Prêtre égorgé par les terroristes de Daesh : la France «frappé une fois encore par la barbarie»

Source: Reuters

Ce 26 juillet deux individus ont pris cinq personnes en otage dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray au sud de Rouen. Les deux forcenés ont été abattus après avoir égorgé le prêtre. Une première lors d'une attaque terroriste en France.

A 9h30, le 26 juillet, en pleine messe matinale, deux hommes ont pénétré dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, petite commune normande de 29 000 habitants, au sud de Rouen. Ils ont alors pris en otage les cinq personnes qui se trouvaient à l'intérieur, le prêtre, deux religieuses et deux paroissiens. Selon Le Point qui cite des sources concordantes, les deux individus auraient crié «Allah Akbar» en pénétrant dans l'Eglise. 

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Le prêtre, âgé de 86 ans, a été égorgé par les assaillant et une deuxième victime sera grièvement blessée. Elle est encore à l'heure actuelle entre la vie et la mort. Les trois autres otages ont été évacués sains et saufs. Selon le témoignage de l'une des rescapées, les deux terroristes auraient obligé le prêtre à se mettre à genoux avant de l'égorger, filmant le tout. 

Les deux preneurs d'otage ont été abattus alors qu'ils tentaient de quitter l'église. Ils ont été neutralisés par la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Rouen et par le RAID, présents sur place. Une brigade de déminage a par la suite mené des vérifications pour s’assurer que le bâtiment n’avait pas été piégé et qu’aucun dispositif explosif n’avait été placé à l’intérieur ou autour de l’édifice.

La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie d’une enquête en flagrance confiée à la sous-direction antiterroriste et à la Direction générale de la sécurité intérieure.

François Hollande, rapidement présent sur les lieux avec Bernard Cazeneuve, dénonce une attaque réalisées par «deux terroristes se réclamant de Daesh».

Par son agence de presse, Amaq, l'Etat islamique a confirmé quelques minutes plus tard les affirmations du président de la République en revendiquant cette attaque, affirmant  qu'elle avait été conduite par «ses soldats».

Selon l'AFP et des sources proches de l'enquête, l'un des deux auteurs de la prise d'otages serait connu des services antiterroristes.

Il avait tenté de rallier la Syrie en 2015 et avait été, à son retour, mis en examen pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et placé en détention provisoire, avant d'être libéré avec la contrainte de porter un bracelet électronique.

Condamnation unanime des responsables politiques et religieux 

«Nous sommes face à un groupe, Daesh, qui nous a déclaré la guerre. Nous devons mener cette guerre, par tous les moyens, dans le respect du droit, ce qui fait que nous sommes une démocratie», a déclaré le président de la République, François Hollande. 

Nicolas Sarkozy, président du Parti Les Républicains (LR), a quant à lui appelé les Français à être «impitoyables». «L'émotion de la Nation est immense», a-t-il souligné. 

La classe politique dans son ensemble a témoigné de son émotion et de sa colère après cet acte terroriste. De gauche à droite, la plupart des personnalités politiques ont fait part de leur émotion face à ce nouvel acte terroriste qui touche le sol français. Les représentants français et étrangers des différentes religions ont aussi exprimé leur peine et leur solidarité à l'égard des victimes. 

Dans un communiqué, le Pape a dénoncé «un meurtre barbare» et condamné «de la manière la plus radicale toute forme de haine». Le Saint-Père demande aux catholiques français d'observer le 29 juillet, une journée de jeûne et de prières.

«L'innommable arrive», a déclaré l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, depuis Cracovie en Pologne où il assistait à l'ouverture des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Le prélat devait rentrer dans l'après-midi en France et être reçu à l'Elysée dans la soirée.

Exprimant «sa solidarité aux catholiques de France», le Conseil français du culte musulman a dénoncé quant à lui un «acte horrifiant et terrifiant», appelant «les responsables des différents cultes à se rencontrer, échanger et combattre les discours de haine». 

Enfin, Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) s'est déclaré pour sa part «horrifié» par l'attaque de l'église, déplorant un «assassinat odieux» qui «marque une nouvelle étape dans la progression du terrorisme en France».

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