L'ONU et l'Union africaine demandent une enquête après le drame de Melilla

- Avec AFP

Des centaines de migrants ont pris d'assaut le poste frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Melilla© Javier Bernardo Source: AP
Des centaines de migrants ont pris d'assaut le poste frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Melilla, dans ce qui est la première incursion de ce type depuis que l'Espagne et le Maroc ont rétabli leurs relations diplomatiques le mois dernier.
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L'Union africaine et les Nations unies ont réclamé l'ouverture d'une enquête indépendante après la sanglante tentative de passage en force de migrants dans l'enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc. Le Conseil de sécurité se réunira le 29 juin.

Après l'Union africaine (UA), c'est au tour de l'ONU de réclamer le 28 juin une enquête indépendante après les événements tragiques à la frontière marocaine dans l'enclave espagnole de Melilla, le 24 juin.

«Nous appelons les deux pays [le Maroc et l'Espagne] à garantir la tenue d'une enquête efficace et indépendante, première étape pour déterminer les circonstances dans lesquelles il y a eu des morts et des blessés ainsi que toutes les responsabilités éventuelles», a déclaré à Genève une porte-parole du Haut-commissariat aux droits de l'Homme, Ravina Shamdasani.

Au moins 23 migrants ont en effet péri et 140 policiers ont été blessés, selon les autorités marocaines, lors d'une tentative d'entrée de quelque 2 000 migrants à Melilla. Ce bilan est le plus meurtrier enregistré lors des nombreuses tentatives de passage de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et dans l'enclave espagnole voisine de Ceuta.

Le 26 juin, le chef de la Commission de l'Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, avait dénoncé «le traitement violent et dégradant de migrants africains» réclamant lui aussi une enquête sur ce drame. «J'exprime ma profonde émotion et mon inquiétude face au traitement violent et dégradant de migrants africains cherchant à traverser une frontière internationale entre le Maroc et l'Espagne», avait tweeté Moussa Faki.

«J'appelle à une enquête immédiate sur cette affaire et rappelle à tous les pays leurs obligations, aux termes de la loi internationale, à traiter tous les migrants avec dignité et à faire porter leur priorité sur leur sécurité et leurs droits humains, tout en réfrénant tout usage excessif de la force», avait ajouté le chef de la Commission de l'UA. 

Dans un tweet, l'ambassadeur du Kenya à l'ONU Martin Kimani a annoncé qu'à l'initiative de son pays, soutenu par le Gabon et le Ghana – les deux autres pays africains actuellement membres non permanents du Conseil de sécurité, celui-ci allait tenir une réunion à huis clos sur la répression violente des migrants.

Les faits seront examinés le 29 juin par le Conseil de sécurité de l'ONU. Selon des diplomates, la session avait été initialement envisagée le 27 juin mais elle a finalement été repoussée.

65 migrants poursuivis par le Maroc

Pour l'heure, la justice marocaine a décidé de poursuivre 65 migrants, pour avoir participé à la tentative de passage en force, a appris l'AFP le 27 juin auprès d'un avocat de la défense.

Le parquet du tribunal de première instance de la ville marocaine de Nador (nord), limitrophe de Melilla, a inculpé 37 migrants pour «entrée illégale sur le sol marocain», «violence contre agents de la force publique», «attroupement armé» et «refus d'obtempérer», a déclaré à l'AFP leur avocat Khalid Ameza.

Un second groupe, composé de 28 migrants, sera jugé pour «participation à une bande criminelle en vue d'organiser et de faciliter l'immigration clandestine à l'étranger», a ajouté Khalid Ameza. 

L'avocat a précisé que la majorité des accusés étaient originaires du Darfour, dans l'ouest du Soudan, en proie à une grave crise alimentaire et où de récentes violences ont fait plus de 125 morts et provoqué le déplacement de 50 000 personnes. D'autres sont Tchadiens et Maliens, l'un d'eux est Yéménite.

L'Espagne, par la voie de la porte-parole de l'exécutif espagnol Isabel Rodríguez, a quant à elle salué le 27 juin la «collaboration"» de Rabat «dans la défense de [ses] frontières».

«Le gouvernement regrette profondément la perte de vies humaines», a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse, avant d'ajouter que les «mafias internationales se livrant au trafic des êtres humains» étaient à blâmer pour ces décès, un message déjà martelé avec force le 25 juin par le chef du gouvernement, le socialiste Pedro Sanchez.

Les autorités marocaines assurent que les décédés ont trouvé la mort «dans des bousculades et en chutant de la clôture de fer [lors d']un assaut marqué par l'usage de méthodes très violentes de la part des migrants». Des migrants interrogés à Melilla par l'AFP ont toutefois raconté avoir été frappés par les forces de l'ordre marocaines, mais aussi par des membres des forces de sécurité espagnoles après avoir franchi le grillage métallique séparant Melilla du Maroc.

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