responsable de ce qui se passe maintenant ?

X.F. : Responsable des menaces de mort ? Sommes-nous responsables du fait que nos journalistes sont harcelés et menacés de mort ?

P.R. : Oui, est-ce le résultat de votre agressivité qui a précédé ces menaces ?

X.F. : Alors on peut aussi se demander si Charlie Hebdo a réellement provoqué les menaces de mort et ce qui lui est arrivé avec ses publications, je ne pense pas qu’un journaliste soit responsable d’aucune menace de mort. Je pense que les journalistes doivent avoir le droit de faire leur travail et moi, personnellement, je condamne toutes les menaces et toute violence contre des journalistes, ils sont censés être libres.

P.R. : Donc la question c’est… à poser autrement… Est-ce que vous avez l’impression que vous êtes «victimisés» ? C’est-à-dire que vous êtes ciblés parce qu’on a décidé de vous montrer officiellement comme des agents de la propagande de Moscou ?

X.F. : Je ne sais pas, honnêtement, je pense qu’il y a beaucoup de choses que le gouvernement a dites contre nous, de nous, que nous sommes pas les journalistes, que notre chaîne fait de la propagande. On n’a reçu aucun exemple. Nous n'avons reçu aucun exemple du type d'informations fausses, de fake news ou de propagande que nous faisons. On a entendu Benjamin Griveaux et les autres représentants du gouvernement. Mais on n’a jamais fait des fake news, nous avons des journalistes français avec des cartes de presse, nous travaillons avec l’accord du CSA. On fait notre travail chaque jour et on a demandé plusieurs fois, quels sont les fake news dont vous parlez, on ne nous a jamais donné d’exemple.

P.R. : Moi, je vais vous en donner un, parce que je lis la presse américaine, qui a même alerté le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale et qui a mené une enquête qui continue sur un fait précis : Sputnik, RT, mais aussi Ruptly ont diffusé les vidéos des policiers qui enlevaient leurs casques. Et c’était à la une à Moscou, je le sais, c’était le titre à la télévision nationale à Moscou, c’était «la police française change de camp, solidaire avec les Gilets jaunes». Est-ce que vous avez fait, parce que c’est important aussi, est-ce que vous avez fait votre autocritique ?

X.F. : Alors maintenant on parle de RT France, non ? Et vous parlez de quelle chaîne en Russie?

P.R. : Non, mais les images viennent d’ici !

X.F. : Si j’ai bien compris, vous voulez dire que les images… et que nous avons dit que c’était des policiers solidaires avec les Gilets jaunes ?

P.R. : Oui, c’est ça, les policiers sont solidaires avec les Gilets jaunes. Je vous explique ce qui est écrit, Bloomberg reproche à RT France et Sputnik d’utiliser les images des policiers qui enlèvent leurs casques et de donner cette interprétation fausse «ils sont solidaires des Gilets jaunes». Est-ce que depuis vous avez changé l’interprétation ?

X.F. : Vous parlez de Ruptly ou de RT France, je ne comprends pas.

P.R. : Je parle de RT France. Je parle de Sputnik qui ont diffusé les images…

X.F. : Oui, mais moi, je ne travaille pas pour Sputnik, je travaille pour RT France et on peut parler, on peut discuter de RT France. Quel est l’exemple ? Examinons-le.

P.R. : C’est un cas très connu, c'était avant l'exclusion par M. Griveaux. En décembre vous avez pris des photos de policiers en train de retirer leur casques et votre interprétation a été la suivante : «ils changent de camp».

X.F. : Je n'en suis pas si sûre. J'aimerais voir exactement où RT France donne cette interprétation, ensuite nous pourrons discuter. S’il s’agissait là d’un des exemples de fake news que Benjamin Griveaux nous a donnés, je suis sûre que nos avocats l’ont déjà examinée. Et je l'aurais su. C’est un bon moyen d’essayer de me coincer sur quelque chose que je ne connais pas, je me sens un peu gênée de ne pas pouvoir vous donner d’exemple, mais je voudrais savoir exactement où cette vidéo a été mal interprétée. Regardons ensemble.

P.R. : Nous pouvons regarder ensemble, mais l’essentiel est la question de l’interprétation de la photo. Même si vous dites que vous n'êtes pas responsable d’avoir dit qu'ils changeaient de camp ici, à Moscou les mêmes images le font comprendre à votre public en Russie: «La police change de camp».

X.F. : D’abord, RT n'a pas de chaîne en russe pour le public russe.

P.R. : Je le sais! La télévision nationale utilise vos images.

X.F. : D'accord, mais comment puis-je être responsable de la télévision nationale dans n’importe quel pays ? Nous parlons de RT France et vous venez de reconnaître le fait que RT France n'a pas mal interprété les images.

