Ex-agent de la CIA : L’Amérique en guerre sur «le chemin que doit prendre le pays»

Ex-agent de la CIA : L’Amérique en guerre sur «le chemin que doit prendre le pays»© Jose Luis Gonzalez Source: Reuters
Une séction du mur sur la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique

De la construction d’un mur sur la frontière mexicaine à la fermeture des villes sanctuaires, il y un clivage énorme au sein de la population sur ce que les Etas-Unis devraient faire, indique Philip Giraldi, ancien agent de la CIA .

Le président américain Donald Trump a annoncé que la construction d'un mur sur la frontière mexicaine commencerait immédiatement. La barrière censée empêcher l'entrée d'immigrés clandestins était l'une des promesses clés de sa campagne électorale.

RT : Donald Trump avait promis de construire un mur à la frontière avec le Mexique, tout le monde ne croyait pas qu'il allait le faire. Etes-vous surpris qu'il le fasse ?

Philip Giraldi (P. G.) : Je pense que tout cela est symbolique et que la décision de commencer à construire le mur peut donner lieu à un processus qui prendra un certain temps. Ils n'ont pas vraiment d'argent pour tout cela et l’allégation qu’ils seront en mesure d’obtenir l’argent du Mexique est ridicule. Je soupçonne qu'il y a beaucoup de politique dans tout cela et que ce projet avancera probablement à une allure d’escargot.

RT : On n'a aucune indication sur le financement de la construction du mur. Qui va payer ? Donald Trump peut-il obtenir de l'argent du Mexique.

P. G. : Il n'y a aucune raison d'obtenir cet argent du Mexique, à moins qu'il y ait un tour de passe-passe comptable qui indique qu'un quelconque flux d'argent est déjà passé ou n'est pas passé. Je n'y crois pas une seconde.

L'idée d'arrêter cette affaire des villes sanctuaires est très populaire aux Etats-Unis

RT : Dans son décret, Donald Trump a également promis d'arrêter le financement des villes sanctuaires, autrement dit, celles qui accueillent des réfugiés. Pensez-vous qu'il va y avoir une forte réaction ?

P. G. : Je ne pense pas. Je pense que l'idée d'arrêter ce business des villes sanctuaires est très populaire aux Etats-Unis parce qu'il s'agit essentiellement de villes qui se disent réticentes à appliquer la loi. Ce serait comme si en Russie, Moscou décidait de ne pas appliquer certaines lois adoptés par la Douma. C'est tout à fait similaire. Ces villes-là annoncent qu'elles ne vont pas appliquer certaines lois, qu'elles vont le faire sélectivement. Je pense que la plupart des Américains s'y opposent.

Nous allons voir une hausse significative du nombre de renvois

RT : En général, comment, à votre avis, ces évolutions affecteront les relations entre les Etats-Unis et le Mexique.

P. G. : Je ne pense pas que cela aura un effet sérieux sur les relations américano-méxicaines, parce que beaucoup de gens qui sont expulsés ne sont pas des Mexicains. Mais je soupçonne qu’il y aura une réaction importante aux Etats-Unis des personnes qui ont été mises sous tension au sujet de l’immigration. Je pense que nous allons voir une hausse significative du nombre d'expulsions, s’ils parviennent à sécuriser la frontière à court terme, mais je suis sceptique.

RT : Dans son discours d'investiture, Donald Trump a souligné la nécessité d'«atténuer nos divisions». Des projets comme celui-ci ne risquent-ils pas de provoquer le contraire ?

P. G. : Certainement. Une guerre est en cours aux Etats-Unis sur les perceptions du chemin que doit prendre notre pays et quel genre de politiques il faudrait mettre en œuvre. Et il y a une ligne de division très nette entre deux parties. Je pense que cela rendra cette ligne encore plus nette.

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