Dossier fake news : «On observe une escalade persistante de la guerre froide avec la Russie»

Dossier fake news : «On observe une escalade persistante de la guerre froide avec la Russie»© Albert Gea Source: Reuters

D'après le politicien écossais Chris Bambery «Facebook ne laisse personne se dire qu’il y a une partie de l'élites qui n’aime pas Donald Trump et qui essaie de créer des difficultés dans les relations entre la future administration et la Russie».

RT.com, la branche anglo-saxonne de RT, a été bloquée le 19 janvier par Facebook sans avoir la possibilité de poster de vidéos, d'articles ni de GIFs sur le réseau social. L’interdiction, selon le bot' de Facebook, devait durer jusqu’au samedi 21 janvier 20h25 (heure de Paris) et serait donc effective pendant la cérémonie d'investiture de Donald Trump.

La raison invoquée par Facebook était que la chaîne russe avait été accusée – à tort – de ne pas disposer des droits nécessaires pour diffuser en FacebookLive la dernière conférence de presse de Barack Obama, le 18 janvier. Celle-ci était retransmise par de nombreuses médias quand la diffusion de RT a subitement été interrompue par une notification de Facebook, lui signalant qu’une infraction aux droits de diffusion avait été émise par «un éditeur de presse russe».

 

RT : La source qui a soi-disant alerté Facebook nie avoir soulevé la question des droits d'auteur. Associated Press a confirmé que RT possédait les droits de transmission. Pourquoi ne pas avoir remédier au problème plus rapidement ?

Chris Bambery (C. B.) : Il est vrai que c’est une grande entreprise médiatique. Je suis perplexe : Donald Trump va devenir président, et il est dépeint par beaucoup de médias et par des agences de renseignement comme un ami du président Poutine. Et pourtant, on observe une escalade persistante de la guerre froide avec la Russie, même quelques heures avant [son investiture]. Facebook est un géant transnational américain, et la transparence à l’égard de ce genre de choses n’est pas sa caractéristique première.

A l’idée selon laquelle RT est une sorte de mégaphone de Poutine, il faut répondre que tout média a un certain degré de partialité

Il ne laisse personne se dire qu’il y a une partie de l'élite qui n’aime effectivement pas Donald Trump, et qui essaie de créer des difficultés dans les relations entre la future administration et la Russie. Je dois dire qu’à l’idée selon laquelle RT est une sorte de mégaphone de Poutine, il faut répondre que tout média a un certain degré de partialité. Prenez ACME ou la BBC : leur couverture du Parti travailliste britannique avec Jeremy Corbyn était épouvantable, comme le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, dans lequel j’étais impliqué. C'était abominable et vraiment biaisé.

RT : Le problème de RT avec Facebook est arrivé un jour après le refus par le service d'alerte en ligne Dataminr de renouveler notre contrat. Avant cela, la CIA avait fait face à un déni d'accès et a dit que la même chose devait s'appliquer à RT, car nous serions prétendument liés au renseignement russe. Peut-on vraiment accepter de tels arguments ?

C. B. : Non, c'est une mauvaise comparaison. Si on suit ce principe selon lequel on est bloqué quand on est financé par l’Etat... la BBC est financée par le ministère britannique des Affaires étrangères – pourquoi ne seraient-ils pas, eux, bloqués ? Si tel doit être le critère, beaucoup de grandes agences médiatiques devraient être virés des réseaux sociaux.

La plus grande des «fake news» que j’ai vue était celle du dossier sur Donald Trump

RT : Lors du Forum économique mondial à Davos, une représentante de Facebook a réaffirmé l'engagement du site dans la bataille contre le phénomène des «fausses nouvelles». Que peut faire Facebook pour y remédier sans pénaliser les utilisateurs sincère de Facebook comme nous ?

C. B. : La plus grande des «fake news» que j’ai vu était celle du dossier sur Donald Trump. Ils n’ont pas eu l’air de vouloir bloquer cela, c’était partout sur Facebook. Je trouve cela assez bizarre. Je le répète : vous pouvez critiquer RT, vous pouvez critiquer n’importe quel média au monde. Premièrement car, bien sûr, ils font des erreurs de temps en temps – qu’ils corrigent heureusement très vite – et deuxièmement car il y a toujours un certain niveau de partialité.

Lire aussi : «Bluff total» : la Russie et WikiLeaks réfutent «le dossier» sur Trump et ses liens avec Moscou

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