P.R. : Non, je n’ai pas dit ça !

X.F. : Non, ce n’est pas ce que vous avez dit ?

P.R. : Parce que je ne peux pas le vérifier moi-même, mais l'avez-vous vérifié vous-même ? C’est la question de l’autocritique. Si vous me demandez de le faire, je peux le faire pour moi-même.

X.F. : Je pense que nous devrions vérifier cela ensemble. Et je pense qu’il est important de revérifier toutes les informations. Lorenzo [Lorenzo Ricci, responsable presse et communication de RT France] vérifie maintenant, il peut vous montrer ce qui est vrai. Je pense que ce que vous essayez de faire ici, avec tout respect qui vous est dû, c’est d’essayer de rendre RT France et moi-même responsables de toutes les images qui ont été distribuées en Russie.

P.R. : Pas seulement vous, mais aussi Sputnik …

X.F. : Sputnik et Ruptly aussi. Vous savez, cela montre en quelque sorte la manière dont les médias français traitent RT France – nous rendant responsables de tout ce que les autres médias distribuent où que ce soit. Ce qui est étonnant dans votre question du début, c’est que vous avez dit : «Croyez-vous que vous méritiez ces menaces de mort à cause de ce que vous publiez ?» Et après vous me citez l’exemple d’une autre chaîne qui distribue n’importe quelles images. Je trouve que c'est incroyable!

P.R. : Vous êtes dans le même groupe, pardonnez-moi. Russia Today et Sputnik. Il y a un côté dur et un côté doux. Vous êtes le côté doux.

X.F. : Non, c’est tout à fait faux. C’est l’une des choses que les médias français ont mal compris ! RT et Sputnik ne font pas partie du même groupe. RT France fait partie de RT. Et Sputnik ne fait pas partie de RT. Sputnik fait partie d’un autre groupe de médias appelé «Rossia Segodnya» qui est lié à RT, mais Sputnik et RT, ce n’est pas la même chose.

P.R. : Je viens de le dire et c’est à mon avis la bonne image, qu’il s’agit des deux visages identiques. Ce qui signifie que vous êtes ici pour observer ce qui se passe, «Oser questionner» c’est la devise de votre chaîne et «révéler les non-dits» [Telling the untold] est la devise de Sputnik. On a donc les deux visages de la Russie qui nous observent et nous espionnent et c’est peut-être la raison de la question.

Infox, menaces de mort, Gilets jaunes : quand un journaliste de France Inter se prend pour un juge
Le Groupe RT c'est 8 chaînes de télévision diffusées en plusieurs langues, plateformes numériques ainsi que l'agence internationale Ruptly

X.F. : Si vous me permettez, je ne pense pas que les journalistes soient des espions, le pensez-vous ?

P.R. : Non, certainement pas.

X.F. : Couvrir les événements n'est donc pas la même chose qu’espionner et vous, qu'est-ce qui vous rend si paranoïaque ? Vous savez, l'information est censée être libre et ouverte. Elle est censée être libre et très transparente, vous allez sur un site web et vous revérifiez. Vous avez vous-même admis que RT France n'avait pas mal interprété les images des policiers.

P.R. : Non, je n’ai jamais dit cela. J'ai dit que Bloomberg vous accusait d'avoir fait une fausse interprétation et de dire que la police changeait de camp.

X.F. : De nombreux médias portent des accusations contre nous, et avec chaque média, nous prenons des mesures légales. Ensuite, nous laissons la justice décider si l’accusation est juste ou fausse.

P.R. : Félicitations, d’ailleurs, car Avaaz, qui est une ONG américaine, a déclaré que plus de cent millions de personnes étaient «concernées» par vos vidéos, pas seulement vos vidéos, mais «concernées par la situation du mouvement des Gilets jaunes». Vous y jouez un rôle important et puis il y a les 4 millions de «J’aime» sur Facebook. C'est fantastique. C’est pour cela que certains vous accusent de cibler la France. Pourquoi ciblez-vous la France?

X.F. : Eh bien, ils peuvent nous accuser de ce qu’ils veulent, mais ce n’est pas le cas ! Pourquoi pensez-vous que les médias qui couvrent l'un des plus grands événements qui a lieu et qui se développe en France vise la France ? Comme vous l'avez peut-être vu il y a quelques minutes, lorsque Lorenzo vous a montré et décrit notre chaîne, elle regorge de journalistes français. Ils font leur travail tous les jours, alors quand vous dites «pourquoi visez-vous la France ?», Vous accusez en réalité ces journalistes. Et vous remettez en question leur professionnalisme en faisant des hypothèses qui ne sont absolument pas correctes.

