«Les médias dominants ont peur de RT car de plus en plus de gens se tournent vers son bon sens»

© Olivia Harris Source: Reuters

En admettant les acquis de RT, la BBC cherche des fonds supplémentaires pour renforcer ses positions dans l'espace médiatique russophone. George Galloway, ancien député britannique, estime que les médias ont peur de l'influence grandissante de RT.

BBC World Service a préparé un document sur les relations de la Grande-Bretagne avec la Russie. Dans la partie portant sur l'espace médiatique en Russie et l'ampleur du travail de la BBC, le rapport indique que «le Kremlin élargit ses opérations médiatiques internationales.»

En évoquant RT, le témoignage souligne que son audience a vu une forte augmentation. «RT est à présent diffusée en anglais, en espagnol et en arabe et projette d'y ajouter d'autres langues. La chaîne a également beaucoup de succès sur les réseaux sociaux».

La BBC assure qu'elle cherche des idées en vue d'«améliorer ce qu'elle offre à la région», ajoutant que «ses propositions devraient être financées par des moyens supplémentaires que le gouvernement britannique a promis à BBC World Service dans sa déclaration de l’automne 2015.»

RT a évoqué ce rapport avec George Galloway, ancien membre du Parlement britannique. 

Le ministère britannique des affaires étrangères et désormais le gouvernement-même qui paie à BBC World Service des millions de livres pour que ce qu'elle publie corresponde à son orthodoxie politique

RT : La mission annoncée de BBC World Service est de fournir en anglais et en 28 autres langues informations et analyse objectives via la radio, la TV, les services mobiles et en ligne. Est-elle vraiment impartiale ?

George Galloway (G. G.) : Si c'était vrai, ce serait ridicule. Qui paie les violons choisit la musique. C'est le ministère britannique des Affaires étrangères et désormais le gouvernement-même qui paie à BBC World Service des millions de livres pour que ce qu'elle publie corresponde à son orthodoxie politique. C’est évident.

Il est tellement snob de la part de la BBC de qualifier d'autres diffuseurs de «diffuseurs d’Etat» ou parfois de «contrôlés par l'Etat», alors qu'elle est un diffuseur d'Etat elle-même. Elle est entièrement financée par les contribuables, par la loi, et si vous refusez de payer, vous irez directement en prison. Le comble ce sont les 257 millions que le gouvernement britannique paie directement à [BBC] World Service pour garantir sa fidélité au gouvernement et à la politique de l'Etat britannique et à ses positions. La BBC n'est donc pas différente de tous les autres diffuseurs qu'elle accuse systématiquement d'être des «diffuseurs d'Etat.»

De plus en plus de gens cherchent sur les réseaux sociaux et sur internet une couverture crédible des événements et trouvent cela sur RT

RT : BBC World Service a présenté  à la commission parlementaire les preuves de la popularité croissante de RT et de la nécessité pour la BBC de renforcer sa diffusion en langue russe. Ils demandent de la commission un financement supplémentaire. L'obtiendront-ils ?

G. G. : Ils ont certainement l’intention de financer leurs émissions de propagande en langue russe. Ce sera fait d'une manière ou d'une autre. Mais, je pense qu'ils ont choisi la voie de la défaite.

La vérité est que de plus en plus de gens cherchent sur les réseaux sociaux et sur internet une couverture crédible des événements, et de plus en plus de gens trouvent cela sur RT, non seulement en anglais, mais, bien sûr aussi, en espagnol et en arabe, domaines dans lesquels RT progresse à un rythme phénoménal. Cela les préoccupent vraiment. Ils sont conscients du fait que leurs émissions de propagande ont un impact limité alors que RT, qui ne fait pas de propagande, donne une place au pluralisme que la BBC n'a jamais eu l'idée [de mettre en place].

Par exemple, j’ai une émission sur RT. On ne m'a jamais posé de questions et, bien sûr, jamais dicté ce que je devais dire lors de mon émission, même si mon point de vue est souvent différent du point de vue officiel et des idées du gouvernement russe. Sam Delaney, qui travaille à RT UK, a une émission télévisée d'extrême droite que je trouve politiquement choquante et qui tourne souvent en dérision certaines des choses qui seraient beaucoup plus proches de la version officielle russe des événements. Nous sommes tous les deux bien accueillis sur RT UK. Aucun d'entre nous ne serait le bienvenu pour faire une émission sur la BBC. 

La plupart des Britanniques sentent instinctivement que l'opinion russe et celle de RT reflète le bon sens

RT : Croyez-vous que la BBC puisse considérer les chaînes comme RT comme des menaces ? Si oui, pourquoi ?

G. G. : Ils ont peur de RT, ils ont peur de l’influence croissante de RT et du manque de crédibilité de la politique d’Etat qui est exprimée via leur diffuseur d’Etat. C'est un problème qu'ils sont incapables de surmonter, peu importe combien d’argent ils dépensent.

Par exemple, le point de vue russe sur les événements en Syrie apparaît sensé pour la plupart des gens. Il ne faut pas être pro-russe, partisan de Bashar el-Assad ou à droite pour voir que l'opinion de RT sur les événements en Syrie est de bon sens. En parallèle, la majorité britannique croit que la politique du gouvernement britannique en Syrie et donc celle de BBC est privée de sens, parce qu'elle est l’antithèse absolue non seulement des intérêts supérieurs du peuple syrien, mais aussi de ceux de notre peuple. La BBC parle maintenant de la peur liée au retour des centaines de fanatiques endurcis par la guerre que nous et la télévision d’Etat avons plus tôt encouragés. La plupart des Britanniques le voient. La plupart des Britanniques sentent instinctivement que l'opinion russe et celle de RT, qui croit que ces terroristes doivent être abattus sur le champ de bataille reflète le bon sens. C'est pourquoi, entre autres choses, de plus en plus de gens en Grande-Bretagne se tournent vers RT, alors que l'on ne peut pas dire la même chose des tentatives occidentales de répandre sa propagande en langue russe.

Al Jazeera n'ose pas publier ses chiffres d’audience, parce qu'ils mettraient en lumière le déclin catastrophique de son prestige

RT : RT devient souvent la cible de critiques. Pourquoi les chaînes comme France 24, Al Jazeera et Deutsche Welle ne s’attirent pas autant d’opprobre ?

G. G. : Parce qu'ils vantent tous la même orthodoxie dominante - un grand homme de lettres anglais, le docteur Johnson, a dit que la dictature la plus sombre c'est  la dictature de l’orthodoxie qui prévaut. Et toutes ces stations que vous avez mentionnées soutiennent la ligne de cette orthodoxie qui prévaut. Ils sont tous une version de la vérité telle que perçue par les gouvernements américain, britannique,  allemand et français. De moins en moins de personnes les regardent, parce qu'ils rapportent de moins en moins la vérité.

Un exemple que vous avez cité, Al Jazeera, était il y a seulement six ou sept ans le pivot central dans le monde arabe. Son nom est devenu familier même en Occident, parce qu'il avait un point de vue différent de celui qui domine en Amérique. Mais avec les événements en Syrie,  Al Jazeera est en six ou sept ans devenu porte-parole de la ligne politique américaine. Et, non par coïncidence, Al Jazeera a perdu un nombre gigantesque de ses téléspectateurs, parce que son auditoire le comprend et n'accepte pas la version américaine des événements qu’on leur impose. C’est pourquoi RT est la chaîne que choisissent les gens du monde arabe. Al Jazeera n'ose pas publier ses chiffres d’audience, parce qu'ils mettraient en lumière le déclin catastrophique de son prestige et du nombre de personnes qui la regardent.

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