Election à la présidence des Républicains : un nouveau souffle pour le parti ?

Election à la présidence des Républicains : un nouveau souffle pour le parti ?© JOEL SAGET, LOIC VENANCE, Fred TANNEAU Source: AFP
Maël de Calan, Florence Portelli, Laurent Wauquiez. Tous les trois prétendent à la présidence des Républicains.

La débâcle de la présidentielle 2017 toujours en tête, Les Républicains ont élu ce 10 décembre un nouveau président. S'il ne fait pas l'unanimité, Laurent Wauquiez l'a largement emporté dès le premier tour. Cette élection soudera-t-elle le parti ?

Le premier tour de l'élection à la présidence des Républicains a eu lieu ce 10 décembre. Grand favori de ce scrutin, Laurent Wauquiez l'a emporté avec 74.64%, devançant largement ses deux outsiders, nettement moins médiatiques, : Florence Portelli, ancienne porte-parole de François Fillon (16,11%), et le juppéiste Maël de Calan (9,25%). 

Laurent Wauquiez prend donc la tête d'un parti plus désuni que jamais. La déroute de la présidentielle 2017, considérée par certains commentateurs politiques comme une élection pourtant «imperdable» pour la droite, a plus que jamais fracturé le parti. Pour relever Les Républicains, l'ancien poulain de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez, a clairement fait campagne sur une ligne de droite dure que d'aucuns considèrent comme une ouverture vers l'électorat d'extrême droite. Ainsi Jean-Louis Debré, fidèle lieutenant de Jacques Chirac au temps du RPR puis de l'UMP, a reproché au parti «d'aller faire des mamours à l'extrême droite». «Un jour on finira par préférer l’original à la copie», a-t-il regretté sur France Info le 8 décembre. Durant cette campagne, Laurent Wauquiez s'est notamment fait remarquer pour ses positions critiques sur l'Union européenne et pour son slogan, répété tel un mantra, qui formule le désir d'«une droite qui soit vraiment de droite». 

Recevant tour à tour les soutiens du vaincu de la présidentielle 2017 François Fillon et de l'ancien président Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez a déjà prouvé qu'il savait jongler avec les différentes tendances de son parti. En effet, il a choisi comme bras droit, la libérale Virginie Calmels, l'ancienne protégée d'Alain Juppé, plutôt située sur l'aile centriste des Républicains.

Toutefois, des cadres avaient prévenu que si Laurent Wauquiez était élu par les militants, ils partiraient. C'est le cas de la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui s'est illustrée ces derniers jours pour avoir été présente aux meetings des deux adversaires de Laurent Wauquiez. Auparavant, elle avait évoqué «une implosion du parti» en cas de succès du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un sentiment partagé par l'ancien ministre Frédéric Lefebvre. Ce dernier, dans une tribune parue le 2 septembre dans le Huffington Post, appelait à l'unité face à «la droite sectaire de Wauquiez».

Et puis, comment ne pas voir le malaise au sein du parti lorsque se multiplient les défections et la création de micro-partis, dont les fondateurs sont des responsables LR. 

A l'Assemblée nationale, d'ailleurs, les «constructifs», rassemblés autour de Thierry Solère puis de Franck Riester, n'ont pas hésité à se rapprocher du parti du président Emmanuel Macron, en créant leur propre groupe parlementaire, alors que Laurent Wauquiez, lui, considère que «l'heure [de la droite] n'est pas à la compromission». Ces anciens LR, devenus trop proches du gouvernement, ont d'ailleurs été renvoyés du parti. 

Des renvois qui ont fait polémique au sein du parti. Le député Pierre Morel-A-L'Huissier, contacté en novembre par RT France, avait alors assuré : «Un parti qui exclut est un parti qui meurt.»

Le défi du nouveau président des Républicains sera donc de taille : celui de rallumer la flamme du rassemblement et de redonner une nouvelle jeunesse à un parti en difficulté.

Bastien Gouly

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