Semelles coupées, brimades... : Oxfam dénonce l'attitude des policiers français avec les migrants

Semelles coupées, brimades... : Oxfam dénonce l'attitude des policiers français avec les migrants© JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET Source: AFP
Des migrants attendent à la frontière franco-italienne près de Vintimille, en juin 2015

Moqueries, manque d'humanité ou encore détention illégale : l'ONG britannique Oxfam a publié un rapport qui dénonce les «abus» de la police française contre les migrants près de la frontière avec l'Italie, à Vintimille.

En pleine période de tensions entre la France et l'Italie autour de la question des migrants, l'ONG britannique Oxfam a rendu public un rapport intitulé «Nulle part, et dehors», dont les conclusions se révèlent très critiques à l'égard du comportement de la police française à la frontière franco-italienne, près de Vintimille.

Depuis que les autorités françaises ont renforcé les contrôles aux frontières avec l'Italie en 2015, l'ONG soutient qu'il est devenu difficile pour les demandeurs d'asile d'entrer dans le pays. Et selon Oxfam, les enfants sont souvent victimes «d'abus» par une police française qui ne les reconnaît pas comme demandeurs d'asile et ne leur permet pas d'avoir un interprète ou un traducteur.

Ceci aurait pour conséquence de contraindre des centaines de jeunes migrants à «dormir sur des aires d'autoroutes», parfois sans accès à de l'eau potable, à un abri ou à un un endroit chauffé. «Les policiers français ne respectent pas les normes internationales. Ils se moquent des enfants, les maltraitent [...] Certains se sont fait couper la semelle de leurs chaussures avant d'être renvoyés en Italie», affirme ainsi Chiara Romagno, responsable du projet OpenEurope d'Oxfam à Vintimille.

Des enfants comme des adultes seraient même parfois brièvement détenus par la police française sans qu'il leur soit fourni la moindre nourriture, ni aucune couverture, et sans qu'ils soient informés des motifs pour lesquels ils ont été arrêtés. Une détention de laquelle il ne resterait aucune trace puisqu'elle se ferait sans l'émission de document ou de déclaration officielle.

Téléphones portables confisqués

«Les policiers leur crient dessus, se moquent d'eux, les poussent et leur disent : "Vous ne traverserez jamais ici". Certains enfants se font confisquer leur téléphone portable desquels la carte SIM est retirée : ils perdent toutes leurs données et leur répertoire téléphonique. Ils ne peuvent même plus contacter leurs parents», dénonce auprès d'Oxfam Daniela Zitarosa, qui travaille pour l'organisation humanitaire Intersos.

Michael, 15 ans, originaire du Darfour, a raconté à l'ONG les détails de sa rencontre avec la police française alors qu'il tentait de traverser la frontière : «Les policiers nous ont fait descendre du train, ils nous ont bousculé et nous ont crié dessus, puis ils nous ont poussés dans une camionnette, dans le parking de la gare.» Michael a reçu un document de refus d'entrée sur le territoire, avant d'être ramené en Italie sans aucune explication.

Près de 16 500 réfugiés et migrants sont bloqués près de Vintimille en Italie, à 7 kilomètres de la frontière française, selon Oxfam. Un quart de ces personnes sont des enfants, principalement en provenance du Soudan, de l'Erythrée et de l'Afghanistan. La majorité de ces mineurs seraient âgés de 15 à 17 ans, mais certains seraient bien plus jeunes, précise encore le rapport de l'ONG.

La publication de ce dernier intervient alors qu'un début de crise avait éclaté entre la France et l'Italie, notamment à cause des critiques formulées par Emmanuel Macron sur la décision italienne de ne pas laisser accoster dans l'un de ses ports le bateau Aquarius et ses 629 migrants. Après une rencontre entre le chef de l'Etat français et le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, le 15 juin, les deux Etats ont finalement trouvé un terrain d'entente, se disant favorables à l'établissement de centres européens de l'autre côté de la Méditerranée.

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