Laurent Wauquiez écarte son poulain Aurane Reihanian après ses propos sur la PMA et les musulmans

Le volubile Aurane Reihanian, président des Jeunes avec Wauquiez, semblait proche de prendre la tête des Jeunes LR, mais le nouveau président des Républicains a mis à distance son lieutenant, auteur d'interviews controversées.
Les dernières saillies du jeune Aurane Reihanian, président des Jeunes avec Wauquiez lui auront valu d’être écarté par son mentor qu'il a aidé à décrocher son poste de président des Républicains, selon des informations du Journal du dimanche.
Notre combat pour une élection à la tête des #JeunesRépublicains commence à porter ses fruits. Le mérite et la légitimité doivent l'emporter ! Nous restons actifs et vigilants pour la suite. pic.twitter.com/juRKA11lBO
— Jeunes de Retour (@JeunesdeRetour) 17 décembre 2017
Le jeune homme de 24 ans avait déclenché un tonnerre de protestations lorsque Libération cite ses propos dans son portrait : les enfants nés de PMA «ne devraient même pas exister». Après parution, le jeune homme prétend avoir parlé de GPA, ce que la journaliste contredit.
🗞Ma position est tronquée par @libe : je suis contre la PMA pour les couples de mêmes sexes car elle entraînera de facto la GPA [1/2]
— Aurane Reihanian (@auraneReihanian) 13 décembre 2017
🗞En revanche suis évidement pour la reconnaissance légitime des droits des enfants issus d'une PMA et GPA qui doivent vivre dignement [2/2]
— Aurane Reihanian (@auraneReihanian) 13 décembre 2017
Ils ne brûlaient pas des voitures comme leurs enfants
Avant cette bourde, il lui était reproché des propos controversés dans le magazine Médiapart le 3 décembre : «La première génération de musulmans, ils ont bossé. Ils ne brûlaient pas des voitures comme leurs enfants». Cette fois encore, il a assuré que ses propos ont été réécrits. «Je n’ai pas prononcé cette phrase de la sorte. L’idée était de vous expliquer que les musulmans de la première génération avaient travaillé et s’étaient intégrés sans avoir de revendications communautaristes et sans sombrer dans la délinquance et qu’à cette époque, on ne brûlait pas des voitures» a-t-il écrit pour sa défense dans un mail adressé à Mediapart.
Mais malgré ses justifications, ses propos ont fait un tollé, y compris dans les rangs des jeunes LR froissés par la rumeur concernant la nomination automatique d’Aurane Reihanian à la tête du mouvement jeunesse de la droite, à laquelle il semblait promis. Ils ont adressé le 4 décembre un courrier à la Haute autorité des Républicains pour protester. Ils ont rappelé les règles de la fédération dont un article stipule que le président des Jeunes Républicains doit être élu par suffrage universel direct. Ils ont assuré être indépendants du mouvement «Les Républicains» et se distancier des «propos inqualifiables» tenus dans Médiapart.
❗️⚠️ Nous venons de saisir la Haute Autorité pour que l'image de l'ensemble des #JeunesRépublicains ne soit pas associée à un seul - et pour rappeler l'obligation règlementaire d'une élection #JeunesdeRetourpic.twitter.com/wwumqMkM8s
— Jeunes de Retour (@JeunesdeRetour) 4 décembre 2017
Aurane Reihanian, né d’un père manutentionnaire arrivé d'Arménie en 1979 et d'une mère éducatrice de gauche, a fait ses études à l’Université d’Assas à Paris. Après un CDD de collaborateur parlementaire à l'Assemblée nationale, il intègre le cabinet de Laurent Wauquiez en 2016 et mène campagne pour lui.
Devenu président des Jeunes avec Wauquiez, il a rapidement créé une cinquantaine de comités locaux, et souvent pris la parole dans les médias au nom des jeunes LR, suscitant l’irritation d’autres militants. Il s'est fait connaître pour ses positions très conservatrices et son attachement aux thèmes identitaires et sécuritaires. Son efficacité et son ambition ont froissé quelques susceptibilités, qu’il semble payer aujourd’hui en sus de sa maladresse avec la presse.
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