P.R. : Oui, mais vous êtes responsables de l'angle, lorsque vous descendez dans les rues ! Regardez, j’ai simplement observé vos titres jeudi dernier sur votre site web : «Le Parlement européen ne veut plus de la Russie comme "partenaire stratégique"», «L’acte XVIII des Gilets jaunes».

X.F. : J'aime la voix que vous avez lorsque vous lisez mes titres. C’est incroyable, c’est comme si vous étiez en train de créer un drame autour des titres qui sont en fait des citations.

P.R. : Oui, c’est une citation et je vais la dire sur un ton neutre.

X.F. : Oui, s’il vous plaît.

P.R. : «Pour l'acte 18, des figures du mouvement déterminées à être plus radicales». Ceci étant avant les élections. C'est de la distorsion.

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X.F. : Je pense que vous sortez les choses de leur contexte. Si vous consultez l'article, pourquoi ne lisez-vous pas la nouvelle qui se trouve derrière le titre ? Les gens lisent des articles en entier, ils ne font pas que lire les titres, et vous ?

P.R. : Cela m'intrigue, je veux savoir. «Plus radicales» ? Quelle sera peut-être la tension sur les Champs-Elysées ?

X.F. : J'espère que non. Voyons comment le gouvernement de Macron agira à l’avenir. Mais pour le moment, nous n'avons vu que la police utiliser des armes extrêmes contre les Gilets jaunes. Je pense que ce qui vous dérange vraiment, vous et les autres journalistes, c’est le fait que RT invite sur son plateau et donne la parole aux personnes qui manifestent.

P.R. : Oh oui, vous donnez la parole à M. Drouet et il dit : «Oh, comme c'est bien Russia Today».

X.F. : Comme à M. Drouet. Comme aux représentants du gouvernement, ainsi qu’à M. Castaner et ainsi de suite. Nous donnons la parole à toutes les parties, n’est-ce pas ce qu’est le journalisme ? Pensez-vous que nous devrions censurer une partie des informations alors que c’est de cette façon que les médias français veulent que cela fonctionne ?

P.R. : Pensez-vous que la façon dont vous êtes ostracisés par les autorités françaises, dans la mesure où vous ne serez pas autorisés à couvrir les élections, c’est un moyen de vous «débrancher» ?

X.F. : Je ne le pense pas, je veux dire, il existe d’autres moyens de nous «débrancher». Par exemple, la nouvelle loi anti fake news qui a été adoptée récemment est un moyen de «débrancher» RT, s'ils le souhaitent. S'ils découvrent, tout comme vous, un éventuel lien avec des menaces potentielles pour les valeurs démocratiques, ils peuvent fermer notre chaîne. Oui, c’est ça l’idée, ils utilisent des moyens légaux pour nous arrêter. Je pense que les plaintes de Benjamin Griveaux et de tous les autres visent vraiment à discréditer notre travail et nos journalistes. Et cela doit être poursuivi et tranché par la justice.

P.R. : Pensez-vous que la violence que vous subissez maintenant en ligne, les discours de haine en ligne, est le résultat de cette mise en scène?

X.F. : Je pense que c'est le résultat de la couverture que les médias français ont faite de RT France, je pense à des gens comme vous, des journalistes expérimentés qui relient les points et tentent de créer une vraie dramaturgie autour de notre couverture, ce qui donne un espace à des gens qui sont peut-être mentalement instables et passent aux menaces. Malheureusement, c’est le cas.

P.R. : Oui, et vous évoquez une interprétation instable pour repousser la limite, parce que… je suis à la recherche d’un peu d'autocritique […] Nous avons deux policiers qui enlèvent leur casque, cela suffit-il pour dire que la police change de camp ?

X.F. : Nous n’avons jamais dit ça !

P.R. : Qu’avez-vous dit ?

X.F. : Nous pouvons regarder ensemble, tout est très transparent.

Des policiers retirent leurs casques face aux Gilets jaunes sous les applaudissements. Selon les informations du journal Sud Ouest, les policiers ont consenti à ce geste en échange d'un apaisement au moment où certains éléments violents menaçaient de prendre l'hôtel de ville palois. Mission réussie : les manifestants ont accepté de se disperser dans le calme par la suite. Selon le quotidien régional, de nombreuses dégradations ont cependant été constatées dans la ville de Pau après cet acte 3 de la manifestation des Gilets jaunes : «Quelques gilets jaunes ont tenté de dégonder la grille pour rentrer dans le bâtiment. Plusieurs manifestants ont également tagué l'hôtel de ville tandis que les pétards fusaient devant l'entrée.»

X.F. : D’accord, on pourrait peut-être prendre cet exemple. C’est l’incident que Bloomberg…

Lorenzo Ricci : Peut-être que Bloomberg l’a mal interprété.

