Ex-maire de Rome : la destruction par Daesh du patrimoine culturel est une tragédie souvent oubliée

© Omar Sanadiki Source: Reuters

Même si Daesh détruit le patrimoine de l'humanité, il y aura toujours quelqu'un de prêt à le restaurer, affirme l'ancien maire de Rome et ex-ministre italien de la Culture et du Tourisme, Francesco Rutelli.

En dehors de la lutte sanglante pour le contrôle du territoire et des ressources syriennes, une autre bataille est en cours : celle qui a pour ambition de sauver le patrimoine culturel du pays.

Des répliques de trois anciens monuments endommagés ou détruits par les terroristes de l'Etat islamique en Syrie et en Irak ont ​​été recréés pour une exposition sponsorisée par l'UNESCO au Colisée à Rome et y seront exposées jusqu'au 16 décembre.

Francesco Rutelli, ancien ministre italien de la Culture et du Tourisme, vice-premier ministre et maire de Rome en est l'un des commissaires.

D’après lui, cette «initiative très importante» a été soutenue par le gouvernement italien. La destruction du patrimoine culturel concerne l'humanité toute entière et c'est «une autre tragédie souvent oubliée» provoquée par la poursuite des combats en Syrie et en Irak.

Le temple de Bel à Palmyre, le taureau à tête humaine à Nimrud et les Archives royales de Ebla ont été reconstruits avec l'utilisation de technologies modernes, y compris des imprimantes 3D.

Nous devons nous rappeler que les terroristes ne devraient pas avoir le dernier mot, s'ils veulent détruire notre patrimoine commun, il y aura toujours quelqu'un de prêt à le restaurer 

«C’est un message universel. Lorsque nous discutons de ces terribles événements – cette guerre, ce conflit qui se poursuit en Syrie et l'occupation par Daesh d'une partie importante de l'Irak –, nous devons nous rappeler en même temps que les terroristes ne devraient pas avoir le dernier mot, ce qui signifie que s'ils veulent détruire notre patrimoine commun, il y aura toujours quelqu'un de prêt à le restaurer et à le reconstruire si nécessaire», a déclaré Francesco Rutelli.

D’après le fonctionnaire italien, il y a plusieurs raisons pour lesquelles Daesh était si hostile à l'égard des anciens monuments, même ceux qui n'avaient aucun rapport avec la théologie. Tout d'abord, il s’agit de terrorisme, a suggéré Rutelli.

Un grand nombre de musulmans avaient déclaré très clairement, à quel point il s’opposaient à cette destruction de monuments

En outre, ces actions avaient plus un sens symbolique que religieux. L'ex-ministre italien a souligné qu'un grand nombre de musulmans – y compris au sein du clergé et des hommes politiques – avaient «déclaré très clairement, à quel point il s’opposaient à cette destruction de monuments «folle et criminelle».

«Ils ont détruit des anciennes mosquées, ils ont détruit aussi des artefacts et du patrimoine islamique», a-t-il ajouté.

Le troisième but des terroristes était d'obtenir de l'argent grâce à la vente des antiquités volées. «Parfois les plus petits objets passaient en contrebande à travers les frontières, puis étaient mis en vente sur des marchés illégaux», a déclaré Francesco Rutelli.

La libération de Palmyre était une belle réussite obtenue par la coopération militaire avec la Russie

La ville antique de Palmyre a été contrôlé pas Daesh depuis le mois de mai 2015, jusqu’à ce qu’elle soit reprise par les forces gouvernementales syriennes, soutenues par les frappes aériennes russes au mois de mars 2016. Les démineurs russes et syriens ont désamorcé des milliers de mines laissées par les terroristes après leur départ. Cependant, les informations relatives à la prise de Palmyre par Daesh ont bénéficié, en Occident, d'une couverture médiatique plus importante que celles qui concernaient sa libération. RT a demandé à Francesco Rutelli quelle pourrait en être la raison.

«La communauté internationale doit toujours reconnaître les belles réussites. Je pense que la libération de Palmyre était une belle réussite obtenue par la coopération militaire avec la Russie, même si les relations entre la Russie et l'Occident connaissent une période difficile», a-t-il affirmé.

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