«Nous demandons au gouvernement français de déployer l’armée à Calais»

Les migrants se réchauffent les mains à côté d’un feu de bois près du camp de la «Jungle», à Calais, dans le Nord de la France© Pascal Rossignol
Les migrants se réchauffent les mains à côté d’un feu de bois près du camp de la «Jungle», à Calais, dans le Nord de la France

Nous avons un problème humanitaire pour les chauffeurs de camion qui passent par le port de Calais. On ne peut pas les laisser être attaqués par des migrants, a confié à RT Richard Burnett, directeur général de l’association britannique Road Houlage.

Alors que les tensions montent depuis le début de la crise des migrants dans l’Union européenne, les résidents de la ville française de Calais demandent à ce que leurs maisons soient protégées des réfugiés. Les habitants se sont rassemblés pour attirer l’attention des autorités sur l’impact qu’a la crise européenne des migrants sur leur ville. Le 23 janvier, un groupe de migrants a attaqué un ferry à destination du Royaume-Uni, au point que les forces de l’ordre ont dû utiliser des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser la foule.

RT : Que pouvons-nous faire pour éviter que les incidents similaires se reproduisent à l’avenir ?

Richard Burnett : En effet, nous avons demandé aux autorités françaises de déployer l’armée. Ce problème fait rage depuis l’été, lorsque la crise s’est intensifiée. Nous n’avons pas constaté d’amélioration de la situation. Au quotidien, chaque semaine, nous avons vu des attaques perpétrées contre des chauffeurs qui passent par le port de Calais. Je pense qu’après les événements de samedi dernier [le 23 janvier], il est à présent clair qu’il n’y a tout simplement pas assez de gendarmes pour contenir et contrôler la situation. Nous exigeons du gouvernement français qu’il déploie l’armée afin que l’ordre et la loi puissent être rétablis à Calais.

RT : Est-ce que ce problème est purement français ?

R.B. : Non, absolument pas. Je pense que le gouvernement britannique le reconnaît… Ils aident pour ce qui est de faire avancer ce dossier et de communiquer avec le gouvernement français. Mais c’est un problème français, cela se passe sur le sol français et ce n’est donc pas de notre juridiction. Mais, nous devons travailler avec les autorités pour nous assurer que les bonnes mesures soient prises. Nous ne faisons que réclamer les ressources nécessaires pour protéger les chauffeurs qui passent par le port de Calais. Et il y a aussi un problème humanitaire pour les chauffeurs qui subissent des attaquent de manière quotidienne. Nous comprenons la détresse des migrants. Il y a des réfugiés et nous comprenons que ces réfugiés aient besoin d’avoir des maisons sûres. Mais, il y a aussi des migrants économiques qui doivent être traités et renvoyés dans leur pays d’origine. Il faut donc traiter cette question de façon proportionnée mais, nous ne pouvons tout simplement pas laisser les chauffeurs à être attaqués de manière journalière.

RT : Vous avez prévenu que le meurtre d’un camionneur pourrait se produire. Calais est-il si dangereux pour les chauffeurs ?

R.B. : Actuellement, nous essayons clairement d’attirer l’attention, nous essayons de faire du lobbying auprès du gouvernement et nous échangeons avec lui afin d’attirer son attention et de faire pression sur le gouvernement français, afin que celui-ci mette en place les contrôles nécessaires. Si un chauffeur se fait attaquer, nous préconisons de «ne pas répondre, de ne pas sortir du véhicule». Mais, lorsque vous avez des choses telles que les caddies, des briques, des dalles lancés depuis les ponts de l’autoroute, c’est un risque majeur. Par conséquent, nous avons besoin d’être sûrs de disposer des ressources et du soutien nécessaires sur place pour empêcher que cela se produise.

En savoir plus : La Belgique veut que la France agisse à Calais car la situation affecte ses communes avoisinantes

RT : Les ministres de l’intérieur européens se réunissent à Amsterdam pour discuter de l’éventuelle suspension de la zone Schengen, de libre circulation des citoyens, pendant une période de deux ans. Est-ce que cela changera quelque chose ?

R.B. : Je pense que si les frontières sont mieux contrôlées qu’présent, cela peut détendre la situation. Je pense qu’à court terme, nous avons besoin de protection, et qu’à long terme, il faut trouver une solution européenne et globale pour résoudre la question mais avant tout, il s’agit d’interrompre le flux [de migrants]. Il est certainement nécessaire de prendre des mesures pour empêcher ces personnes de transiter à travers l'Europe.

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