Nouvelles sanctions contre la Crimée : pas de «temps à perdre» à les analyser, assène Moscou

Nouvelles sanctions contre la Crimée : pas de «temps à perdre» à les analyser, assène Moscou© Global Look Press / Nikolay Gyngazov
Le pont de Crimée, le plus long de Russie (19 km), inauguré en mai 2018 relie la péninsule à la Fédération de Russie.

Le ministère russe des Affaires étrangères a balayé d'un revers de main les nouvelles sanctions de Washington, sur la base du rattachement de la Crimée à la Russie. Pour Moscou, ces nouvelles sanctions n'empêcheront pas la péninsule de se développer.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a réagi ce 9 novembre aux nouvelles sanctions adoptées la veille par le Trésor américain contre la Crimée. «Nous réaffirmons notre refus, déjà exprimé, de la politique de sanctions unilatérale des Etats-Unis, sous toutes ses formes», a-t-il déclaré, cité par l'agence Tass.

Il serait contre-productif pour nous de perdre du temps à les analyser

Le haut diplomate a également fait savoir que la Russie continuerait de développer l'économie de la Crimée, ainsi que le tourisme et d'autres secteurs. «Aucune pression ou attaque n'en changera le cours», a encore précisé Sergueï Riabkov. Et d'ajouter, sans prendre de gants : «Ces mesures [...] sont à ce point inappropriées, sans fondement et inefficaces dans leur essence qu'il serait contre-productif pour nous de perdre du temps à les analyser.»

Le 8 novembre, le Trésor américain a publié une mise à jour de la liste d'entités et personnes visées par des sanctions en Crimée. Y est ainsi ajouté un certain Alexandre Bassov, présenté comme étant lié au gouvernement de la République autoproclamée de Lougansk. Le document américain ne précise toutefois pas la nature du lien. Deux autres individus, Andreï Souchko et Vladimir Zaritsky, sont également ajoutés à la liste noire, sans plus de précisions. Sont également visés trois sanatoriums ainsi que plusieurs sociétés commerciales dans les domaines de l'énergie et des infrastructures.

Après le coup d'Etat dit de «Maïdan» à Kiev en 2014, soutenu par l'Union européenne et les Etats-Unis, la région du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, a décidé de faire sécession. Le nouveau gouvernement ukrainien a alors décidé d'intervenir militairement, refusant le dialogue avec des rebelles qualifiés de «terroristes». En mars 2014, alors que Kiev menace d'étendre ses «opérations antiterroristes» (ATO), les habitants de la Crimée se prononcent par référendum pour un rattachement à la Fédération de Russie.

Elections dans le Donbass malgré l'hostilité des Occidentaux

«Une vengeance politique», a résumé Oleg Morozov, sénateur russe, commentant ces nouvelles sanctions. Et de préciser que, selon lui, les sanctions sont destinées à punir la Russie pour avoir contré l'influence des Etats-Unis en Ukraine. «La Crimée, c'est la Russie. Le Donbass fera l'objet d'un règlement politique sur la base des accords de Minsk», a-t-il rappelé, veillant, contrairement aux Occidentaux, à dissocier les deux problématiques.

De fait, les nouvelles sanctions américaines du 8 novembre interviennent alors que les deux républiques autoproclamées du Donbass, Donetsk et Lougansk, organisent le 11 novembre des élections. Ces scrutins, qui visent à élire des présidents et des députés, confirment un peu plus la fracture entre ces territoires et le reste du pays et légitiment leurs nouveaux dirigeants alors que le processus de paix est au point mort et que des heurts alourdissent régulièrement le bilan de ce conflit estimé par l'ONU à plus de 10 000 morts.

Les accords de paix, dits de Minsk II, ont été signés en février 2015 après des discussions entre les représentants de Kiev et des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk, sous l'égide de la Russie, de l’Allemagne, de la France, avec le concours de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Ce traité prévoit un cessez-le-feu dans la zone du conflit, le retrait des armes lourdes par les troupes ukrainiennes et rebelles, l’élargissement de l’autonomie des régions de Donetsk et de Lougansk, ainsi qu'une réforme constitutionnelle de l’Ukraine qui permettra de remplir cette dernière condition, de même que l’échange des prisonniers et l’octroi d'une amnistie à tous les participants du conflit.

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