Responsable de l'Unicef : l’impact psychologique de la guerre en Syrie sur les enfants est énorme

Responsable de l'Unicef : l’impact psychologique de la guerre en Syrie sur les enfants est énorme© Alaa Al-Faqir Source: Reuters
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Près de quatre millions d’enfants syriens de moins de cinq ans n’ont connu que la guerre. La responsable régionale chargée de la communication à l'Unicef, Juliette Touma, s'indigne des violences d'un conflit qui n'épargne pas les plus vulnérables.

RT : Les victimes des bombardements quotidiens d'Alep-Ouest sont pratiquement ignorées par les principaux médias. Pourquoi est-ce le cas ?

Juliette Touma (J. T.) : Je pense que le sujet principal dans ce cas, ce sont vraiment les enfants. Les parties prenantes au conflit commettent des violations [du droit] sérieuses contre les enfants, quand, selon les rapports, rien que ces deux derniers jours, neuf enfants ont été tués à l’école ou sur le chemin de l’école.

Les enfants sont au cœur de cette guerre brutale. 3,7 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans n’ont connu que la guerre, étant nés soit au début, soit au cours de la guerre. Ils sont devenus des réfugiés, ils ont été déplacés… Et l’impact psychologique que cette guerre a sur tous les enfants en Syrie est énorme.

Ce qui est vraiment important, c’est de s’assurer que les enfants soient épargnés de tout préjudice au cours du conflit

RT : Pouvons-nous qualifier ces attaques d'Alep-Ouest de crimes de guerre ou d'attentats terroristes ?

J. T. : Ce n'est pas le rôle de l’Unicef de déterminer s’il s’agit d’un crime de guerre ou non. D’autres organismes sont plus qualifiés que nous pour déterminer cela. En ce qui nous concerne nous, l’Unicef, c’est que, de notre propre point de vue, toutes les parties au conflit commettent de graves violations [de droit] contre les enfants. Cela inclut des meurtres, des mutilations, des attaques contre des écoles, des hôpitaux, la réduction de l’accès à l’aide humanitaire. Il faut que cela s’arrête. Il faut que les violations contre les enfants s’arrêtent.

RT : Nous avons demandé à plusieurs organismes humanitaires internationaux de commenter la situation, mais pour l'instant il n'y en a qu'un qui a répondu... Y a-t-il une raison pour laquelle les organisations comme la vôtre ne commentent pas plus la situation à Alep ?

J. T. : Hier, une attaque contre une école dans la ville de Deraa, dans le sud de la Syrie, a eu lieu. L’Unicef a publié un communiqué à ce sujet. En ce moment, nous vérifions les informations concernant les attaques sur Alep, et il s’agit aussi d’une procédure standard à l’Unicef, quand nous recevons des informations, nous les vérifions et ensuite très souvent nous publions des communiqués qui confirment ces informations. Et ce qui est vraiment important, c’est d’assurer que les enfants soient épargnés de tout préjudice au cours du conflit, qu’ils ne soient pas tués ou mutilés, que les écoles ne subissent pas d’attaques. C’est la chose la plus importante pour nous à l’Unicef.

Lire aussi : Syrie : le bombardement d'un hôpital MSF à Deraa fait trois morts et six blessés

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