«Des centres dans les pays de départ» : l'idée de Conte qui rappelle la promesse avortée de Macron

«Des centres dans les pays de départ» : l'idée de Conte qui rappelle la promesse avortée de Macron© Francois Mori
Emmanuel Macron et Giuseppe Conte le 15 juin

Lors d'une conférence de presse, Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont dit être favorables à l'établissement de centres européens de l'autre côté de la Méditerannée. Un projet qui rappelle les «hotspots» promis par Emmanuel Macron pour l'été 2017.

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, et le président français Emmanuel Macron se sont rencontrés ce 15 juin à Paris, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays. A l'occasion de cette rencontre, ils se sont dits favorables à ce que l'Europe se dote de centres européens dans les pays de départ des migrants voulant rejoindre l'Europe, pour tenter de réguler le flux d'arrivées. 

«Nous devons créer des centres européens dans les pays de départ» des migrants avant qu'ils ne se lancent dans la traversée de la Méditerranée, a déclaré Giuseppe Conte au cours d'une conférence de presse commune avec Emmanuel Macron qui a suivi leur rencontre. Il a également souhaité des «missions des agences [européennes] en charge de l'asile de l'autre côté de la rive».

Cette prise de position n'est pas sans rappeler la déclaration faite par Emmanuel Macron, lors d'une visite d'un centre pour réfugiés à Orléans, en juillet dernier. Il avait alors annoncé la création de centres d'examen pour migrants en Libye. «L'idée est de créer en Libye des hotspots afin d'éviter aux gens de prendre des risques fous alors qu'ils ne sont pas tous éligibles à l'asile. Les gens, on va aller les chercher. Je compte le faire dès cet été», avait-il alors expliqué. Ces paroles n'ont toutefois pas été suivies d'effet.

Après cette annonce faite avec fracas, le président de la République avait tout d'abord fortement nuancé sa proposition. Au terme d'un délicat et subtil exercice de communication, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, avait fini par se charger d'annoncer, dans un entretien accordé au JDD : «Ce type d'initiatives ne peut pas actuellement être envisagé en Libye, compte tenu de la situation du pays.» A la place, l'Elysée avait décidé de développer des missions de l'OFPRA : les premières «dans les pays sûrs en Afrique», les autres en Italie, pour apaiser les tensions franco-italiennes autour de la question migratoire qui défrayaient déjà la chronique à l'époque.

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Ce 15 juin, l'Italie a en outre annoncé, par la voix de Giuseppe Conte, qu'elle présenterait ses propres propositions pour réformer la prise en charge des demandeurs d'asile et la politique migratoire de l'Union européenne d'ici à la fin de l'année. Le président du Conseil a cependant assuré qu'il était sur la même ligne qu'Emmanuel Macron concernant l'orientation de la politique migratoire.

Les deux hommes ont profité de cette conférence de presse pour annoncer que l'incident déclenché par les propos d'Emmanuel Macron au sujet de l'Aquarius était clos. Les deux dirigeants ont appelé à une «réponse collective européenne» aux défis que pose la crise migratoire.

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