Gilets jaunes: Recep Tayyip Erdogan critique la «violence disproportionnée» des autorités françaises

- Avec AFP

Gilets jaunes: Recep Tayyip Erdogan critique la «violence disproportionnée» des autorités françaises© MURAD SEZER Source: Reuters
Recep Erdogan lors de son discours le 8 décembre à Istanbul

Régulièrement critiqué pour ses méthodes autoritaires envers l'opposition, Recep Tayyip Erdogan s'est permis de dénoncer la situation en France. Il estime que l'Europe a «échoué sur les plans de la démocratie, des droits de l'homme et des libertés».

Le 8 décembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la «violence disproportionnée» des autorités françaises face aux manifestations de Gilets jaunes, ajoutant qu'il suivait la situation «avec préoccupation». «[La Turquie est] à la fois contre les scènes de chaos provoquées par les manifestants et contre la violence disproportionnée qui leur est opposée», a ainsi affirmé le président turc lors d'un meeting à Istanbul.

«Le désordre règne dans les rues de nombreux pays européens, à commencer par Paris», a insisté le président turc. «Les télévisions, les journaux regorgent d'images de voitures qui brûlent, de commerces pillés, de la riposte des plus violentes de la police contre les manifestants», a-t-il poursuivi.

Plusieurs dizaines de milliers de Gilets jaunes ont manifesté le 8 décembre à travers la France, notamment à Paris où des heurts ont éclaté avec la police. Près de 2 000 personnes ont été interpellées en France, selon le ministère de l'Intérieur.

Les manifestations des Gilets jaunes sont largement couvertes par les médias turcs, qui ont notamment diffusé en boucle ces derniers jours des images montrant des lycéens agenouillés et mains sur la tête après avoir été interpellés à Mantes-la-Jolie, près de Paris.

«Ah ! Voyez un peu ce que font les policiers de ceux qui critiquaient nos policiers», a de fait raillé le Recep Erdogan, jugeant que l'Europe avait «échoué sur les plans de la démocratie, des droits de l'homme et des libertés».

La Turquie est régulièrement critiquée par les pays européens et les organisations de défense des droits de l'homme, qui dénoncent l'érosion de l'Etat de droit dans ce pays ces dernières années.

Les autorités turques ont notamment brutalement réprimé de grandes manifestations antigouvernementales au printemps 2013. Plus récemment, les relations entre Ankara et l'Union européenne s'étaient crispées en raison de la réaction du gouvernement turc à un coup d'Etat manqué, le 15 juillet 2016. La Turquie avait fait arrêter des dizaines de milliers de militaires, de magistrats, de responsables scolaires et universitaires ou encore de journalistes.

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