Le chef de la Marine allemande démissionne après des propos à contre-courant sur la Russie

Kay-Achim Schönbach à Tokyo© Eugène Hoshiko Source: AP
Kay-Achim Schönbach assiste à une conférence de presse au Japan National Press Club, le 9 novembre 2021 à Tokyo. (image d'illustration)
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Le ministère allemand de la Défense a peu goûté les récentes déclarations du chef de la Marine. Celui-ci a qualifié d'«ineptie» les allégations occidentales selon lesquelles Moscou envisagerait d'envahir l'Ukraine – avant de revenir sur ses propos.

Alors que l'Occident multiplie les accusations alarmantes quant aux intentions de la Russie vis-à-vis de l'Ukraine, les propos du chef de la Marine allemande, Kay-Achim Schönbach, ont détonné. Au point de provoquer une mise au point de Berlin, ainsi qu'un rétropédalage de l'intéressé puis sa démission un peu plus tard dans la journée.

Il est facile d'accorder [à Vladimir Poutine] le respect qu'il veut, et qu'il mérite aussi probablement

Ce que Vladimir Poutine veut, «c'est être respecté», avait notamment déclaré le vice-amiral dans une vidéo circulant sur internet, filmée lors d'une réunion d'un groupe de réflexion qui s'est tenue le 21 janvier à New Delhi, que cite l'AFP. «Il est facile de lui accorder le respect qu'il veut, et qu'il mérite aussi probablement», avait-il également dit. L'idée selon laquelle la Russie voudrait envahir une partie de l'Ukraine serait, selon ses déclarations, «une ineptie».

Le chef de la Marine allemande rétropédale puis annonce sa démission

Ces déclarations «ne correspondent en rien à la position du ministère allemand de la Défense», a commenté un porte-parole de ce ministère, contacté par l'AFP. Le vice-amiral va devoir «prendre position», en clair s'expliquer «auprès du chef d'Etat-Major des armées», le plus haut gradé dans la hiérarchie de la Bundeswehr, d'après la même source.

Après avoir dans un premier temps posté un tweet précisant que ses propos n'engageaient que lui, Kay-Achim Schönbach a qualifié ses déclarations «d'irréfléchies». «Il n'y a pas à ergoter : c'était clairement une faute», a-t-il écrit.

Selon des informations de Der Spiegel, également citées par l'agence de presse française, les propos du haut responsable militaire ont fortement irrité jusqu'aux plus hauts échelons du gouvernement allemand, dirigé par le chancelier social-démocrate Olaf Scholz. Selon le magazine, le ministre de la Défense Christine Lambrecht a organisé dans la matinée une vidéoconférence avec le chef d'Etat-Major Eberhard Zorn pour définir la voie à suivre afin de traiter cette affaire.

Le chef de la Marine a ensuite annoncé sa démission de ses fonctions a annoncé ce 22 janvier au soir un porte-parole du ministère de la Défense.

Accusations occidentales quant aux intentions de Russie

Depuis plusieurs semaines, Washington et certains de ses alliés accusent la Russie d'envisager une invasion du territoire ukrainien, ce que Moscou dément catégoriquement.

La Russie, de son côté, exprime ses craintes quant à sa sécurité, liée à l'extension de l'OTAN vers l'est et à la perspective de livraisons d'armements offensifs à l'Ukraine, pays voisin. Dans ce contexte, Moscou a proposé à Washington et à l'OTAN des traités prévoyant notamment un renoncement de l'Alliance atlantique à tout élargissement à l'est et un retour, en matière de sécurité européenne, à la configuration de 1997.

Les Occidentaux refusent à ce jour les exigences russes, arguant du caractère défensif de l'Alliance atlantique d'une part, et de la souveraineté des Etats, devant rester libres de choisir leurs alliances, d'autre part.

Or, la Russie fait valoir que les Occidentaux avaient promis verbalement à Moscou à la fin de la guerre froide de ne jamais élargir l'Alliance, promesse mainte fois rompue avec les élargissements successifs de l'OTAN aux pays anciennement dits «de l'Est»

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