Pour Sarkozy, l'intervention au Sahel ne doit pas durer dans le temps pour «demeurer légitime»

- Avec AFP

Pour Sarkozy, l'intervention au Sahel ne doit pas durer dans le temps pour «demeurer légitime»© POOL Source: Reuters
Nicolas Sarkozy a évoqué la situation au Sahel pour Le Point (image d'illustration).
Suivez RT France surTelegram

L'ex-président Nicolas Sarkozy a estimé que pour «demeurer légitime» une intervention militaire comme celle menée par la France au Sahel ne devait pas se prolonger «au-delà de quelques années». L'opération française dure depuis 2013.

Dans un entretien pour Le Point à paraître le 6 mai, Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur la situation au Sahel, expliquant que l'intervention française ne devrait pas durer pour «demeurer légitime».

L'opération française Barkhane, lancée en août 2014 après l'opération Serval de 2013, est menée dans cinq pays (Tchad, Niger, Mali, Mauritanie, Burkina Faso) de la bande sahélo-saharienne, où sont déployés 5 100 soldats. «Je ne crois pas qu'une intervention française puisse demeurer légitime quand elle se prolonge au-delà de quelques années», a ainsi déclaré l'ancien président. «5 000 soldats français sur un territoire grand comme dix fois notre pays ne peuvent assurer durablement la sécurité du Sahel», assure-t-il. 

Selon lui, «la première intervention, au moment où des colonnes terroristes descendaient sur Bamako, s'imposait sans doute, mais nous n'avons pas vocation à rester indéfiniment. Car c'est en priorité aux pays africains concernés de mener, ensemble, ce combat».

L'ancien chef d'Etat – de 2007 à 2012 – reconnaît «la grande complexité de ce sujet», car «quand la France ne fait rien, elle est accusée d'inaction ; et que quand elle intervient, elle est accusée d'ingérence».

Lui-même assume une nouvelle fois l'intervention militaire menée par Paris, Washington et Londres, sous l'ombrelle de l'Otan, en mars 2011 en Libye, alors dirigée par Mouammar Kadhafi, un «dictateur sanguinaire qui a déclaré qu'il allait faire couler des rivières de sang à Benghazi».

Interrogé pour savoir s'il aurait, comme le président Emmanuel Macron, assisté aux obsèques du dirigeant tchadien Idriss Déby, il assure qu'il se «serait sans doute posé la question [puisqu'] Idriss Déby a été un allié de la France, particulièrement précieux dans le combat contre le terrorisme djihadiste dans la région», même s'il reconnaît que «sa pratique interne du pouvoir au Tchad était plus que contestable».

Sur le génocide au Rwanda, Nicolas Sarkozy dit «saluer la qualité» du rapport de la commission Duclert remis fin mars à Emmanuel Macron. Ce rapport accablant a conclu que si «rien ne vient démontrer» qu'elle s'est rendue complice du génocide, la France porte des «responsabilités lourdes et accablantes» dans la tragédie.

«La reconnaissance de la gravité extrême des erreurs, et dans certains cas des fautes qui ont été commises, est incontournable, inévitable et juste», a estimé Nicolas Sarkozy, dénonçant «l'aveuglement dramatique d'un petit groupe au plus haut sommet de l'Etat : chef d’état-major particulier, cellule Afrique et le président [François] Mitterrand lui-même».

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram
En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»