X.F. : Franchement, je ne vous vois pas défendre notre média mais je crois que vous, en tant que journaliste expérimenté, pouvez effectuer une bonne recherche afin de déterminer qui a dit quoi.    

P.R. : D’accord. Alors, vous dites qu’«à Pau des policiers retirent leurs casques face aux Gilets jaunes sous les applaudissements». Bloomberg utilise cette info pour déclarer qu’il y a une distorsion dans cette interprétation. Nous devons admettre qu’au début, c’était vrai. Mais en fin de compte, à Moscou un titre dit : «La police change de camp». C’est une version mais pas de l’information !

X.F : Je suis désolée mais je ne sais même pas de quoi vous parlez. Quelle Moscou, quelle chaîne ? Ici, on parle de RT France. Vous m’avez demandé une rencontre, parce que vous vouliez discuter du média qui est basé ici.

P.R. : Ce que je veux dire, c’est que toutes les images et les vidéos que vous avez ici, sont partagées partout dans le monde et elles atteignent également Moscou, où votre président les utilisent pour dire : «Regardez ce qui se passe à Paris. Voulez-vous accepter des manifestations à Moscou? M. Lev Ponomarev, a passé 25 jours en prison, s’il vous plaît !»  

X.F. : Je suis sûre que ce n’est pas de RT France que le président obtient ces informations. D’autres sources leur fournissent des informations sur ce qui se passe dans le monde. Et ce que vous tentez de faire, c’est d’associer RT France à la situation politique et de nous rendre responsables de n’importe quelle politique de la Russie, qu’elle soit intérieure ou extérieure. Est-ce la bonne façon de traiter les choses ? C’est à cause des situations comme celle-ci qu’on reçoit des menaces de mort, parce que des gens comme vous ont tendance à relier entre elles des choses pourtant clairement distinctes afin de discréditer nos journalistes. Et je considère que c’est une honte.

P.R. : «Cessez le feu» - c’est ça la conclusion qu’il faut en tirer - avant les élections ?

X.F. : Qu’entendez-vous par là ? «Cessez le feu» ? Je ne comprends pas ce que vous essayez de me demander.

P.R. : Soyez un peu plus nuancée et un peu moins agressive.

X.F. : Je dénonce complètement les accusations d’agressivité portées contre RT France. Encore une fois, si vous regardez notre site, vous verrez que nos articles sont pondérés et, comme je l’ai mentionné, notre chaîne est diffusée avec l’accord du CSA – un organe qui nous surveille tous les jours et fait un suivi de toute préoccupation qu’ils pourraient avoir et cela est déjà arrivé une fois à propos de notre couverture de la situation en Syrie. Je crois vraiment que vous devriez laisser de côté votre russophobie, votre impression de la guerre froide et ouvrir réellement les yeux sur la situation. Nous sommes l’un des rares médias qui couvrent les actualités françaises avec un esprit ouvert, en donnant la parole à toutes les parties.    

P.R. : Samedi prochain, verra-t-on plus d’actes de radicalisme ?

X.F. : Comment pourrais-je le savoir ? Nous sommes là pour couvrir les événements et si ça devient violent, on en parlera. Tout comme nous l’avons fait samedi passé. Et, encore une fois, le titre attire votre attention mais il faut prendre en compte l’intégralité de l’article, lire le texte. Vous sortez des choses de leur contexte, comme vous le ferez – j’en suis certaine – avec mes propos, en les sortant de leur contexte pour les utiliser dans votre interview. Et vous devez savoir que nous enregistrons toujours les interviews, parce qu’après on fait souvent face à des fausses interprétations. Nous l’utiliserons plus tard sur notre site pour rendre compte de la conversation que nous avons maintenant. Il est important, me semble-t-il, que vous voyiez la situation dans son ensemble, sans sortir de petits bouts de leur contexte.

P.R. : Que voulez-vous dire par : on va utiliser cette interview…

X.F. : Malheureusement, il arrive très souvent que, lorsque j’accorde des interviews à d’autres journalistes, je voie qu’ils détournent mes propos. Nous sommes donc obligés d’enregistrer toutes les interviews et ensuite, si nous voyons que mes propos ont été mal interprétés, je me dois, malheureusement, de pouvoir en parler.

P.R. : Vous êtes donc le miroir de mes imperfections !

X.F : Je n’oserais pas vous déstabiliser. Je suis sûre que vous maîtrisez parfaitement bien l’ensemble de vos questions. J’espère que mes réponses pourront au moins légèrement satisfaire votre intérêt.

P.R. : Merci beaucoup.

X.F. : Je vous en prie.  

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