Belgique : un pays de plus s'interroge sur le bien-fondé des sanctions contre la Russie

Le parlement belge© Francois Lenoir Source: Reuters
Le parlement belge

Les sanctions contre la Russie ne profitent plus à personne et doivent être levées le plus vite possible, estime Aldo Carcaci, membre du Parti populaire au parlement belge et auteur d'un projet de résolution contre ces mesures.

RT France : Vous êtes l’auteur d'un projet de résolution sur la levée des sanctions contre la Russie qui sera débattu par le Parlement belge en octobre. Pourquoi avez-vous décidé de rédiger ce texte ?

On accuse la Russie d’un rôle qu’elle n’a pas joué dans le problème ukrainien

Aldo Carcaci (A. C.) : Je trouve que c’est une énorme injustice. Ces mesures sont tout à fait illégales, puisque elles n’ont pas respecté les réglementations internationales qui imposent qu’avant toute sanction, le Conseil de sécurité des Nations unies soit consulté et que les décisions soient prises à travers ce canal précis, ce qui n’a pas été le cas. Deuxième chose, on prétend que ces sanctions sont justes parce qu’on accuse la Russie d’un rôle qu’elle n’a pas joué dans le problème ukrainien. L’Europe dit que la Russie est celle qui a suscité et poussé les républiques de l’Est à se rebeller, ce qui n’est pas le cas. La troisième chose qui a motivé le dépôt de ma proposition est que les premières victimes de ces mesures sont nos producteurs de fruits et légumes et nos fabricants d’armes de chasse - parce que la Russie s’est tournée vers d’autres partenaires. En mars 2015 les responsables des affaires étrangères me disaient à Moscou que les importations américaines avaient augmenté de 15%. Donc, je considère que les sanctions sont inefficaces et ne pénalisent qu’une seule partie, nos producteurs. En tant que Belge, je voudrais qu’on revienne à la normalité dans les relations avec la Russie de manière à ce que nos producteurs puissent reprendre les échanges commerciaux d’avant l’imposition des sanctions.

RT France : Pensez-vous que votre projet de résolution puisse bénéficier d'un soutien parmi d’autres parlementaires ?

A. C. : Ma proposition a été prise en considération par la Chambre et transmise, comme le veut la procédure, à la Commission des relations extérieures de la Chambre qui, à la rentrée parlementaire prochaine, devra l’examiner. Comme dans tous les pays démocratiques, il y a le jeu de la majorité et de l’opposition, mon parti se retrouve dans l’opposition au parlement fédéral Belge. Mais ce sera à moi d’essayer de mobiliser et motiver d’autres partis pour soutenir cette proposition de résolution. Parce que cette proposition demande au gouvernement belge d’intervenir auprès des autorités européennes pour qu’elles lèvent les sanctions.

Mon but principal est d’ouvrir un débat sur ces sanctions-là, sur les problèmes et les relations entre l’Europe et la Russie

RT France : Si cette résolution est adoptée, va-t-elle obliger la gouvernement à agir ou ne s'agira-t-il que d'une sorte de recommandation non contraignante ?

A. C. : Les sanctions ont été imposées par l’Union européenne, ce n’est donc pas la Belgique qui les a imposées. Mais la Belgique est dans l’Europe. Ma résolution consiste à demander au gouvernement belge d’intervenir au niveau des autorités européennes. On voit déjà que d’autres pays ont pris des initiatives dans ce sens, la France et l’Italie. En plus, nous allons susciter les débats, je n’ai pas la prétention de vouloir tout seul faire lever les sanctions, mon but principal est d’ouvrir un débat sur ces sanctions-là, sur les problèmes et les relations entre l’Europe et la Russie. La Russie est un pays ami, un partenaire, notre meilleur allié dans la lutte contre le terrorisme. Vous voyez aujourd’hui, chaque jour qui passe, des attentats partout, que ce soit en France, en Allemagne, en Belgique ou ailleurs. Pour combattre ce terrorisme, ce fléau, il faut que la Russie soit notre meilleur ami.

RT France : En France le gouvernement n’a pas pris en considération le vote des députés et des sénateurs français. Pensez-vous que si les députés de plusieurs pays européens unissent leurs efforts, cela pourrait avoir un effet ?

A. C. : Cela peut avoir un effet, parce que nous pouvons avoir un travail non seulement au niveau du parlement belge, mais aussi au niveau européen. Nous avons un rôle à jouer, là, un rôle de levier pour que les choses puissent bouger. Cela ne va pas être simple,mais si nous ouvrons le débat et dégageons une dynamique positive, je crois que nous pourrons y arriver. 

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