«Si la Russie ne s’attaque pas Daesh, comment expliquer la libération de Palmyre ?»

© Omar Sanadiki Source: Reuters

Depuis février les Etats-Unis promettent de séparer les forces soi-disant modérées de celles du Front Al-Nosra, et n'ont toujours pas réussi à le faire, s’indigne Daniel McAdams, le directeur exécutif de Ron Paul Institut.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a qualifié les combats à Alep en Syrie de «pire catastrophe humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale». Il a ajouté que la Russie pourrait y mettre fin, mais ne le faisait pas, accusant Moscou de commettre tous les jours des «crimes contre l'humanité».

RT : John Kerry a accusé la Russie de se servir de la présence d'Al-Nosra et de Daesh en Syrie comme d’un prétexte pour apporter son soutien militaire à Bachar el-Assad. Est-ce vraiment l'attitude de la Russie ?

Daniel McAdams (D. M.) : Selon les déclarations du département d'Etat lui-même, à Alep-Est la Russie se bat contre l’Al-Qaïda. Ce sont aussi les Etats-Unis qui disent que ces soi-disant rebelles modérés et Al-Qaïda sont désespérément entremêlés.

Les Etats-Unis promettent depuis février de démêler ces soi-disant rebelles modérés d'Al-Qaïda, mais n'ont pas été en mesure de le faire. Les mots de Kerry n'ont donc aucun sens.

Les Etats-Unis continuent à prétendre qu'il y a un groupe de «modérés» qui peut transformer la Syrie en une démocratie exemplaire

Tout comme l'affirmation que la Russie ne se bat pas contre Daesh. Je crois avoir des souvenirs sur un petit endroit appelé Palmyre qui a été libéré de Daesh plus tôt cette année par la Russie – soit l’un des premiers pas dans la grande mission consistant à chasser Daesh. Donc, John Kerry se contredit. Il n’est tout simplement pas crédible dans ce qu'il affirme.

Les Etats-Unis continuent à prétendre désespéramment qu'il y a un groupe de «modérés» qui peuvent prendre le dessus en Syrie et la transformer en une démocratie exemplaire ou remplacer Bachar el-Assad. Le nœud du problème est le fait que, quand il est temps pour les Etats-Unis de faire pression [pour accomplir des choses] ou de se taire, ils ne sont pas en mesure de faire pression. Il y a un certain nombre de petits groupes soi-disant modérés – mais je me demande si Washington envisagerait la situation où un groupe aux Etats-Unis ayant utilisé des armes contre son propre gouvernement afin de le renverser, pourrait être considéré comme modéré aux Etats-Unis. Je pense que, probablement, non.

RT : Un slogan d’une publicité américaine : «la Marine américaine – une force mondiale qui se bat pour le bien». Les Etats-Unis ont récemment admis ne pas avoir ciblé Al-Nosra pendant des mois. Pensez-vous que ce soit une bonne stratégie pour assurer la paix dans le pays ?

D. M. : En ce qui concerne le slogan da la Marine : ils l’ont raccourci, le slogan complet étant «Une force pour le bien du complexe militaro-industriel». Ils ont dû le raccourcir pour qu’il corresponde au format d’un autocollant de voiture ! [rires] Mais les Etats-Unis ne peuvent pas lutter contre Al-Qaïda, car Al-Qaïda est mêlé au soi-disant modérés qui, je pense, sont en vérité des «licornes». La rencontre de John Kerry et Boris Johnson en est un autre exemple. Je pense que le secrétaire d’Etat américain veut faire changer Boris Johnson de rhétorique, réthorique qui a été très belliqueuse cette semaine.

L'hypocrisie de ce que les Etats-Unis considèrent comme le «droit international» est maintenant visible aux yeux de tous

Johnson a dit qu’il fallait des «zones d'exclusion aérienne» - quelque chose que son propre Premier ministre ne soutenait pas. Ce même Boris Johnson qui a salué la libération de Palmyre par la Russie plus tôt cette année, l'ayant trouvée d'une «précision impitoyable». Donc, je pense que John Kerry est allé à Londres pour retenir un peu Johnson et dire que ce n'était pas le chemin à suivre. Je pense que Boris Johnson était un peu trop enthousiaste en imitant le partenaire Washington

RT : Kerry vient de dire que l'Occident envisageait de nouvelles sanctions contre la Russie à cause de la crise à Alep ... mais n'est-ce pas l'Amérique qui fait dans l'ingérence militaire en Syrie, n'ayant pas reçu l'autorisation de Damas ?

D. M. : Eh bien, je pense que l'hypocrisie de ce que les Etats-Unis considèrent comme le «droit international» est maintenant visible aux yeux de tous. Mais John Kerry a également dit que c’était «la pire catastrophe depuis la Seconde Guerre mondiale», que les gouvernements russe et syrien ciblaient délibérément les hôpitaux et les civils à Alep-Est. Si mes souvenirs sont bons, il y a eu trois batailles pour Fallujah. A Alep quelque 500 personnes ont été tuées - des civils, je veux dire, et c’est terrible. Mais dans la première bataille de Fallujah en 2004, probablement 700-800 civils ont été tués. Il y a eu une autre bataille pour libérer Fallujah de Daesh, qui est apparu suite à l'invasion américaine de l'Irak plus tôt cette année, avec un nombre incalculable de civils tués. Donc, une fois de plus, c’est de l'hypocrisie. Il est normal de raser Fallujah parce que les terroristes y sont, mais on n'autorise pas [les Russes] à procéder ainsi à Alep-Est.

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