Connivence ? Les dessous embarrassants de l'interview d'Emmanuel Macron par Konbini

Connivence ? Les dessous embarrassants de l'interview d'Emmanuel Macron par Konbini© Capture d'écran, vidéo youtube de Konbini
La vidéo polémique d'Emmanuel Macron, interviewé par une responsable en communication de Konbini

Arrêt sur Images a enquêté sur une interview exclusive pour Konbini du président de la République au Niger. Jugée complaisante, l'intervieweuse s'avère être une ancienne conseillère en communication sous la présidence Hollande.

Le site d'infotainement Konbini a eu l'opportunité d'approcher en exclusivité le président de la République, lors d'un dîner de réveillon de Noël au Niger, en compagnie des militaires français de l'opération Barkhane. Aucun autre média, empêché par le service d'ordre, ne pouvait alors aborder Emmanuel Macron. 

Dans sa vidéo diffusée le 24 décembre, Konbini offre deux minutes d'interview qu'il est difficile de ne pas qualifier de complaisante, c'est, en tout cas, le jugement qu'ont émis de nombreux internautes et journalistes.

Jusque-là rien de bien surprenant, les interviews accordées par Emmanuel Macron étant souvent accusées d'être proches de l'exercice de communication, sans questions ni relances fâcheuses. Dernièrement, c'était Laurent Delahousse qui avait été vivement critiqué pour son entretien diffusé le 17 décembre.

On est consternés

Néanmoins, le site Arrêt Sur Images a mené enquête afin de savoir pourquoi Konbini, une plateforme internet qui mêle actualité people et culturelle, buzz en tout genre et informations politiques, avait obtenu une telle exclusivité.

D'après le site, qui a publié un article sur le sujet le 27 décembre, le mérite reviendrait à Ariane Vincent qui, selon son CV publié sur le réseau social professionnel Linkedin, est rédactrice en chef du service politique de Konbini et également sa directrice de communication, un mélange des genres un brin particulier.

En outre, on y apprend qu'Ariane Vincent a, par le passé, travaillé pour différents services de communication du candidat à l'Elysée Hollande puis du gouvernement sous sa présidence, jusqu'en mai 2015. Ce qui peut laisser penser qu'Emmanuel Macron ne lui est pas totalement inconnu, celui-ci ayant été secrétaire général adjoint du cabinet du président de mai 2012 à juillet 2014, puis ministre de l'Economie d'août 2014 à août 2016.

Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, Arrêt sur Images dévoile en outre que le co-fondateur du site Konbini, David Creuzot, «faisait [...] partie de la délégation française qui accompagnait le chef de l'Etat lors de son déplacement» en Afrique, en novembre dernier. Une présence qu'a confirmée l'Elysée, qui ajoute que «Konbini voulait se développer en Afrique», selon des propos relayés par Arrêt sur Images.

Des fautes de communication de la part de Konbini ?

La promotion par Konbini de son interview vidéo d'Emmanuel Macron au Niger a également contribué à susciter le malaise. Sur Twitter, Konbini a sollicité une réaction... de l'Elysée. Le parti créé par Emmanuel Macron, La République en marche (LREM), et le porte-parole de la présidence de la République, Bruno Roger-Petit (lui-même ancien journaliste), ont d'ailleurs retweeté la publication.

Connivence ? Les dessous embarrassants de l'interview d'Emmanuel Macron par Konbini© Capture d'écran Twitter

Face à la polémique enflant sur les réseaux sociaux ces derniers jours, Ariane Vincent a tenté une contre-attaque le 28 décembre, ciblant Arrêt sur Images. Elle dévoile ainsi sur Twitter que Robin Andraca, l'auteur de l'article critique, avait postulé au mois de novembre pour rejoindre la rédaction de Konbini. Elle menace en outre de révéler le contenu des mails de sa candidature et met en copie de son tweet le directeur d'Arrêt sur Images, Daniel Schneidermann.

Robin Andraca ne s'est pas démonté, répondant laconiquement : «Et comme pour mon article, je n'ai pas eu de réponse de votre part.»

Nombre d'internautes prenant la défense du journaliste d'Arrêt sur Image, Ariane Vincent a par la suite admis qu'elle venait de faire là une bourde, avouant que la discussion «aurait dû rester privée».

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