Le Premier ministre espagnol renvoie la balle au Maroc après l'assaut de migrants à Melilla

- Avec AFP

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez au Palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 21 mars 2022.© Ludovic MARIN Source: AFP
Dans une interview publiée le 3 juillet 2022, le Premier ministre espagnol a renvoyé au Maroc la responsabilité des événements survenus à Melilla (image d'illustration).
Suivez RT France surTelegram

Interviewé par le quotidien El Paìs sur le drame survenu à Melilla le 25 juin, le Premier ministre espagnol a estimé qu'il incombait au gouvernement marocain de «répondre» à la question du «respect des droits de l'homme dans pareille situation».

La question de la violation des droits de l'homme dans la tragédie de Melilla, qui a coûté la vie à une trentaine de migrants le 24 juin, doit être posée à Rabat, a estimé le 3 juillet le Premier ministre espagnol dans un entretien au quotidien El Paìs.

Interrogé sur les images de la tragédie qu'il disait n'avoir pas vues lors de sa dernière intervention, le 29 juin, et notamment sur le «respect des droits de l'homme dans pareille situation», Pedro Sanchez a affirmé que «c'est le gouvernement du Maroc qui devrait répondre à cette question». «Nous devons, nous, parler de ce que l'on fait en Espagne», a poursuivi Pedro Sanchez.

Il a toutefois immédiatement nuancé son propos, assurant «reconnaître l'effort que fait le Maroc, qui souffre d'une pression migratoire, pour défendre des frontières qui ne sont pas les siennes mais celles de l'Espagne», et évoquant la «solidarité» dont doivent faire preuve, selon lui, l'Espagne et l'Europe vis-à-vis du Maroc.

Le 24 juin, au moins 23 migrants africains ont péri lors de la tentative d'environ 2 000 personnes d'entrer par la force dans Melilla, selon les autorités marocaines, soit le plus lourd jamais enregistré aux frontières entre le Maroc et les deux enclaves. Des ONG recensent, elles, «au moins 37» morts.

Des images diffusées plusieurs heures après ont mis au jour des actes de brutalité, avec des corps jonchant le sol, des policiers marocains assénant des coups et les forces de l'ordre espagnoles tirant des gaz lacrymogènes sur des hommes accrochés à des grillages, selon l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Melilla est, avec la ville de Ceuta, une des deux enclaves espagnoles situées sur la côte nord du Maroc, les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec le continent africain.

Pour le Premier ministre, Melilla est «le dernier épisode d'une tragédie qui a commencé bien avant, à plusieurs kilomètres de là», parlant de nouveau d'une attaque violente, avec des hommes «armés», et d'un événement orchestré par les «mafias», un argument que le gouvernement espagnol ne cesse de brandir depuis cette affaire. Le bilan humain du drame n'est pas encore officiellement connu et pour le moment, les autorités évoquent une «trentaine» de décès, soit le plus lourd jamais enregistré aux frontières entre le Maroc et les deux enclaves. Ce bilan a provoqué l'indignation internationale, avec notamment des propos d'une sévérité rare de la part de l'ONU, ainsi que l'ouverture de deux enquêtes en Espagne et une mission d'information au Maroc.

Ce nouveau drame migratoire aux portes de l'UE survient après que Madrid et Rabat ont normalisé à la mi-mars leurs relations à la suite d'une brouille diplomatique de près d'un an à propos de la question du territoire disputé du Sahara occidental.

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par RT France de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service).

En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services.

Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix».

OK

RT France utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix