«François Hollande laissera la France dans un état pire qu'il l'avait trouvée»

Le président français François Hollande et les membres de son gouvernement Source: Reuters
Le président français François Hollande et les membres de son gouvernement

Le président Hollande et ses gouvernements ont divisé des Français plutôt que de les amener à l’union, estime le vice-président de Debout la France Dominique Jamet.

RT France : Vous avez critiqué l’inaction du gouvernement à Calais aussi bien que la position de certains habitants qui manifestent pour les migrants. Quelle serait la solution à la situation ?

Dominique Jamet : Le problème de Calais s’inscrit dans un ensemble de problèmes. A commencer par le fait que la Grande-Bretagne a demandé à la France de jouer le rôle de garde-frontière pour elle-même. La Grande-Bretagne ne veut pas accueillir de clandestins, donc, elle refoule – et ces gens sont donc à Calais. La France ne peut pas les faires passer en Angleterre et la France ne sait pas quoi en faire.

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Donc, il faut revoir, d’une manière plus générale, bien au-delà de Calais, la position et l’action gouvernementale en matière d’accueil ou de rejet des migrants. Il y a des procédures administratives, des procédures judiciaires qui se traduisent par l’obligation de quitter le territoire français si quelqu’un ne remplit pas les conditions nécessaires pour être admis en France, il faut qu’il soit renvoyé d’où il vient, ce qui n’est pas aimable, ce qui n’est pas gentil, ce qui n’est pas sympathique mais ce qui est nécessaire. Laisser se développer cet abcès sans rien faire, ce n’est pas digne d’un gouvernement.

RT France :Faut-il expulser les gens qui ne correspondent pas aux critères nécessaires pour être présent sur le territoire français ?

Dominique Jamet : Oui, je crois qu’il faut revenir au bon sens. Si quelqu’un compte s’installer dans un pays sans remplir les conditions nécessaires, sans en avoir le droit, il faut lui dire gentiment mais fermement, que puisque sa place n’y est pas, il faut qu’il s’en aille. Cela vaut pour Calais, cela vaut pour la France, ça vaut pour l’Europe.

A l’heure actuelle, il y a des gens qui viennent de Syrie ou d’Irak ou d’Afghanistan, des pays où leur vie est en danger, ce sont des demandeurs d’asile. Si effectivement ils le sont, il est normal de les accueillir, pour un certain temps. On comprend les motivations de ces gens, il ne faut pas être inhumain.

Mais des gens qui partent de chez eux parce qu’ils ne sont pas heureux et qui veulent s’installer ailleurs sans en avoir le droit, ce n’est pas possible. Par exemple, le ministre allemand du développement prévoit que dans les années à venir ce n’est pas un million de demandeurs d’asile par an que l’Europe sera mise en demeure d’accueillir, mais de 8 à 10 millions. Il s’agit de l’équivalent de la population d’un pays tel que la Hongrie ou l’Autriche, c’est quelque chose qui est au-dessus de nos moyens.

RT France :Vous désapprouvez l’inaction du gouvernement, cependant votre parti a salué la démission de la ministre de la Justice Christiane Taubira. Pensez-vous que cela signifie un tournant dans la politique du gouvernement ?

Dominique Jamet : Ce matin Manuel Valls a déclaré que nous sommes l’objet d’une menace sur notre Nation dans le contexte où nous ne sommes ni en paix ni en guerre. Il a dit que c’est l’avenir de la France, ça n’est pas l’avenir de la gauche qui le préoccupe. C’est-à-dire, si le Premier ministre, estime qu’à l’heure actuelle la préférence pour la Nation voire, la préférence nationale l’importe sur la préférence pour le parti, la préférence partisane, ça serait l’indice d’un changement. Je ne sais pas comment cette déclaration sera accueillie par son propre parti, mais elle témoigne d’une inflexion toute à fait intéressante de sa pensée, de sa doctrine, dont on espère qu’elle sera suivie.

RT France :Est-ce qu’on peut parler d’un conflit interne au sein du PS ?

Dominique Jamet :  C’est ce que nous dira l’avenir. La question est posée par cette déclaration, est-ce que les socialistes vont préférer ce qu’ils appellent l’attachement à leurs valeurs, c’est-à-dire, l’inaction, le refus de faire quoi que ce soit qui tient compte de la situation ou est-ce que les socialistes se convertiront à l’idée d’union nationale. Cela s’inscrit dans la suite de la démission de Christiane Taubira, il s’agit de savoir si la situation de la France et du monde appelle de la part de tous les partis un sursaut national ou s’ils n’en tiennent pas compte et continuent à se livrer à leurs petites manœuvres habituelles. La déclaration de Manuel Valls va dans le bon sens, la suite ne nous est pas connue pour l’instant.

RT France : Vous avez écrit sur Twitter que François Hollande laissera la France dans un état pire qu'il l'avait trouvée. Pourquoi une telle conclusion ?

Dominique Jamet : Je pense naturellement à la situation économique et sociale. La France a perdu son rang de cinquième puissance économique du monde pour être dépassée par la Grande-Bretagne. Le nombre et le pourcentage des chômeurs se sont accrus au lieu de diminuer. La dette de la France s’accroît et son Produit national stagne. L’industrie française est en recul. C’est en ce sens déjà que sur le plan matériel, le bilan de la présidence de François Hollande, pour l’instant est plutôt négatif. Et, d’autre part, même s’il est possible et souhaitable que les choses changent à cause de la situation internationale, à cause de la menace du terrorisme, on constatera néanmoins que pendant les premières années de son quinquennat, le président Hollande et ses gouvernements ont plutôt divisé les Français, d’ailleurs, sur des questions mineures, comme le Mariage pour tous, plutôt que de les amener à l’union et de s’intéresser aux vrais problèmes en tout cas.

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