Erdogan invite Macron à «se faire soigner», l'Elysée dénonce des propos «inacceptables»

Erdogan invite Macron à «se faire soigner», l'Elysée dénonce des propos «inacceptables»© Press Office/Handout ; Ints Kalnins/File
Montage d'illustration : le président turc Recep Tayyip Erdogan (g.) et son homologue français Emmanuel Macron (d.)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris avec virulence à son homologue français Emmanuel Macron, jugeant qu'il avait un «problème» avec les musulmans et l'invitant à «se faire soigner». L'Elysée a dénoncé des propos «inacceptables».

L'Elysée, cité par l'AFP, a dénoncé ce 24 octobre les propos «inacceptables» du président turc visant son homologue français, en raison de l'attitude supposée de ce dernier à l'égard des musulmans.

Nous exigeons d’Erdogan qu’il change le cours de sa politique car elle est dangereuse à tous points de vue

«Les propos du président Erdogan sont inacceptables. L’outrance et la grossièreté ne sont pas une méthode. Nous exigeons d’Erdogan qu’il change le cours de sa politique car elle est dangereuse à tous points de vue. Nous n’entrons pas dans des polémiques inutiles et n’acceptons pas les insultes», a ainsi commenté le palais présidentiel auprès de l'AFP, en annonçant le rappel pour consultation de l'ambassadeur de France à Ankara.

L'Elysée a également noté ce 24 octobre «l'absence de messages de condoléances et de soutien du président turc après l’assassinat de Samuel Paty», le professeur de collège qui avait présenté des caricatures du prophète Mahomet en classe et a été décapité il y a une semaine, dans un attentat à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

La présidence française relève, enfin, les «déclarations très offensives [de Recep Tayyip Erdogan] de ces derniers jours, notamment sur l'appel au boycott des produits français».

Erdogan estime que Macron a un «problème» avec les musulmans

Plus tôt ce 24 octobre, Recep Tayyip Erdogan avait déclaré, lors d'un discours télévisé cité par l'AFP : «Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est : allez d'abord faire des examens de santé mentale». «Macron a besoin de se faire soigner», avait-il ajouté. Et de s'interroger : «Quel problème a l'individu nommé Macron avec l'Islam et avec les musulmans ?»

Le chef d'Etat turc a en outre prédit une défaite d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2022, «parce qu'il n'a rien accompli pour la France».

Quel problème a l'individu nommé Macron avec l'Islam et avec les musulmans ?

Enfin, Recep Tayyip Erdogan a déclaré à l'adresse du président français : «Vous passez votre temps à vous en prendre à Erdogan, ça ne vous rapportera rien.»

Méditerranée, Haut-Karabagh, Libye... Tensions multiples entre Paris et Ankara

Les propos véhéments du président turc à l'adresse de son homologue français s'inscrivent dans un contexte tendu sur plusieurs dossiers entre Paris et Ankara.

Il y a deux semaines, rappelle l'AFP, le dirigeant turc avait pointé du doigt le discours d'Emmanuel Macron sur le «séparatisme islamiste» et la nécessité de «structurer l'islam» en France, estimant qu'il s'agissait d'une provocation à l'égard des musulmans. «Parler de structuration de l'islam relève de l'abus de pouvoir et de l'impertinence, pour un chef de l'Etat français», avait jugé le dirigeant turc et leader du parti AKP.

Fin septembre, c'est autour du conflit dans le Haut-Karabagh que des tensions s'étaient dessinées entre la France et Ankara. Emmanuel Macron s'était en effet dit «préoccupé» par des déclarations «guerrières» de la Turquie concernant cette région disputée. En cause : la Turquie s'était déclarée déterminée à aider l'Azerbaïdjan à «recouvrer ses terres occupées et à défendre ses droits et intérêts selon le droit international», en référence à la république autoproclamée du Haut-Karabagh, où vit une majorité d'Arméniens.

Auparavant, les relations entre la France et la Turquie s'étaient envenimées en raison du soutien de Paris à Athènes dans la crise qui l'oppose à Ankara autour de la prospection pétrolière en Méditerranée. «Force est de constater que la Turquie n'est plus un partenaire dans cette région», avait lancé mi-septembre le locataire de l'Elysée, déplorant notamment la signature par la Turquie d'«accords inacceptables avec le gouvernement d'entente libyen niant les droits légitimes de la Grèce», ou encore les pratiques turques de forage en zone économique exclusive chypriote. Dans ce contexte, le président turc avait qualifié Emmanuel Macron d'«ambitieux incapable», mi-septembre. «[Emmanuel] Macron, vous n'avez pas fini d'avoir des ennuis avec moi», avait-il également lancé.

Autre sujet de frictions entre la France et la Turquie : la Libye. Le 29 juin dernier, Emmanuel Macron avait estimé qu'Ankara avait une «responsabilité historique et criminelle» dans le conflit libyen. Le chef d'Etat français accusait par-là la Turquie de Recep Tayyip Erdogan d'avoir «massivement réimporté des combattants djihadistes depuis la Syrie».

Au milieu de ces accusations réciproques, Emmanuel Macron et son homologue turc s'étaient entretenus par téléphone, le 22 septembre. Le président français avait alors «appelé la Turquie à respecter pleinement la souveraineté des Etats membres de l'Union européenne ainsi que le droit international», tandis que le président Erdogan avait déclaré attendre de la France «du bon sens et une attitude constructive».

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