Rencontre Trump-Macron : face à l'intransigeance américaine, la fin des illusions françaises ?

Rencontre Trump-Macron : face à l'intransigeance américaine, la fin des illusions françaises ?© Ludovic Marin Source: AFP
Emmanuel Macron et Donald Trump lors de leur rencontre bilatérale à New York, dans la nuit du 24 au 25 novembre 2018.

Le temps des effusions passé, les présidents américain et français se retrouvent à New York face à leurs divergences, alors que s'ouvre l'Assemblée générale de l'ONU. Parmi elles : les dossiers iranien et climatique.

Le temps de la complicité fraternelle est-il révolu ? Les poignées de main étaient cordiales, lors de la rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump à New York en amont de la 73e Assemblée générale des Nations unies qui démarre le 25 septembre, tout en contraste avec leur démonstration de familiarités d'avril dernier. De là à imaginer que le locataire de l'Elysée a perdu espoir de faire plier le leader américain sur les sujets de discorde ?

Un entretien bilatéral de 45 minutes a été organisé dans la soirée du 24 septembre heure américaine (aux premières heures du 25 septembre, heure française), en prévision des discours de chacun des présidents devant l'Assemblée. Les deux chefs d'Etat se sont réunis au Lotte, un grand hôtel de Manhattan, en compagnie du vice-président américain Mike Pence et de leurs chefs de la diplomatie respectifs.

Iran, climat : un Donald Trump campé sur ses positions

Le rôle de médiateur international que se plait à endosser Emmanuel Macron semble aujourd’hui de peu d’utilité, certains dossiers majeurs continuant de cristalliser des divergences irréconciliables entre les deux hommes. Même si les deux chefs d'Etat sont apparus plus souriants au sortir de leur réunion qu'à l'arrivée, Donald Trump est resté campé sur ses positions.

Leurs clivages portent sur plusieurs points. A commencer par l’accord de Paris sur le climat, dont les Etats-Unis sont sortis par la volonté de Donald Trump. L'accord sur le nucléaire iranien, que Donald Trump a révoqué même si les Etats-Unis l’avaient signé en 2015, divise également les deux pays. Le locataire de la Maison Blanche a rétabli une série de sanctions anti-iranniennes, qui ont provoqué le retrait à marche forcée d’entreprises européennes, dont de grandes sociétés françaises, installées en Iran. Emmanuel Macron a demandé à son homologue au cours de l'entretien du 24 septembre de clarifier ses objectifs à ce sujet. Le président américain a pour sa part déclaré qu'il était satisfait des résultats des sanctions imposées à Téhéran et qu'il ne souhaitait pas rouvrir le dialogue sur la question...

Chou blanc sur l'Iran, mais que dire des négociations économiques, qui offraient peut-être davantage de latitude ? Les deux présidents ont évoqué notamment le commerce du soja, du gaz naturel, du secteur automobile et des produits pharmaceutiques.

Mais selon l’hebdomadaire Paris Match, Donald Trump a répété qu’il «s’estimait très mal traité par l’Europe». Le chef d'Etat américain avait d'ailleurs menacé de se retirer de l'Organisation mondiale du commerce en août 2018. Il a blâmé, comme à son habitude lors des discussions économiques avec des pays tiers, l'important déficit commercial américain dont serait responsable l'Europe. Mais Emmanuel Macron a répliqué que les droits de douanes imposés par le président américain visaient aussi les marchés publics.

Une unité exagérée, à l'adresse du monde ?

Après sa rencontre avec son homologue français, Donald Trump avait tweeté quelques photos, évoquant «le grand honneur qui lui était fait de recevoir le président Macron».

En début de réunion, le locataire de la Maison Blanche a résumé les précédentes discussions avec son homologue français en ces termes : «Nous avons eu de très bonnes expériences, parfois des moins bonnes. Mais elles ont été très bonnes à 99%.»

De son côté Emmanuel Macron, s'exprimant en anglais sur Twitter, s'est contenté d’évoquer l'objectif sécuritaire commun entre Washington et Paris : «Nous sommes ici avec une seule et même volonté : travailler à notre sécurité commune.»

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